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Comment se rend-on dans les rues commerçantes des villes de la
moyenne couronne francilienne ? Quel est le profil des client·es
et leurs habitudes de fréquentation ? Nous avons enquêté
entre juin et octobre 2025 dans quatre villes de près de 50 000
habitant·es :
Ermont (95), Chelles (77), Antony (92) et Rosny (93). Les résultats
sont clairs, la grande majorité des client·es viennent à
pied, tandis que la voiture ne représente qu’une faible part
des trajets. Pourtant, dans les centres-villes de ces quatre communes,
la voiture semble régner.
Une majorité de répondant·es considèrent qu’il
y a trop de voitures, mais nous disent : C’est normal, on est
au centre-ville.
Comme si le bruit, les gaz d’échappement et les bouchons
faisaient partie du décor.
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L'avenir
des commerces de centre-ville passe par la marche et le vélo |
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| L'omniprésence
de la voiture est devenue une fatalité pour les piéton·nes
et les cyclistes qu’ils et elles ne remettent pas en question.
Les commerçant·es sont persuadé·es
que ces voitures représentent de potentiel·les client·es,
car il leur semble évident que les client·es sont
des automobilistes.
Notre
enquête montre au contraire que 50 % à 80 % des client·es
des commerces de proximité des quatre villes étudiées
s’y rendent à pied. Dans les
villes avec une part moins importante de piéton·nes,
davantage de personnes se déplacent à vélo,
jusqu’à 11 % à Antony. La part des modes
actifs - vélo et marche à pied - dans les modes
de déplacement des client·es est donc très
élevée : elle se situe entre 64 % - Antony - et
84 % : Rosny. À l’inverse, le constat est le même
dans chacune des quatre villes étudiées : très
peu utilisent la voiture : entre 9 % à Rosny et 20 % à
Antony et Ermont. Les automobilistes que l’on voit circuler,
souvent en très grand nombre, ne font donc que traverser
les villes sans faire leurs courses. Ce ne sont pas elles et eux
qui font vivre le centre-ville : ce sont bien les piéton·nes,
et dans une certaine mesure les cyclistes.
Les
réponses que nous avons récoltées, en nombre
suffisant pour garantir une représentativité fiable,
doivent guider les choix de réaménagement de ces
espaces de centre-ville. Les futurs projets doivent avantager
celles et ceux qui font vivre les commerces locaux. Apaiser ces
rues grâce à une réduction de la place de
la voiture, c’est les rendre plus accessibles et agréables
pour la majorité des client·es venant à pied,
à vélo ou en transport en commun. Les infrastructures
cyclables devraient particulièrement intéresser
les mairies et les
commerçant·es pour attirer une nouvelle clientèle.
Notre étude montre que la plupart des client·es
résident dans la même commune, à moins de
trois kilomètres, une distance idéale pour le vélo.
La
rue n’appartient pas aux automobilistes qui la traversent,
mais bien à celles et ceux qui la fréquentent. L’apaisement
n’est pas une contrainte, c’est une chance de redonner
au centre-ville son vrai visage ; celui d’un lieu de vie,
de rencontre, et où l’on a plaisir à fréquenter
les commerces de proximité.
Les exemples franciliens inspirants que nous présentons
à la fin de cette étude en témoignent !
À
la veille des municipales, nous espérons que les enseignements
de notre enquête pourront guider les candidats et candidates
dans la construction de leur programme, et fournir une base solide
pour justifier des mesures d’apaisement des centre-villes.
Marie Wehner, Responsable plaidoyer, Collectif Vélo Île-de-France |

© Collectif Vélo IDF
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4
rues commerçantes étudiées :
• Antony (92) • Rosny (93) • Chelles (77) •
Ermont (95)
Entre 150 et 200 réponses
par ville
La marche est le mode de transport
majoritaire : elle représente en moyenne 65 % de
la part des déplacements : de 52 % à 79 % selon les
villes.
Encore peu de vélos - entre
5 et 11 % selon les villes - mais potentiel fort
: en moyenne 40 % des client·es habitent dans la
même commune, mais hors centreville, ce qui implique des trajets
courts faisables à vélo.
La part de la voiture est très
minoritaire, en moyenne 16 % des
déplacements. |
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Les
commerçant·es sont des automobilistes :
• Ils et elles surestiment la part de leurs client·es
en voiture : 56 % estimé contre 17 % en réalité.
• et sous-estiment la part marche à pied :
27 % estimé contre 65 % en réalité. |
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Antony |
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La
rue Auguste Mounié à Antony • Bien qu’en
zone de rencontre, la rue accueille un nombre de voitures important
©
Collectif Vélo IDF
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L’enquête
montre que les usager·ères de la rue Auguste Mounié,
dans le centreville d’Antony (92), sont majoritairement
des piéton·nes. Ils et elles viennent fréquemment
faire leurs courses et apprécient la convivialité
de la rue. Le degré de satisfaction varie cependant selon
les modes : les automobilistes relativisent les difficultés,
notamment sur le stationnement ; les piéton·nes
trouvent la rue agréable, même si une part importante
ne s’y sent pas en sécurité ; les cyclistes,
enfin, sont très majoritairement insatisfait·es
de leurs conditions de circulation. Il existe donc un potentiel
d’amélioration pour les piéton·nes
et les cyclistes. Le trafic automobile, encore trop élevé,
devrait être réduit afin de permettre une circulation
plus sûre pour les modes actifs.
Une
clientèle majoritairement locale
Le
premier enseignement majeur de notre enquête est que la
clientèle des commerces antoniens est majoritairement locale
: les deux tiers des client·es habitent à Antony,
en centre-ville ou à l’extérieur du centre-ville.
Le tiers restant habite dans des communes alentours.
Les
piéton·nes et les cyclistes sont celles et ceux
qui viennent le plus fréquemment
Les
modes actifs sont très utilisés pour se rendre dans
la rue Mounié. La moitié des répondant·es
vient à pied (53 % des interrogé·es) et 11
% à vélo. 20 % des client·es viennent en
voiture (ou scooter) et 15 % en transport en commun. Ainsi, 8
client·es sur 10 viennent avec un autre moyen de déplacement
que leur véhicule motorisé personnel.
La
fréquence de consommation dans la rue est élevée.
85 % des répondant·es viennent au moins une fois
par semaine faire des courses dans le centre-ville d’Antony,
et 27 % viennent presque tous les jours. Les client·es
se déplaçant en modes actifs - piéton·nes
et cyclistes -, sont celles et ceux qui viennent le plus fréquemment
: environ 71 % d’entre eux viennent au moins 2 à
3 fois par semaine faire leurs courses rue Auguste Mounié.
Concernant
les dépenses, on retient qu’elles ne sont pas liées
aux modes de déplacement. Venir à pied, en transport
en commun, à vélo ou en voiture n’a pas d’incidence
majeure sur le budget à dépenser. Toutefois, les
cyclistes sont proportionnellement les plus nombreux·ses
à faire des achats supérieurs à 50 euros.
Une
majorité d’automobilistes est prête à
changer de mode de déplacement
Avec
19 % de part de déplacement, les automobilistes sont minoritaires.
La distance ne paraît pas être le principal critère
pour prendre sa voiture : 62 % des client·es habitant hors
d’Antony utilisent les modes actifs et des transports en
commun. La moitié des automobilistes viennent d’Antony
et effectue donc un trajet inférieur à 3 km.
Le
volume des courses ne justifie pas non plus l’usage de la
voiture : seuls 11 % d’entre eux achètent de quoi
remplir deux cabas ou plus. Enfin, l’âge ne semble
pas être un facteur déterminant. Les personnes âgées
de plus de 66 ans sont sous-représentées dans la
catégorie des automobilistes.
Dans
la mesure où l’on peut relativiser les trois raisons
logiques qui mènent à l’usage de la voiture
- la distance élevée, le volume à transporter
et l’âge avancé - il est peu surprenant que
73 % des automobilistes interrogé·es déclarent
pouvoir venir autrement qu’avec leur voiture. En alternative,
ils·elles auraient opté en majorité pour
la marche à pied ou les transports en commun, notamment
le bus. Seulement 27 % des automobilistes déclarent qu'ils·elles
ne viendraient pas en centre-ville si elles ne pouvaient pas venir
en voiture, soit à peine 5 % de la totalité des
personnes interrogées.
Dans
l’ensemble, les répondant·es ont peu changé
leurs habitudes depuis le réaménagement de la rue.
Seul un petit nombre de personnes ont décidé de
changer de mode de transport : 7 % des non-automobilistes déclarent
être venu·es en voiture avant les travaux. Pour inciter
encore davantage d’automobilistes à se passer de
leur voiture, il faut renforcer l’attractivité des
modes actifs.
71
% des automobilistes interrogé·es trouvent qu’il
est facile de se garer
Le
stationnement est un sujet central, et parfois un point de crispation,
dans les projets d’apaisement des centres-villes. Depuis
le réaménagement de la rue, il n’y a plus
de stationnement, hormis des places handicapées et de livraison,
ni de stationnement minute, ce qui est une préoccupation
majeure des commerçant ·es, qui sont 92 % à
considérer que le stationnement est difficile.
Or,
71 % des automobilistes interrogé·es trouvent qu’il
est facile de se garer. De fait, les possibilités de stationnement
restent multiples et satisfaisantes pour les automobilistes selon
notre enquête : un parking en plein air se trouve dans le
prolongement de la rue, et un parking souterrain est situé
tout près, en dessous du marché. Il est aussi possible
de stationner dans les rues adjacentes, solution privilégiée
des répondant·es de notre enquête. On observe
que l’idée que le stationnement est difficile est
paradoxalement plus répandue chez les non-automobilistes.
Il y a donc un décalage entre la perception de l’offre
de stationnement et la réalité.
Côté
stationnement vélo, seulement 55 % des cyclistes trouvent
qu’il est facile d’attacher son vélo. On observe
que les nouveaux arceaux installés dans le cadre du réaménagement
répondent globalement au besoin, sauf les jours de marché.
Une
esthétique améliorée, mais la sécurité
et le confort sont encore perfectibles
Nous
avons réalisé l’enquête dix mois après
la fin des travaux de réaménagement dans la rue
Auguste Mounié. La grande majorité des répondant
·es trouve globalement la rue conviviale et accueillante
: 87 %.
Si
au total 77 % des répondants trouvent que la rue est confortable
et sûre pour les piétons, c’est le cas
de 83 % des personnes en voiture ou en transports en commun, mais
de 71 % des piéton·nes.
Un
tiers des piéton·nes ne se sent donc pas en sécurité
dans la rue Mounié. Les cyclistes sont même 68 %
à trouver la circulation à vélo difficile
ou très difficile. Pour comparaison : à Chelles,
Rosny et Ermont, où on retrouve des profils de rue plus
classiques - voies voitures circulées et trottoirs
délimités -, seulement un·e piéton·ne
sur cinq dit ne pas se sentir en sécurité. On observe
donc un effet d’insécurisation de la zone de rencontre.
Si
les piéton·nes et cyclistes rencontrent des difficultés
à circuler dans un espace qui est censé les mettre
en sécurité, cela doit nous interroger. Pourquoi,
alors que la rue a été réaménagée,
plus d’un tiers des usager·ères ne s’y
sentent pas en sécurité ?
41
% des répondant·es estiment qu’il y a encore
trop de voitures
À
Antony on a oublié l’essentiel : limiter le nombre
de voitures. Aucune mesure n’a en effet été
prise pour réduire le trafic automobile. Un flux de véhicules
élevé, même à 20 km/h, annule de facto
le caractère piéton d’une rue et provoque
des désagréments.
Il
est d’ailleurs intéressant de noter que 41 % des
répondant·es estiment qu’il y a encore trop
de voitures dans la rue Mounié. Ce pourcentage est élevé
pour une zone de rencontre.
Avec
deux tiers des répondant·es cyclistes qui disent
trouver la circulation à vélo difficile ou très
difficile, les cyclistes sont celles et ceux qui payent le plus
les frais du réaménagement. En plus du nombre élevé
de véhicules motorisés, il est important de noter
que la rue ne comprend plus de double-sens cyclable : la possibilité
pour les cyclistes de circuler dans les deux sens. Le détour
imposé est plus long et peu sécurisé. Les
résultats de l’enquête nationale du Baromètre
vélo (1) confirment les résultats
de notre enquête. Les cyclistes - 644 réponses pour
la commune d’Antony - dénoncent presque unanimement
le nouvel aménagement, et en font l’axe le plus urgent
à améliorer à l’échelle de la
ville.
(1). barometre-velo.fr |
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| Contexte
:
Une zone de rencontre très circulée aux heures de
pointe
La
rue Auguste Mounié, à Antony, dans les Hauts-de-Seine,
est la rue la plus commerçante de la ville. On peut y trouver
des grandes enseignes comme Monoprix, Carrefour, McDonald’s,
mais aussi des commerces de bouche, des boutiques de vêtements...
L’offre commerciale est très variée, ce qui
en fait un centre-ville dynamique et très fréquenté,
avec une soixantaine de commerces dans la rue, et un grand marché
très actif à proximité immédiate.
La
rue est devenue une zone de rencontre, suite à son réaménagement
de février à septembre 2024. Dans une zone de rencontre,
les piéton·nes sont prioritaires, et peuvent marcher
sur la chaussée. Cela est souligné par des trottoirs
plus larges et au même niveau que la chaussée, qui
est rétrécie au minimum. Aujourd’hui limitée
à 20km/h, la rue est en sens unique pour les voitures.
Contrairement aux dispositions prévues pour une zone de
rencontre, les cyclistes, qui sont mélangé·es
aux voitures, ne bénéficient plus du double-sens
cyclable qui préexistait au réaménagement.
Malgré sa transformation, elle demeure un important axe
de transit automobile. |
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Conclusion
: Un
réaménagement apprécié mais perfectible
Si notre enquête montre que la majorité des client·es
des commerces du centre-ville antonien apprécient la rue
Mounié réaménagée et semblent satisfait·es
de leurs déplacements - à pied et en voiture -,
elle montre aussi que le nombre de voitures reste trop élevé
pour profiter d’une rue de centreville réellement
apaisée. |
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Perspectives
d'évolution
Diminuer
le nombre de voiture pour une rue plus sûre et agréable
pour les piéton·nes et les cyclistes
On
peut en conclure qu’il existe un potentiel d’amélioration
pour les piéton·nes et les cyclistes. Le trafic
est encore trop élevé pour une zone de rencontre
véritablement satisfaisante, et sa réduction permettrait
une circulation plus sûre et confortable pour les piéton·nes.
Pour les cyclistes, le rétablissement du double-sens cyclable,
normal dans ce contexte, contribuerait aussi à la sécurité
de leur circulation et leur confort. S’il y a 11 % des client·es
de la rue Mounié qui viennent à vélo aujourd’hui,
le potentiel semble bien supérieur. De meilleurs aménagements
pourraient notamment convaincre des automobilistes de changer
de mode de transport.
Il
est possible de diminuer le nombre de voitures en n’autorisant
que les riverain·es, livreur·euses et usager·ères
du parking souterrain à parcourir la rue grâce à
un contrôle d’accès avec des bornes rétractables. |
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.....
.La
transformation des rues commerçantes de centre-ville
....
Enquête
auprès de la clientèle de 4 villes franciliennes
............
La santé économique
des commerces de centre-ville suscite beaucoup de
débats. À écouter
les commerçant·es et certain·es
élu·es, limiter la voiture dans les
centre-villes entraînerait inévitablement
la mort des commerces de proximité. Le Collectif
Vélo Île-de-France a mené une
enquête de terrain quantitative à Chelles,
Ermont, Antony et Rosny, 4 villes de moyenne couronne,
où la voiture est encore omniprésente,
pour savoir si les client·es prennent réellement
la voiture pour aller faire leurs courses.
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......
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.......
Enquête quantitative de
terrain
Le
travail a été réalisé
avec l’aide des bénévoles des
associations locales, qui connaissent bien le terrain,
ce qui était important pour adapter les questionnaires
aux spécificités locales. Nous avons
choisi une rue commerçante importante pour
chaque ville. 200 réponses ont été
récoltées à Antony et à
Rosny-sous-Bois, 171 réponses à Chelles,
et 146 réponses à Ermont, soit un total
de 717 réponses. Ces échantillons permettent
d’obtenir des résultats fiables, avec
une marge d’erreur estimée entre 7 et
8 % pour chaque ville, au niveau de confiance de 95
%.
Bilan
réalisé par le Collectif Vélo
Île-de-France, association loi 1901 contact
Comité de rédaction et coordination
: Louise Échivard, Marie Wehner, Louis Belenfant
Typographies : Basic Sans - Conception
graphique : Louise Robert
Remerciements aux associations : Rosny Cyclette,
MDB Antony, MDB Chelles et MDB Ermont-Eaubonne, Louise
Échivard et Violette Rémy, pour avoir
interrogé des centaines de client·es
et aux villes d'Aubervilliers, Pantin, Saint-Denis
et de Sceaux, ainsi qu'à l'EPT Plaine Commune
pour leur témoignages
velo-iledefrance.fr
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