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Végétaliser l'offre alimentaire en milieu hospitalier

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Vers un modèle plus vertueux.
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(2) Un atout Santé : Éducation thérapeutique des patients
Le secteur médico-social : Un acteur prescripteur de la restauration collective
Un cadre légal en faveur de la végétalisation - Les freins à lever : Retour d'expérience en milieu scolaire et hospitalier

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Faire le point sur les intérêts de la végétalisation de l’alimentation en milieu hospitalier et décrire les étapes qui permettent de faire évoluer les pratiques : tels sont les objectifs d'un rapport, fruit d’un travail de terrain de l’AVF auprès des équipes de l’hôpital Cochin, et à la maternité de Port-Royal, à Paris. Il s’adresse aux équipes hospitalières, aux responsables de restauration et aux décideurs institutionnels. La restauration hospitalière est à la croisée d’enjeux de santé publique, d’éthique et de transition écologique. Alix Mennella, responsable du pôle Végécantines de l’AVF, a suivi pendant cinq semaines les équipes soignantes et le personnel de cuisine de ces établissements, afin de cerner les besoins spécifiques du milieu hospitalier - contraintes logistiques, exigences nutritionnelles, diversité des profils de patient·es - et de co-construire un plan de végétalisation généralisable à d’autres établissements de santé. L’association souhaite mettre ce rapport à la disposition de tous les établissements médico-sociaux, afin d’accélérer la mise en œuvre d’une alimentation plus durable et plus inclusive.

Un atout Santé : Éducation thérapeutique des patients  

En 2025, L’ANSES atteste qu’un régime centré sur les protéines végétales et excluant tout ou partie des protéines animales, bien mené, est adapté à tous les âges de la vie. Et, de fait, aucune étude ne présente de résultat probant allant à l’encontre de l’adoption d’un régime végétarien ou végétalien.

Comme pour un régime omnivore, il reste essentiel de veiller à maintenir un statut correct en minéraux et nutriments. Pour les régimes végétariens, on contrôlera notamment les apports en calcium, cuivre, fer, iode, sélénium, zinc, vitamines du groupe B.

De nombreuses études montrent que remplacer une partie des protéines animales par des protéines végétales - légumineuses, céréales complètes, fruits à coque - est associé à :

  • une diminution de la mortalité toutes causes confondues,
  • une amélioration du profil lipidique,
  • une réduction du risque cardiovasculaire et métabolique,
  • un meilleur apport en fibres, antioxydants et micronutriments protecteurs.

Le secteur médico-social : Un acteur prescripteur de la restauration collective

Le secteur de la santé représente approximativement 8% des émissions équivalent CO2 à l’échelle de la France. Agir sur l’empreinte environnementale de ce secteur est donc un levier efficace pour réduire le bilan carbone à l’échelle nationale.
Parmi les activités les plus polluantes du secteur hospitalier se trouve en premier lieu le soin - comprenant les médicaments, leur élaboration, leur transport… - et les dispositifs médicaux.
En second poste, le déplacement en transport ou véhicule individuel des patients et personnels hospitaliers. Enfin, l’alimentation arrive en troisième position et représente 11% des émissions de CO2.
La restauration hors domicile représente 7 millions de repas par jour, dont 13,5% sont servis dans le secteur Santé, selon une étude de l’ADEME de 2021.
Les hôpitaux et établissements spécialisés préparent environ 900 000 repas/jour.
En prenant en compte l’ensemble des acteurs du médico-social - EHPAD, crèches… -, cela représente 3,7 millions de repas/jour, soit 1350 millions de repas/an. Dans son rapport Le Bilan Carbone de la santé en France, The Shift Project estime ce nombre à 1878 millions/repas/an, en incluant ici les goûters et collations.
Une étude de l’ADEME de 2016 menée dans la région Auvergne-Rhône-Alpes estime que 20% de ces repas sont gaspillés en milieu hospitalier.
Avec des émissions moyennes de 2,77 kg équivalent CO2 par repas, l’alimentation dans le secteur de la santé émet 5,3 Mt eq. CO2 par an, soit l'équivalent de 2,6 millions d’aller-retours Paris-New York en avion.
A eux seuls, les établissements de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) assurent la production et la distribution de 41 000 repas par jour pour les patients, pour un budget total de 50 millions d’euros. L’AP-HP estime à 2,5% la part de repas végétariens dans son offre de restauration.

Au regard du nombre très élevé de repas servis quotidiennement dans les établissements de santé, il apparaît indispensable de repenser l’offre de restauration afin d’en réduire l’empreinte carbone, tout en assurant sa conformité avec les recommandations du Programme National Nutrition Santé (PNNS 4) et les obligations réglementaires de la loi EGalim.
Prescripteur d’une alimentation saine, l’hôpital se doit de tendre vers l’exemplarité de ses pratiques.

Au-delà des seules obligations réglementaires, les cantines et restaurants collectifs - et tout particulièrement en milieu hospitalier - jouent un rôle essentiel de prescripteurs d’habitudes alimentaires saines et durables. Les repas proposés à l’hôpital ont une puissante influence : ils peuvent inciter les patients à faire évoluer leurs pratiques alimentaires et leurs choix lors de leurs achats du quotidien, bien au-delà du temps d’hospitalisation.

En structurant l’offre autour d’aliments reconnus pour leurs bénéfices nutritionnels et environnementaux, tels que les légumineuses ou les produits issus de l’agriculture biologique, la restauration collective hospitalière contribue à ancrer durablement de nouvelles pratiques alimentaires. Elle ne se limite plus à nourrir, mais participe activement à l’éducation alimentaire et à la prévention.
À ce titre, la restauration collective hospitalière occupe une position stratégique pour impulser une dynamique de végétalisation de l’alimentation, en conciliant de manière cohérente les objectifs de santé publique, de qualité des soins et de préservation de l’environnement.

Un cadre légal en faveur de la végétalisation


Récapitulatif des niveaux de preuve des liens entre les régimes végétariens
et la santé (ANSES. Régimes végétariens : effets sur la santé et repères alimentaires. 2025)

Les freins à lever : Retour d'expérience en milieu scolaire et hospitalier

1 Insuffisance de moyens

L’accueil des préconisations EGalim et l’introduction d’alternatives végétales est contrasté, d’après les différents établissements interrogés. Si certains perçoivent ces évolutions favorablement, d’autres y sont plus hostiles.

Cette différence d’appréciation s’explique en grande partie par les moyens humains et financiers disponibles pour accompagner la mise en œuvre des mesures. La présence d’un diététicien et de budget alloué à la formation du personnel facilitent grandement la mise en conformité attendue à la loi EGalim. À l’inverse, les établissements n’ayant que peu de ressources disponibles pour des transformations d’ampleur se montrent plus réfractaires au changement, faute de moyens.

Par ailleurs, l’adhésion préalable du chef de cuisine joue un rôle central : à lui seul, il peut impulser une dynamique positive en s’engageant personnellement dans la réussite du projet. Son enthousiasme et son énergie inspirent l’ensemble de ses équipes vers l’enrichissement de l’offre de restauration végétalisée proposée.

2 Manque de formation

Beaucoup de chefs de cuisine et cuisiniers ne sont pas formés à la préparation de repas végétariens ou végétaliens. Les formations initiales traditionnelles - bac pro cuisine / CAP cuisine… - ont été construites autour du modèle viande ou poisson + garniture sans intégrer les nouveaux enjeux environnementaux. La loi Climat et résilience vient pallier cette absence de formation, en imposant l’intégration obligatoire de modules sur les bénéfices pour la santé et l’environnement de la diversification des sources de protéines dans les formations initiales et continues de cuisine au plus tard 2 ans après promulgation de la loi.

Dans l’attente d’une nouvelle génération de chefs, mieux formés et plus sensibilisés aux enjeux du végétal, seul un réel accompagnement des professionnels actuellement en poste pourra garantir le succès des nécessaires transformations au sein des cuisines collectives. Ils doivent être sensibilisés à la maîtrise et à la mise en valeur des légumineuses et céréales, en dépassant les schémas culinaires classiques. La formation continue peut leur apporter un savoir-faire : maîtrise des temps de trempage, de cuisson et de conservation ou encore mise en valeur des assiettes végétales. Lorsque les plats sont servis à l’assiette, des méthodes de dressage spécifiques faciliteront la consommation des préparations et l’adhésion des convives.

3 Réticence de l'opinion publique & influence des lobbys

La France a une tradition culinaire historique très forte, que la végétalisation vient bouleverser, aussi bien du côté cuisine que du côté usagers. L’idée qu’un vrai repas doit nécessairement comprendre de la viande est répandue, bien qu’assez récente. La perception négative persistante des légumineuses et des régimes végétariens ou végétaliens ne repose pas sur des arguments scientifiques, mais s’explique en partie par des dynamiques historiques, économiques et politiques. En France, des politiques favorables à l’élevage ont longtemps structuré le discours public, autour d’un modèle alimentaire centré sur les protéines animales, présentées comme indispensables à la santé et à l’équilibre nutritionnel.

 
Ce positionnement a contribué à marginaliser les légumineuses, souvent associées à des régimes restrictifs, malgré leur reconnaissance croissante par les autorités sanitaires. Parallèlement, les régimes végétariens et végétaliens ont fréquemment été présentés comme idéologiques ou à risque, alimentant des craintes de carences, en contradiction avec de nombreux avis scientifiques.
 

4 Un discours qui a imprégné les diététiciens en mileu hospitalier

La présence de directives historiquement favorables aux produits carnés dans les pratiques des diététiciennes en milieu hospitalier s’explique avant tout par un héritage institutionnel et académique. Pendant des décennies, les référentiels de formation, les supports pédagogiques et les recommandations nutritionnelles ont été construits dans un contexte où les protéines animales étaient considérées comme la norme nutritionnelle, à la fois pour leur densité protéique, leur biodisponibilité et leur ancrage culturel. Ces orientations ont été renforcées par le poids historique des filières animales dans les politiques agricoles et alimentaires, notamment par l’intermédiaire d’acteurs structurants comme la FNSEA, dont l’influence a longtemps façonné les discours publics autour de la nutrition.

Ainsi, les diététiciennes hospitalières appliquent aujourd’hui des cadres et des recommandations issus de référentiels anciens, conçus à une époque où les enjeux environnementaux et la végétalisation de l’alimentation étaient peu intégrés. Il ne s’agit donc pas d’un refus scientifique du végétal, mais d’un décalage temporel entre l’évolution rapide des données - ANSES, EAT-Lancet, GIEC - et leur traduction dans les formations, protocoles et pratiques hospitalières. D’où la nécessité d’un accompagnement spécifique pour actualiser les connaissances et faire évoluer les recommandations, sans compromettre la sécurité nutritionnelle des patients.

 

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Végétaliser l'offre alimentaire en milieu hospitalier
Vers un modèle plus vertueux
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Le secteur médico-social a pour l’instant peu investi la végétalisation de l’alimentation. Mais la volonté de répondre aux attentes des patients et la nécessité de réduire l’empreinte écologique sont de fortes motivations pour le développement de l’offre végétarienne. Cependant, les exigences médicales et logistiques, les freins structuraux et la culture de prise en charge diététique des patients hospitalisés tendent à fortement ralentir cette évolution des pratiques.

 

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Afin de garantir l’adhésion des équipes et la pérennité de ces changements, il est indispensable de sensibiliser les professionnels de santé et de la restauration aux intérêts sanitaires, environnementaux et économiques du développement de l’offre végétale. Imposer une transition, aussi indispensable soit-elle, sans en donner le contexte ni la finalité ne peut mener qu’à un rejet, tout en rajoutant de la charge mentale à des soignants déjà très sollicités.
Il est important de se rappeler que la transition vers un monde plus végétal, moins polluant et plus éthique, est un processus de réflexion et d’adaptation multipartite. Nous recommandons ainsi de monter des groupes de réflexion collaboratifs afin d’inclure les médecins, diététiciens, chefs cuisiniers et cadres de santé au processus de décision et de déploiement. vegetarisme.fr

Où trouver l'Association végétarienne de France (AVF)

 

@avf.vege
AVF Association végétarienne de France
AVF (Association végétarienne de France)
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