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Les vallées de l’Yvette et de ses affluents constituent le
cœur historique du Parc naturel régional de la Haute Vallée
de Chevreuse, un territoire*
qui s’étend de Gif-sur-Yvette à l’est aux Essarts-le-Roi
à l’ouest, et qui couvre 16 communes. Châteaux, fermes,
moulins, lavoirs, petites églises, vieux murs… témoignent
d’un passé rural organisé autour de grands domaines.
La nature y a toujours eu la part belle : forêts majestueuses, vallées
jardinées, plateaux cultivés aux larges horizons. Cette
conversation tranquille entre nature et agriculture a inspiré peintres,
musiciens, poètes et écrivains venus en villégiature
y travailler et s’y promener sur les petits chemins de traverse...
M. Vandewalle, Président du Parc
| Présentation |
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Tout paysage reflète cependant un état des modes
de production : les pâturages ont presque tous disparu dans
les années 60, et les vallées de l’Yvette
et de ses affluents ont été gagnées par l’enfrichement
avec le recul des petites fermes d’élevage. Tout
paysage reflète aussi un état des relations de l’homme
avec la nature, les richesses qu’il en retire, les édifices
et les voies de communication qu’il vient y poser, l’intérêt
qu’il consent pour la faune et la flore… Certains
paysages qui plaisaient tant aux peintres de l’école
de Cernay sont menacés, car davantage contraints par les
modes de vie contemporains et les exigences de rentabilité
de l’agriculture.
Les
élus du Parc ont souhaité formuler des propositions
pour le futur des vallées de l’Yvette : comment faire
pour concilier un patrimoine paysager exceptionnel et la proximité
de l’agglomération métropolitaine, comment
faire pour préserver la diversité des milieux naturels,
en dépit de la
normalisation de l’aménagement du territoire ?
L’idée
d’un Plan Paysage et Biodiversité a germé,
qui puisse dire le possible, le souhaitable et le réalisable,
afin de mettre davantage en valeur les paysages de vallées
et de plateaux. Ces recommandations sont pensées de façon
réaliste, avec des moyens publics contraints, et sans jamais
renoncer pour autant au caractère exceptionnel d’un
Parc naturel.
Ce
livret est là pour vous faire découvrir, en paysagiste,
les vallées de l’Yvette. Il formule également
des propositions pour une évolution bénéfique
de cet espace remarquable de l’île-de-France. M.
Vandewalle |

Paysage
forestier des Vaux de Cernay |
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| Des
paysages en projet |
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| Un
travail efficace sur les paysages et la biodiversité ne
peut s’arrêter aux frontières communales, le
Parc naturel a choisi de décliner les plans Paysage et
Biodiversité à l’échelle intercommunale,
découpant ainsi son territoire en 8 entités paysagères*,
5 majeures et 3 mineures.
L’entité des Vallées de l’Yvette,
cœur historique du Parc, est ainsi la première à
faire l’objet d’une étude avant les entités
Plateau de Limours et Plaine de Jouars à Montfort.
Les
8 entités paysagères du Parc naturel régional
de la Haute Vallée de Chevreuse |
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| La
démarche des Plans Paysage et Biodiversité est née
avec l’élaboration de la nouvelle Charte du Parc
(2011-2023). La charte est elle-même le projet de territoire
qui oriente la politique d’un Parc naturel régional
; elle comprend de grands axes stratégiques, déclinés
en objectifs.
Les
Plans Paysages et Biodiversité sont évoqués
dans l’axe 1 de la Charte du Parc : Gagner la bataille
de la biodiversité et des ressources naturelles dans un
espace francilien, objectif 6 : Restaurer la trame verte
et paysagère.
Le
paysage, porteur de l’identité du territoire, est
le produit du patrimoine naturel et du patrimoine culturel, de
la nature et des activités humaines. C’est pourquoi
il est envisagé de croiser les regards et les compétences
pour traiter simultanément les problématiques de
paysage et de biodiversité.[…] Pour ce faire, l’élaboration
des plans Paysage et biodiversité à l’échelle
de chacune des entités paysagères et écologiques,
semble pertinente. Par une approche intégrée et
concertée, ils identifient les objectifs et les préconisations
d’aménagement et de gestion des trames écologiques
et paysagères, des axes de vue, de la gestion de l’eau,
d’intégration des constructions et du cadre de vie. |
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| Aujourd’hui
: Les vallées de l’Yvette |
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Carte
des cours d’eau structurants des vallées de l’Yvette
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Quand
l’eau dessine le relief…
Le
plateau du Hurepoix, constitué d’argiles à
meulières et de sables de Fontainebleau, a été
entaillé par l’Yvette et ses affluents, qui cherchent
à rejoindre la rivière de l’Orge. La présence
de l’eau a développé des zones humides riches
en biodiversité où des espèces sont protégées
: l’écrevisse à pattes blanches, les bouvières,
la lamproie de Planer, la truite Fario…
À
l’ère glaciaire, les coteaux* exposés au soleil
ont subi des chocs de température importants qui expliquent
aujourd’hui que ceux-ci soient plus pentus. Pendant longtemps,
ils ont été destinés à la culture
de la vigne. Aujourd’hui, l’abandon de cette production
a entrainé un reboisement naturel. à contrario,
les coteaux exposés à l’ombre, plus doux,
ont été davantage cultivés. L’agriculture
mécanisée de ces cinquante dernières années
a petit à petit délaissé ces espaces au profit
des plateaux.
Les
vallées ont été creusées avec une
pente raide exposée au sud et une pente douce exposée
au nord, selon une orientation géologique ouest nord-ouest
/ est sud-est, communément appelée la direction
armoricaine. |
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Redécouvrir
les rivières |
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Le
parc de St-Rémy-lès-Chevreuse
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Marais
de Maincourt-sur-Yvette à Dampierre |
L’eau,
c’est la vie !
L’eau des petites rivières désaltère
le bétail qui y trouve aussi un refuge ombragé,
irrigue les pâturages et les plantations, transporte poissons
et alluvions*. Les habitants y lavaient leur linge, y travaillaient
dans des moulins à blé ou à tan. On flâne
ou on médite au bord de l’eau, et on y pêche
aussi. La rivière est un lieu de promenades et de rencontres
agrémentées de petits ponts et de lavoirs, une mise
en scène aussi pour les jolies bâtisses. Pour remplir
toutes ces fonctions, les rivières des vallées de
l’Yvette ont progressivement été aménagées,
sécurisées, canalisées… Elles ont parfois
disparu du regard par trop de végétation ou de constructions
environnantes, ou derrière les hauts murs de grandes propriétés…
Pourtant l’eau trouve toujours son chemin… et pourrait
réapparaître au creux des vallées.
Vers
un paysage de l’eau plus manifeste
Les
rivières sont des corridors écologiques*, reliant
les espaces les plus naturels aux espaces les plus urbains, pour
les poissons bien entendu, mais pas seulement ; toute une faune
emprunte leur cours. Les abords des rivières - zone d’expansion
naturelle des crues, marais, bassins… - permettent de lutter
contre les inondations, jouent un rôle efficace de dépollution,
sont des refuges pour la faune et des lieux de promenade.
En valorisant et en encourageant les projets liés à
l’eau, le Parc cherche à redonner à l’eau
toute sa place, celle d’un élément incontournable
pour l’identité du paysage et pour les fonctions
écologiques qu’elle remplit. |
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Dans
le parc de la mairie de Saint-Rémy-lès-Chevreuse,
la rivière retrouve peu à peu sa place. Un jour,
libérée de ses poncins en bois et exposée
à la lumière du soleil, l’Yvette y coulera
plus vivante, comme le souligne le croquis qui laisse entrevoir
une rivière plus présente. |
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| Les
moulins ont créé des paysages artificiels, devenus
des refuges pour l’avifaune - Martin-pêcheur, Phragmite
des joncs, Râle d’eau -, les insectes et toute une
végétation spécifique des zones humides :
Roseau, Lathrée clandestine. Ainsi le marais de Maincourt
à Dampierre, aménagé sur un ancien étang
de moulin. Ces endroits précieux font l’objet de
toutes les attentions. On comprend ainsi que rien n’est
simple, certains aménagements anciens, créés
de la main de l’homme, ont pu favoriser le développement
d’une biodiversité remarquable. |
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Demain
: Laisser la nature se déployer dans les villages |
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Quand la nature et l’urbain font bon ménage.
Proche
de la métropole francilienne, les villes et villages ont
conservé leur identité rurale. La nature qui s’infiltre
par tous les chemins, plantations, vergers, placettes et mares…
au plus près des habitations entretient cette allure champêtre.
Une nature rurale, très bucolique est présente,
mais pas seulement : les grands jardins et domaines historiques
introduisent une forme de nature Parc tandis que certaines
forêts, des zones humides, des chaos gréseux, des
cascatelles* apportent des touches de nature spontanée,
sauvage aux portes des villages. Enfin, la plantation de
vergers ou l’aménagement de potagers en ville marquent
le retour d’une nature agricole, de proximité,
à destination des habitants. Ces distinctions sont le début
d’une reconnaissance.
Aujourd’hui,
les nouveaux défis écologiques nécessitent
de penser autrement la nature dans les villages. Pour cela, plusieurs
communes du Parc ont mis en place une gestion différenciée
des espaces verts. Celle-ci conduit à entretenir des espaces
publics urbains, périurbains ou naturels, avec des techniques
et des priorités d’interventions différentes
en fonction des utilisations et de la fragilité du milieu
naturel. |
Bidons
Sans Frontières : Les installations de Bidons Sans
Frontières de Gérard Benoit à la Guillaume
dans la prairie de Coubertin à Saint-Rémy-Lès-Chevreuse
: une évocation de la rencontre entre ville et nature
rurale. |
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| Aujourd’hui
: Les
forêts de l’Yvette |
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Quand
les reliefs sont masqués par la forêt…
Véritable
paysage emblématique du Parc naturel régional, la
forêt confère au territoire un caractère verdoyant
très dépaysant en région parisienne. Ce qu’elle
réserve : une ambiance intime, un havre bucolique, discret,
secret, à peine troublé par l’envol d’oiseaux,
le bruissement de feuillages ou la silhouette d’un cerf
au loin… Bien protégée sur le plan réglementaire,
la forêt devient cependant hégémonique, coupant
les vallées des plateaux par un long cordon forestier,
qui gomme tout relief, et masque beaucoup de cours d’eau.
Contrairement
aux idées reçues, il y a plus de forêt aujourd’hui
qu’à l’époque de Louis XIV. La mécanisation
croissante de l’agriculture rend les sols les plus pentus
difficiles à cultiver, la forêt a ainsi peu à
peu gagné du terrain. Elle avance et investit les vallées,
modifiant ainsi les paysages, en réduisant progressivement
la biodiversité des milieux naturels.
Espaces
boisés des vallées de l’Yvette
La forêt se déploie principalement sur les coteaux*,
celle-ci enveloppe toutes les vallées
et les isole des plateaux agricoles. |
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| Éclaircir
les vallées et protéger la biodiversité
Conséquence
de l’avancée des forêts, les vallées
s’enfrichent et les vues disparaissent. Le visiteur est
parfois désorienté dans les vallées qui se
ressemblent toutes. Les paysages se simplifient et perdent de
leur charme.
La
carte postale du hameau de Girouard à Lévis-St-Nom
permet de constater cette évolution des paysages. Un projet
existe cependant aujourd’hui qui prévoit de prélever
plusieurs arbres au fond de la vallée, d’ouvrir de
nouvelles perspectives, et d’améliorer ainsi une
biodiversité remarquable, qui préfère les
milieux ouverts.
Éclaircir les boisements permet de retrouver des panoramas,
et de créer des milieux naturels variés accueillant
une flore et une faune plus riche. |

Le hameau
du Girouard : Carte postale du
début XXe, ci-dessus, et en 2012, ci-contre |
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| Demain
: Une forêt super-héros ! |

Aménagement
forestier des Vaux de Cernay
en 1997, ci-dessus, et en 2012, ci-contre |
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| Proche
des villes, la forêt accueille de nombreuses activités
qui doivent trouver leur place au cœur d’un milieu
fragile. L’équilibre entre l’homme et la nature
est, ici, particulièrement sensible. Difficulté
des animaux à se déplacer, exploitation du bois,
intérêt touristique, la forêt doit être
(a)ménagée en prenant en compte l’ensemble
de ces dimensions.
En
15 ans, la nature a repris ses droits, investissant le chaos de
grés, et faisant peu à peu disparaître la
rivière. Le pont s’est beaucoup détérioré,
montrant l’importance d’entretenir les différents
usages de la forêt. |
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Lexique
décalé |
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Agriculture
de proximité : Lorsque notre voisin agriculteur
cultive de bons produits pour régaler les fins gourmets.
Mais attention, ne les cherchez pas à Hong-Kong ou à
New-York, ils sont là, à côté. Ce sont
les habitants du village !
Alluvions : Dans la vie d’une
rivière, des petits bouts de bois, de sable, d’argile
ou de gravier, se rencontrent, s’entassent et s’entrelacent
formant des dépôts qui choisissent de vivre sur les
rives et les pentes, ou de mourir noyés sous les sanglots
du cours d’eau.
Biodiversité : Quand toutes
les vies comptent et trouvent leur bonheur en nombre.
Cascatelle : Petite sœur de
la cascade.
Corridor écologique : Le
couloir aux merveilles qui mène d’un foyer à
l’autre.
Coteaux : Gardiens de la vallée,
ils descendent des plateaux couverts par un végétation
moutonnante.
Direction armoricaine : Des Champs-Élysées
au Château de Versailles en passant par les vallées
de l’Yvette, cette direction donne un sens au grand paysage
francilien.
Entité paysagère
: Reconnaissance de traits de caractère identitaires. |
Espace partagé : Les cyclistes,
piétons et automobilistes s’y retrouvent pour avancer
ensemble.
Lisière : Un lieu de rencontre
entre deux univers où l’union devient unique.
Paysage : L’homme et la nature
s’y rencontrent, le passé et l’avenir s’y
dessinent, chacun en a la charge.
Pleinairiste : Peintre guilleret,
aimant le grand air, qui emporte chevalet et tubes de gouaches
dans la nature.
Ripisylve : Ruban boisé
et herbacé le long de l’eau.
Route paysage : En balade sur ces
routes, les plus beaux paysages défilent sous nos yeux.
Territoire : Chez soi.
Trame verte et bleue : Quand l’eau
et le végétal forment des sillons connectés
les uns aux autres.
Vertugadin : Comment ce mot si
joli peut-il vouloir dire bourrelet ? Élément
de costume sur les robes traditionnelles espagnoles, et formes
rebondies dessinées sur des pentes enherbées dans
les parcs à la Française. Rendez-vous vite en face
du château du Dampierre ! |
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.....
.Paysages
à modeler, hier, aujourd’hui, demain
Les vallées de l’Yvette
.....
Le
Parc naturel régional de
la Haute Vallée de Chevreuse fait
partie de l’arc francilien de biodiversité
remarquable. Les zones humides y abritent une grande
partie des espèces régionales menacées.
Des milieux riches et variés, rivières,
ravins encaissés, plateaux sablonneux accueillent
une faune et une flore spécifiques indispensables
au monde vivant. Les patrimoines ne sont pas en reste
avec près d'un milliers d'édifices recensés,
du château classé au plus modeste lavoir.
Découvrez les richesses de ce territoire d'exception........
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Président
du Parc naturel régional de la Haute Vallée
de Chevreuse : Yves Vandewalle
Directeur de publication : Anne Le Lagadec
D’après le Plan paysage et biodiversité
des Vallées de l’Yvette : Agence Folléa-Gautier
et Atelier d’Écologie Urbaine
Rédaction : Nicolas Tinet, Anne Le Lagadec,
Laurence Renard
Photos : Gérard Benoit à la Guillaume,
Gérard Dalla Santa, Sandra Tarpinian, PNRHVC
Illustrations : Boris Transinne, Sandra Tarpinian
Parc naturel régional de la Haute Vallée
de Chevreuse
Maison du Parc - Château de la Madeleine - Chemin
Jean Racine - Chevreuse (78)
Tél : 01 30 52 09 09 - accueil.pnr.chevreuse@wanadoo.fr
parc-naturel-chevreuse.fr
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