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Faire le point sur les intérêts de la végétalisation
de l’alimentation en milieu hospitalier et décrire les étapes
qui permettent de faire évoluer les pratiques : tels sont les objectifs
d'un rapport, fruit d’un travail de terrain de l’AVF auprès
des équipes de l’hôpital Cochin, et à la maternité
de Port-Royal, à Paris. Il s’adresse aux équipes hospitalières,
aux responsables de restauration et aux décideurs institutionnels.
La restauration hospitalière est à la croisée d’enjeux
de santé publique, d’éthique et de transition écologique.
Alix Mennella, responsable du pôle Végécantines de
l’AVF, a suivi pendant cinq semaines les équipes soignantes
et le personnel de cuisine de ces établissements, afin de cerner
les besoins spécifiques du milieu hospitalier - contraintes logistiques,
exigences nutritionnelles, diversité des profils de patient·es
- et de co-construire un plan de végétalisation généralisable
à d’autres établissements de santé. L’association
souhaite mettre ce rapport à la disposition de tous les établissements
médico-sociaux, afin d’accélérer la mise en
œuvre d’une alimentation plus durable et plus inclusive.
| Axe
2 : diminuer les produits carnés
Diminuer
les protéines à haut impact : bœuf, veau, porc
Réduire la présence du bœuf, du veau et du
porc dans les menus permet d’orienter l’offre protéique
vers des options nutritionnellement pertinentes à moindre
impact sur le plan environnemental. En
effet, ces viandes sont particulièrement gourmandes en
ressources, et leur consommation devrait être exceptionnelle,
tant pour la santé humaine que pour celle de la planète. |
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| Pour
la santé et l’environnement : faites de la place
pour les protéines végétales
Le
PNNS recommande de limiter les viandes rouges à 500g/semaine
et les charcuteries à 150g/semaine en privilégiant
les jambons blancs et de volaille.
Cette
évolution peut se faire au profit :
-
d’autres
sources de protéines animales à plus faible
empreinte carbone, telles que les volailles, les œufs
ou les poissons non carnivores. À titre de comparaison,
le bœuf et le veau présentent une empreinte carbone
environ 4 à 5 fois supérieure à celle
des autres viandes ;
-
d’alternatives
végétales naturellement moins riches en acides
gras saturés, riches en fibres et en protéines,
et dont l’empreinte carbone est nettement inférieure
à celle de toutes les viandes et notamment de la viande
rouge.
L’objectif
n’est pas de supprimer totalement les protéines animales,
mais de rééquilibrer leur place dans les menus,
en privilégiant des produits à moindre empreinte
environnementale, tout en maintenant un apport protéique
suffisant et adapté aux besoins nutritionnels des patients.
Ainsi, l’apport en protéines d’origine animale
gagnerait à être assuré préférentiellement
par des sources alternatives moins polluantes, tandis que les
produits issus de la filière bovine seraient intégrés
de manière raisonnée, en cohérence avec les
enjeux nutritionnels, environnementaux et de santé publique. |

Classement
des viandes les plus émettrices en équivalent
carbone (ADEME, outils Impact CO2)
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| Stopper
la charcuterie en mileu hospitalier
D’un
point de vue nutritionnel et sanitaire, la consommation de charcuteries
- jambon, saucisson, lardons, pâtés, rillettes…
- ne présente pas d’intérêt en milieu
hospitalier, et soulève au contraire plusieurs points de
vigilance. Ces aliments doivent être consommés de
manière exceptionnelle. |
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Enfin,
du point de vue environnemental, la charcuterie repose majoritairement
sur des viandes à empreinte carbone élevée,
et sur des procédés de transformation énergivores,
incompatibles avec les objectifs de réduction de l’impact
environnemental des menus hospitaliers.
Il
semble donc pertinent de supprimer la charcuterie des menus proposés
au sein des établissements de santé, l’aspect
plaisir de la consommation alimentaire pouvant reposer
sur de nombreux ingrédients plus vertueux et non cancérogènes.
Limiter
les poissons carnivores
ll
est recommandé de limiter la fréquence des poissons
les plus polluants au profit d’espèces :
-
plus
petites, comme la sardine
-
moins
contaminées aux métaux lourds accumulés
chez les poissons carnivores
-
nutritionnellement
intéressantes
Les
espèces telles que le merlu, la sardine et le maquereau
peuvent être privilégiées, avec la possibilité
de les proposer en plats principaux sous des formes adaptées
au contexte hospitalier :
- la
sardine peut être proposée en plat principal, sous
forme chaude ou froide, accompagnée de purée ou
de pâtes
- Le
maquereau peut être proposé accompagné d’une
sauce tomate et de
féculents, notamment l’été, froid
sous forme de filet
Plant
forward diet : une approche végétale
L’approche
plant forward diet signifie que le régime alimentaire
adopté met en avant les protéines végétales
plutôt que les protéines animales. Cette approche
est d’autant plus pertinente qu’une majorité
des Français se dit prête à réduire
sa consommation de viande. Dans cette approche, la protéine
animale est vue comme un accompagnement aux protéines végétales,
céréales et légumes, dans une association
viande + légumineuses. L’adaptation des
plats à une approche plant forward présente
des avantages à plusieurs niveaux.
D’abord,
elle permet de ne pas modifier en profondeur les habitudes alimentaires,
en proposant des plats complets habituels, dont la proportion
de protéines animales a diminué. Du point de vue
des patients, il n’y a pas de risque de rejet, qu’il
soit idéologique ou gustatif. L’approche est consensuelle
et son adoption est ainsi facilitée.
D’autre
part, elle a un effet immédiat sur les habitudes alimentaires
et sur la consommation de viande : les patients s’habituent
à une nouvelle composition des menus et à repenser
la place de la viande dans leur repas.
Ces
plats orientés vers les protéines végétales
peuvent être mis en place au quotidien sans contrainte pour
l’ensemble des patients ayant un régime standard,
dans la mesure où ils sont sans exclusion d’une catégorie
de produit. L’effet peut donc être déterminant
à l’échelle d’une cantine collective
servant plusieurs milliers de repas par jour ou par semaine.
Ce
changement permet des gains sur le coût de revient, en bonne
partie déterminé par les achats de viande.
La
mise en place de cette approche passe par :
-
la
réduction des portions de viande lorsque cela est compatible
avec les besoins nutritionnels des patients ;
-
la
mise en place de plats complets ou mixtes, associant viande
et légumineuses ou légumes - ex. : moussaka,
bolognaise, hachis parmentier, plats en sauce avec légumes
et féculents… - qui facilitent l’adoption
par l’ensemble des patients.
Ces
formats - viande + légumineuses - permettent :
- de
maintenir un apport protéique suffisant,
- de
limiter les excès de viande,
- d’améliorer
la densité nutritionnelle globale du repas.
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Sur le plan nutritionnel, la charcuterie contient :
-
une
teneur élevée en sel,
-
des
acides gras saturés en grande proportion,
-
des
additifs parfois controversés,
-
une
densité nutritionnelle faible, avec peu de micronutriments
protecteurs au regard de sa charge lipidique et sodée.
Sur
le plan sanitaire, les produits de charcuterie appartiennent à
la catégorie des viandes transformées, classées
comme cancérogènes avérés - groupe
1 - par l’OMS, au même titre que la viande rouge :
groupe 2A : probablement cancérogène. Leur consommation
régulière est associée à une augmentation
du risque de cancer colorectal. Cette donnée est particulièrement
problématique dans un contexte hospitalier, où les
patients peuvent être fragilisés, inflammatoires
ou à risque accru. D’un point de vue de santé
publique, la présence de charcuterie en restauration hospitalière
est en décalage avec :
-
les
recommandations du Programme National Nutrition Santé
(PNNS 5), qui incitent à limiter fortement la consommation
de charcuteries ;
-
les
objectifs de prévention des maladies chroniques : cancers,
maladies
cardiovasculaires, diabète de type 2 ;
-
les
exigences croissantes en matière de qualité
nutritionnelle des repas servis en collectivité.
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Cuisson
basse température : un gain net sur les achats de viande
La
cuisson basse température présente de nombreux avantages
économiques,
logistiques et écologiques, que nous rappelle l’ANSES
dans son guide méthodologique de la cuisson à basse
température :
- diminuer
les achats de viande : cuire des viandes à basse température
permet d’améliorer
le rendement à la cuisson en évitant des pertes
importantes d’eau et de graisse, et de limiter la rétraction
des fibres musculaires. Les achats de viande peuvent être
diminués de 15% à 20% en conservant un grammage
égal ;
- préserver
les qualités organoleptiques et la jutosité des
viandes ;
- diminuer
les coûts énergétiques : les cuissons basse
températures sont moins énergivores, car elles
sont plus longues mais stables, ce qui permet d’optimiser
la cuisson et de procéder à des cuissons de nuit
- heures creuses - et d'éviter ainsi la surconsommation
électrique ;
- diminuer
les contraintes de personnel et optimiser l’usage de l’outil
de production.
Concernant
les légumineuses, la cuisson basse température est
très adaptée : elle réduit les facteurs anti-nutritionnels
et améliore la digestibilité. |
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.....
.Végétaliser
l'offre alimentaire en milieu hospitalier
Vers
un modèle plus vertueux
............
Le secteur médico-social
a pour l’instant peu investi la végétalisation
de l’alimentation. Mais la volonté de
répondre aux attentes des patients et la nécessité
de réduire l’empreinte écologique
sont de fortes motivations pour le développement
de l’offre végétarienne. Cependant,
les exigences médicales et logistiques, les
freins structuraux et la culture de prise en charge
diététique des patients hospitalisés
tendent à fortement ralentir cette évolution
des pratiques.
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....
Afin
de garantir l’adhésion des équipes
et la pérennité de ces changements, il est
indispensable de sensibiliser les professionnels de santé
et de la restauration aux intérêts sanitaires,
environnementaux et économiques du développement
de l’offre végétale. Imposer une transition,
aussi indispensable soit-elle, sans en donner le contexte
ni la finalité ne peut mener qu’à
un rejet, tout en rajoutant de la charge mentale à
des soignants déjà très sollicités.
Il est important de se rappeler que la transition vers
un monde plus végétal, moins polluant et
plus éthique, est un processus de réflexion
et d’adaptation multipartite. Nous recommandons
ainsi de monter des groupes de réflexion collaboratifs
afin d’inclure les médecins, diététiciens,
chefs cuisiniers et cadres de santé au processus
de décision et de déploiement. vegetarisme.fr
Où
trouver l'Association végétarienne de France
(AVF) |
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| @avf.vege
AVF
Association végétarienne de France
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(Association végétarienne de France)
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