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flamant rose (Phoenicopterus roseus) fréquente
les lagunes et étangs littoraux d’Afrique (Ouest
et Sud), mais aussi l’Est de l’Inde, l’Iran,
le sud de la Russie et l’ensemble du bassin méditerranéen.
Gris
à la naissance, il devient pleinement rose vers trois ans,
lorsqu’il adopte l’alimentation des adultes : son
bec, d’abord droit, s’incurve peu à peu pour
racler les fonds vaseux.
Grâce à une langue qui agit comme un piston, et à
des lamelles internes qui filtrent l’eau et la boue, il
capture de petits invertébrés, des mollusques et
des algues. Sa teinte rose vient surtout de sa proie phare, la
petite crevette Artemia salina, riche en carotène, le pigment
à l’origine de la coloration.
Aujourd’hui,
l’espèce est menacée par les pollutions -
métaux lourds, pesticides - qui contaminent les sites d’alimentation
et de reproduction, ainsi que par l’intensification des
activités humaines et certains aménagements hydroélectriques.
En
France, la Camargue constitue le principal site de reproduction
permanent. Une partie des oiseaux migre ensuite vers l’Afrique
en saison défavorable. Pour suivre leurs déplacements
et mieux connaître leur biologie, le Muséum national
d’Histoire naturelle bague et recense les jeunes.
Le Parc accueille aujourd’hui 53 flamants roses.
Le
lamantin des Antilles (Trichechus manatus manatus)
est un mammifère sirénien présent sur un
vaste territoire, de l’est des États-Unis au Nord
Est du Brésil. Strictement herbivore, il se nourrit d’algues
et de plantes aquatiques, et peut passer 6 à 8 heures par
jour à s’alimenter, ingérant jusqu’à
50 kg de végétaux. Cette grande consommation est
rendue possible par un tube digestif
particulièrement long, d’environ 40 mètres,
l’équivalent d’un immeuble d’une quinzaine
d’étages.
Il a besoin d’eau douce pour s’hydrater. Ses vibrisses
- poils sensoriels sur le museau et le corps - lui permettent
de percevoir les vibrations et de s’orienter, y compris
dans des eaux peu visibles ou troubles.
L’espèce
a fortement décliné sur une partie de son aire historique,
avec un vide marqué aux Petites Antilles, sous
l’effet de pressions humaines : trafic maritime, pêche,
dégradation de la qualité de l’eau, destruction
des herbiers.
Classée Vulnérable (UICN) et ne comptant plus que
quelques milliers d’individus, la sous-espèce est
intégrée à un Programme de conservation ex-situ
de l’EAZA (EEP), auquel participe le Parc zoologique de
Paris, qui accueille 3 lamantins, afin d’améliorer
les connaissances et les méthodes de suivi, et de soutenir
un projet de réintroduction en Guadeloupe.
Depuis
2014, les équipes scientifiques du Parc sont régulièrement
sollicitées parmi les experts mobilisés sur ce projet,
engagé au début des années 2000.
Les
caïmans nains de Cuvier (Paleosuchus palpebrosus)
appartiennent à une espèce forestière de
Guyane, qui vit dans des milieux ombragés, peu exposés
au soleil, avec une eau. Ce sont les plus petits de tous les caïmans.
Le
Parc zoologique de Paris, qui accueille deux caïmans nains,
a contribué à des recherches de terrain en Guyane,
menées notamment dans la réserve des Nouragues,
en collaboration avec Jérémy Lemaire, écotoxicologue
à l’Université de Vienne. Ces travaux portent
principalement sur la contamination au mercure sur les caïmans
de Guyane, et l’impact sur les animaux : situés en
haut de la chaîne alimentaire, les caïmans concentrent
certains contaminants et constituent ainsi, malgré eux,
de bons indicateurs de la qualité de l’eau. En outre,
ces études de terrain permettent de collecter des données
sur la génétique et le comportement de certaines
espèces encore peu étudiées dans la nature.
Cette
saison permet aussi de mettre en lumière des espèces
encore peu connues du grand public, dont la survie est aujourd’hui
menacée, et qui font l’objet de programmes de conservation
au sein du Muséum.
La
cistude d’Europe (Emys orbicularis) est
l’une des deux espèces de tortue d’eau douce
naturellement présente en France hexagonale avec l'émyde
lépreuse, également visible au PZP. Autrefois largement
répartie en Europe - jusqu’en Russie et en Afrique
du Nord -, elle vit aujourd’hui dans des zones humides calmes
et bien ensoleillées - marais, étangs, fossés,
cours d’eau lents -, avec fonds vaseux et végétation
aquatique. Elle se chauffe volontiers au soleil sur des troncs
flottants, tout en restant prête à plonger au moindre
danger.
L’espèce
est classée quasi menacée par l’UICN
en raison de l’assèchement des zones humides, la
pollution et les espèces envahissantes : c’est l’un
des reptiles européens ayant le plus régressé
ces dernières décennies, au point d’avoir
disparu de plusieurs pays : Belgique, Pays-Bas, Suisse.
Sa sauvegarde repose avant tout sur la préservation et
la restauration des zones humides coordonnés dans le cadre
d’un Plan national d’action.
Le
Muséum national d’Histoire naturelle contribue activement
à sa conservation. À la Réserve zoologique
de la Haute-Touche, une nurserie dédiée - inaugurée
en 2010 - permet l’incubation contrôlée des
œufs et l’élevage des jeunes.
Une partie des individus est ensuite relâchée, notamment
dans les zones humides du lac du Bourget (Savoie), avec suivi
de certains animaux par émetteur, et actions associées
de protection des habitats.
La
rainette aux yeux noirs (Agalychnis moreletii)
est une petite grenouille originaire des forêts de moyenne
altitude du Mexique et de l'Amérique centrale qui se reconnaît
à ses grands yeux d’un noir sombre et uniforme.
Cette grenouille nocturne passe sa journée à dormir
sur les feuilles des arbres, en rétractant ses yeux dans
sa tête faute de paupières. Elle ne descend dans
la végétation en saison des pluies pour pondre des
œufs sur les feuilles qui surplombent l’eau. À
l’éclosion, les têtards se laissent alors tomber
dans l’eau pour finir leur développement.
Jusqu’en
2016, cette rainette était classée en danger critique
d’extinction ; elle est aujourd’hui intégrée
à un Programme de conservation ex-situ de l’EAZA
(EEP), coordonné par Olivier Marquis, curateur reptiles,
amphibiens et arthropodes du Parc zoologique de Paris, qui en
assure aussi la gestion ex situ. Menacée notamment par
la chytridiomycose - maladie fongique fatale pour les amphibiens
-, la destruction des habitats et le changement climatique, l’EEP
vise à coordonner les élevages en zoos européens,
pour maintenir une diversité génétique proche
de celle des populations sauvages, tout en s’inscrivant
dans une stratégie de conservation plus large, via des
recherches et actions in situ. À ce stade, des projets
d’étude en Amérique centrale sont en cours
d’élaboration.
Le
killi européen (Valencia robertae) est
un petit poisson endémique du Péloponnèse
qui vit dans quelques bras de rivières. Classé par
l’UICN comme étant en danger critique d’extinction,
il n’est reconnu comme espèce à part entière
que depuis 2014. À peine identifié, il est déjà
en danger critique, suite à sa disparition de deux de ses
habitats historiques. En outre, le détournement des cours
d’eau pour l’irrigation, l’introduction d’espèces
exotiques, et la pollution de l’eau menacent leur espace
de vie.
Le
killi européen fait ainsi l’objet d’un EEP,
et le Parc zoologique de Paris a été choisi pour
conserver 30 killis venus du Zoo de Bristol, dans l’optique
d’une reproduction pour avoir une population viable, avec
à terme, l’objectif d’une réintroduction
pour renforcer l’infime population sauvage actuelle.
Après
restauration écologique de ceux-ci, des individus nés
dans les zoos européens pourront y être relâchés. |

Le
flamant rose ©
MNHN - G. Balemboy
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