| En
2025, L’ANSES atteste qu’un régime centré
sur les protéines végétales et excluant tout
ou partie des protéines animales, bien mené, est
adapté à tous les âges de la vie. Et, de fait,
aucune étude ne présente de résultat probant
allant à l’encontre de l’adoption d’un
régime végétarien ou végétalien.
Comme
pour un régime omnivore, il reste essentiel de veiller
à maintenir un statut correct en minéraux et nutriments.
Pour les régimes végétariens, on contrôlera
notamment les apports en calcium, cuivre, fer, iode, sélénium,
zinc, vitamines du groupe B.
De
nombreuses études montrent que remplacer une partie des
protéines animales par des protéines végétales
- légumineuses, céréales complètes,
fruits à coque - est associé à :
-
une
diminution de la mortalité toutes causes confondues,
-
une
amélioration du profil lipidique,
-
une
réduction du risque cardiovasculaire et métabolique,
-
un
meilleur apport en fibres, antioxydants et micronutriments
protecteurs.
Le
secteur médico-social : Un acteur prescripteur de la restauration
collective
Le
secteur de la santé représente approximativement
8% des émissions équivalent CO2 à l’échelle
de la France. Agir sur l’empreinte environnementale de ce
secteur est donc un levier efficace pour réduire le bilan
carbone à l’échelle nationale.
Parmi les activités les plus polluantes du secteur hospitalier
se trouve en premier lieu le soin - comprenant les médicaments,
leur élaboration, leur transport… - et les dispositifs
médicaux.
En second poste, le déplacement en transport ou véhicule
individuel des patients et personnels hospitaliers. Enfin, l’alimentation
arrive en troisième position et représente 11% des
émissions de CO2.
La restauration hors domicile représente 7 millions de
repas par jour, dont 13,5% sont servis dans le secteur Santé,
selon une étude de l’ADEME de 2021.
Les hôpitaux et établissements spécialisés
préparent environ 900 000 repas/jour.
En prenant en compte l’ensemble des acteurs du médico-social
- EHPAD, crèches… -, cela représente 3,7 millions
de repas/jour, soit 1350 millions de repas/an. Dans son rapport
Le Bilan Carbone de la santé en France, The Shift
Project estime ce nombre à 1878 millions/repas/an, en incluant
ici les goûters et collations.
Une étude de l’ADEME de 2016 menée dans la
région Auvergne-Rhône-Alpes estime que 20% de ces
repas sont gaspillés en milieu hospitalier.
Avec
des émissions moyennes de 2,77 kg équivalent CO2
par repas, l’alimentation dans le secteur de la santé
émet 5,3 Mt eq. CO2 par an, soit l'équivalent de
2,6 millions d’aller-retours Paris-New York en avion.
A eux seuls, les établissements de l’Assistance Publique
- Hôpitaux de Paris (AP-HP) assurent la production et la
distribution de 41 000 repas par jour pour les patients, pour
un budget total de 50 millions d’euros. L’AP-HP estime
à 2,5% la part de repas végétariens dans
son offre de restauration.
Au
regard du nombre très élevé de repas servis
quotidiennement dans les établissements de santé,
il apparaît indispensable de repenser l’offre de restauration
afin d’en réduire l’empreinte carbone, tout
en assurant sa conformité avec les recommandations du Programme
National Nutrition Santé (PNNS 4) et les obligations réglementaires
de la loi EGalim.
Prescripteur d’une alimentation saine, l’hôpital
se doit de tendre vers l’exemplarité de ses pratiques.
Au-delà
des seules obligations réglementaires, les cantines et
restaurants collectifs - et tout particulièrement en milieu
hospitalier - jouent un rôle essentiel de prescripteurs
d’habitudes alimentaires saines et durables. Les repas proposés
à l’hôpital ont une puissante influence : ils
peuvent inciter les patients à faire évoluer leurs
pratiques alimentaires et leurs choix lors de leurs achats du
quotidien, bien au-delà du temps d’hospitalisation.
En
structurant l’offre autour d’aliments reconnus pour
leurs bénéfices nutritionnels et environnementaux,
tels que les légumineuses ou les produits issus de l’agriculture
biologique, la restauration collective hospitalière contribue
à ancrer durablement de nouvelles pratiques alimentaires.
Elle ne se limite plus à nourrir, mais participe activement
à l’éducation alimentaire et à la prévention.
À ce titre, la restauration collective hospitalière
occupe une position stratégique pour impulser une dynamique
de végétalisation de l’alimentation, en conciliant
de manière cohérente les objectifs de santé
publique, de qualité des soins et de préservation
de l’environnement.

Un
cadre légal en faveur de la végétalisation

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Récapitulatif
des niveaux de preuve des liens entre les régimes végétariens
et la santé (ANSES. Régimes végétariens
: effets sur la santé et repères alimentaires.
2025)

Les
freins à lever : Retour d'expérience en milieu
scolaire et hospitalier
1
Insuffisance de moyens
L’accueil
des préconisations EGalim et l’introduction d’alternatives
végétales est contrasté, d’après
les différents établissements interrogés.
Si certains perçoivent ces évolutions favorablement,
d’autres y sont plus hostiles.
Cette
différence d’appréciation s’explique
en grande partie par les moyens humains et financiers disponibles
pour accompagner la mise en œuvre
des mesures. La présence d’un diététicien
et de budget alloué à la formation du personnel
facilitent grandement la mise en conformité attendue
à la loi EGalim. À l’inverse, les établissements
n’ayant que peu de ressources disponibles pour des transformations
d’ampleur se montrent plus réfractaires au changement,
faute de moyens.
Par
ailleurs, l’adhésion préalable du chef de
cuisine joue un rôle central : à lui seul, il peut
impulser une dynamique positive en s’engageant personnellement
dans la réussite du projet. Son enthousiasme et son énergie
inspirent l’ensemble de ses équipes vers l’enrichissement
de l’offre de restauration végétalisée
proposée.
2
Manque
de formation
Beaucoup
de chefs de cuisine et cuisiniers ne sont pas formés
à la préparation de repas végétariens
ou végétaliens. Les formations initiales traditionnelles
- bac pro cuisine / CAP cuisine… - ont été
construites autour du modèle viande ou poisson +
garniture sans intégrer les nouveaux enjeux environnementaux.
La loi Climat et résilience vient pallier cette absence
de formation, en imposant l’intégration obligatoire
de modules sur les bénéfices pour la santé
et l’environnement de la diversification des sources de
protéines dans les formations initiales et continues
de cuisine au plus tard 2 ans après promulgation de la
loi.
Dans
l’attente d’une nouvelle génération
de chefs, mieux formés et plus sensibilisés aux
enjeux du végétal, seul un réel accompagnement
des professionnels actuellement en poste pourra garantir le
succès des nécessaires transformations au sein
des cuisines collectives. Ils doivent être sensibilisés
à la maîtrise et à la mise en valeur des
légumineuses et céréales, en dépassant
les schémas culinaires classiques. La formation continue
peut leur apporter un savoir-faire : maîtrise des temps
de trempage, de cuisson et de conservation ou encore mise en
valeur des assiettes végétales. Lorsque les plats
sont servis à l’assiette, des méthodes de
dressage spécifiques faciliteront la consommation des
préparations et l’adhésion des convives.
3
Réticence
de l'opinion publique & influence des lobbys
La
France a une tradition culinaire historique très forte,
que la végétalisation vient bouleverser, aussi
bien du côté cuisine que du côté usagers.
L’idée qu’un vrai repas doit nécessairement
comprendre de la viande est répandue, bien qu’assez
récente. La perception négative persistante des
légumineuses et des régimes végétariens
ou végétaliens ne repose pas sur des arguments
scientifiques, mais s’explique en partie par des dynamiques
historiques, économiques et politiques. En France, des
politiques favorables à l’élevage ont longtemps
structuré le discours public, autour d’un modèle
alimentaire centré sur les protéines animales,
présentées comme indispensables à la santé
et à l’équilibre nutritionnel.
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4
Un
discours qui a imprégné les diététiciens
en mileu hospitalier
La
présence de directives historiquement favorables aux produits
carnés dans les pratiques des diététiciennes
en milieu hospitalier s’explique avant tout par un héritage
institutionnel et académique. Pendant des décennies,
les référentiels de formation, les supports pédagogiques
et les recommandations nutritionnelles ont été construits
dans un contexte où les protéines animales étaient
considérées comme la norme nutritionnelle, à
la fois pour leur densité protéique, leur biodisponibilité
et leur ancrage culturel. Ces orientations ont été
renforcées par le poids historique des filières
animales dans les politiques agricoles et alimentaires, notamment
par l’intermédiaire d’acteurs structurants
comme la FNSEA, dont l’influence a longtemps façonné
les discours publics autour de la nutrition.
Ainsi,
les diététiciennes hospitalières appliquent
aujourd’hui des cadres et des recommandations issus de référentiels
anciens, conçus à une époque où les
enjeux environnementaux et la végétalisation de
l’alimentation étaient peu intégrés.
Il ne s’agit donc pas d’un refus scientifique du végétal,
mais d’un décalage temporel entre l’évolution
rapide des données - ANSES, EAT-Lancet, GIEC - et leur
traduction dans les formations, protocoles et pratiques hospitalières.
D’où la nécessité d’un accompagnement
spécifique pour actualiser les connaissances et faire évoluer
les recommandations, sans compromettre la sécurité
nutritionnelle des patients. |
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