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Plan d’électrification de la France
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Pour une énergie moins chère, plus souveraine et plus durable
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(1) Les enjeux -
Mesures transversales
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Nous dépendons encore trop des énergies fossiles importées. Le pétrole et le gaz, et dans une moindre mesure le charbon, restent aujourd’hui prédominants dans la consommation d’énergie finale en France : en 2024, ces énergies fossiles représentaient environ 58 % de la consommation finale en France hexagonale, tandis que l’électricité ne comptait que pour 27 %1. Cette consommation d’énergies fossiles, à l’origine de l’essentiel des émissions de gaz à effet de serre du pays, pèse lourd sur notre balance commerciale et notre souveraineté. Ce plan d’électrification a été construit avec l’ensemble des parties prenantes. Les 22 mesures présentées sont issues de ces échanges et ciblent les secteurs les plus dépendants des énergies fossiles : les transports, le bâtiment, l’industrie et l’artisanat. Ce plan doit permettre une mobilisation collective et constituer un tournant dans notre rythme de sortie des énergies fossiles.

Les enjeux  

La fin de notre dépendance aux énergies fossiles : un cap clair, un rythme à accélérer

La guerre au Proche et au Moyen-Orient nous rappelle, une fois de plus, la dépendance de l’économie française aux importations de pétrole et de gaz. Ces importations nous coûtent plus de 60 milliards d’euros par an. Et quand la crise survient, elle frappe directement au portefeuille des ménages, des industriels et des artisans, et affecte l’ensemble de notre économie.

Cette dépendance aux énergies fossiles importées porte atteinte à notre souveraineté. Elle importe en France les crises de l’autre bout du monde, elle est un levier pour des pays étrangers, utilisé en tant que tel. La crise actuelle montre à nouveau l’urgence à accélérer, dès aujourd’hui, l’électrification de nos usages, c’est-à-dire le fait de consommer une énergie que nous produisons. C’est la seule réponse structurelle et durable contre des crises qui deviennent récurrentes.

La Stratégie nationale bas-carbone et la Programmation pluriannuelle de l’énergie fixent un cap clair : sortir progressivement des énergies fossiles, électrifier nos usages, et faire de notre mix électrique décarboné le socle de notre compétitivité, de notre souveraineté et de notre réindustrialisation. Ce cap, nous ne le découvrons pas aujourd’hui. Il est le fruit d’une politique énergétique et climatique engagée depuis plusieurs années. Il prolonge un pari sur la production électrique lancé depuis les années 1970 avec le plan Messmer et la construction des centrales nucléaires. Et c’est précisément ce qui fait aujourd’hui notre force.

Nos stratégies prévoient ainsi que la part des énergies fossiles dans notre consommation doit passer d’environ 60 % en 2023 à 40 % en 2030 et moins de 30 % en 2035. La part de l’électricité doit quant à elle passer de 27 % (1) actuellement à 38 % en 2035. En 2050, l’électricité devrait représenter plus de la moitié de notre consommation énergétique.
(1) Source RTE

Et dans les Outre-Mer ?

L'électricité est encore en partie produite à partir de sources fossiles dans la plupart des territoires ultramarins, à l'exception de La Réunion. Néanmoins, l'électrification y est également nécessaire afin de réduire nos dépendances et nos émissions de gaz à effet de serre. Comme pour l’hexagone, les trajectoires locales de décarbonation des mix électriques de chaque zone sont prévues dans les Programmations pluriannuelles de l’énergie locales.


Vue des puits, centrale géothermique de Bouillante

La France est prête pour l’électrification

Pour nous désensibiliser structurellement des énergies fossiles importées, la production électrique est là. L’électricité décarbonée est produite de manière abondante et abordable sur le sol français. Le nucléaire a retrouvé des niveaux de production élevés, les énergies renouvelables se sont développées ces dernières années. La programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit de poursuivre cette dynamique. Ces atouts fournissent une marge permettant d’absorber une demande électrique supplémentaire dès aujourd’hui, tout en conservant une production très largement décarbonée.

Du côté des usages, les technologies sont désormais matures. C’est le cas des véhicules électriques, dont le coût et l’autonomie se sont significativement améliorés ces dernières années. Avec les aides de l’État, un ménage modeste qui doit beaucoup rouler peut facilement recharger son véhicule à domicile. Il rentabilise désormais le véhicule électrique en moins d’une année, le gain entre la facture d’électricité et celle de l’essence atteignant de 800 à 1 500 euros par an. Les premières réussites sur le véhicule électrique destiné aux particuliers doivent désormais être étendues aux camionnettes pour les artisans, aux poids lourds pour les transporteurs, et aux pompes à chaleur pour le chauffage des bâtiments.
Ces technologies ont des retombées industrielles en France, que ce soit pour les pompes à chaleur avec le groupe Atlantic ou Saunier Duval, les véhicules électriques avec notamment l’usine Renault ElectriCity de Douai, les giga-usines de batteries Envision, ACC et Verkor, ou les équipements électriques, avec par exemple Schneider Electric à Mâcon. L’industrie de l’électrification existe en France, à prix compétitif et avec des filières complètes. Au total, près de 600 000 salariés en France travaillent dans des industries qui peuvent être mobilisées pour le plan d’électrification, dans au moins 50 usines sur tout le territoire, sans compter un vaste tissu de sous-traitants.

La France est prête à électrifier massivement son économie, et à concilier ainsi souveraineté, décarbonation et protection à la fois du pouvoir d’achat des ménages, mais aussi de la compétitivité des entreprises.

Une démarche collective pour électrifier la France

Le plan d’électrification est issu d’une large concertation, lancée à la suite de la publication de la 3ème programmation pluriannuelle de l’énergie : si la tendance pour la production d’énergie peut être pilotée, la consommation d’électricité doit également être accélérée. Plusieurs groupes de travail thématiques ont proposé des leviers à cette fin. La richesse de ces contributions et l’implication des présidents des groupes de travail et des participants mobilisés ont permis le plan d’électrification pour la France.

(2) Calcul pour une consommation de 5,5 L/100 km ; (3) Kilométrage annuel moyen en France
(4) Calcul pour une consommation de 15 kWh/100 km et une recharge à domicile à 0,2 €/kWh.

Les quatre groupes thématiques étaient respectivement focalisés sur les Transports, le Bâtiment, l’Industrie et l'Artisanat, et enfin le Numérique. Pilotés par les ministres concernés et associant des parlementaires, ces groupes ont recueilli les contributions d’acteurs associatifs, industriels ou institutionnels. Leurs travaux ont vocation à se poursuivre dans les semaines à venir pour accompagner la mise en œuvre des mesures, et les étendre autant que possible avec de nouvelles propositions.

L’électrification nécessite l’engagement de tous, des ménages comme des entreprises

L’électrification n’est pas une évidence : elle requiert des changements de technologies, de comportements, d'organisations. Elle implique parfois des investissements initiaux, compensés par les gains ultérieurs. Et, bien sûr, tout ne sera pas possible immédiatement. Certains usages ne disposent pas encore de solutions d’électrification suffisamment matures ou rentables. Des énergies complémentaires, comme la chaleur renouvelable et les réseaux de chaleur, sont par exemple des alternatives.
Pour réussir, l’électrification doit être accompagnée et relayée largement. Chacun peut y contribuer. Les élus locaux sont des relais clés pour faire vivre l’électrification dans les territoires. Les fournisseurs d’énergie et de services énergétiques peuvent amplifier les dynamiques et les mesures sur lesquelles l’État s’engage aujourd’hui. Enfin, les citoyens et les entreprises doivent être informés et accompagnés, pour se saisir concrètement de ces mesures.

Le Gouvernement salue l’engagement que certains acteurs économiques ou institutionnels ont déjà formalisé pour soutenir la dynamique d’électrification et y contribuer activement.

 


Facture énergétique de la France en 2024 (en Md€ 2024)

Les énergies fossiles coûtent très cher

La facture énergétique de la France s’est élevé à 57,8 Md€ en 2024, coût de la dépendance aux pays exportateurs, dans un contexte géopolitique mouvant. L’électricité que nous produisons en France est quant à elle vendue à nos voisins européens, et permet de réduire notre facture à hauteur de 5,2 Md€. Les énergies fossiles pèsent pour l’essentiel de notre facture énergétique, en particulier le pétrole pour 43,8 Md€ et le gaz naturel pour 17,4 Md€. Électrifier la France permet de baisser cette facture et de faire fonctionner notre économie, plutôt que de financer d’autres pays. S’électrifier constitue un facteur essentiel de souveraineté économique.

 

Consommation finale énergétique Version à date du scénario de référence de la Stratégie française énergie-climat
 

Un atout majeur de la France : un parc de production d'électricité déjà prêt

La production électrique en France est dès aujourd’hui excédentaire et à 95 % décarbonée : les exportations représentent 20 % de la consommation nationale. La 3e programmation pluriannuelle de l'énergie, publiée le 13 février 2026, donne les tendances pour que la production électrique reste suffisante pour la prochaine décennie et au-delà. Le réseau actuel est prêt à accueillir les nouvelles consommations électriques des véhicules, des modes de chauffage et des industries.


Production et consommation électriques selon RTE. La France devrait exporter environ 90 TWh dans les prochaines années.

 


Comparaison du coût annuel d’utilisation d’un véhicule thermique et d’un véhicule électrique

 

Mesures transversales

 

Mesure 1 : Lancer 100 territoires d’électrification

Les collectivités territoriales jouent un rôle majeur pour l’électrification, pour les usages dont elles sont responsables - bâtiments publics, transports en commun, réseaux de chaleur… -, et plus généralement pour animer leurs territoires et créer des dynamiques collectives. Afin d’accompagner leur mobilisation, 100 territoires d’électrification seront accompagnés pour accélérer notamment sur les axes suivants :

  • L’électrification des transports routiers et le déploiement d’infrastructures de recharge pour véhicules électriques, en voirie, à domicile ou chez les employeurs ;
  • L’accompagnement ciblé des ménages pour la sortie du fioul, en capitalisant sur les données existantes et le réseau d’accompagnement à la rénovation : France Rénov’ ;
  • La planification de la sortie accélérée du gaz, incluant l’accompagnement financier des ménages concernés.

Toutes les mesures du plan qui pourront être mises en œuvre à l’échelle d’un territoire d’électrification le seront. Ces territoires d’électrification démontreront qu’une France qui se passe des énergies fossiles est possible et souhaitable.

  • Que faisons-nous ? 100 territoires d’électrification seront sélectionnés d’ici l’été 2026. Ces territoires seront accompagnés pour faciliter leur accès aux dispositifs nationaux existants, et leur offrir des services d’ingénierie et d’accompagnement, ainsi qu’un appui à la communication et à la sensibilisation. Les territoires s’engageront en retour à porter localement la politique d’accélération de l’électrification, avec des objectifs chiffrés et des projets permettant de les concrétiser.
  • Pour qui ? Les communes et les EPCI (5) volontaires pour s’engager avec l’État.
  • Quand ? Lancement des 100 territoires pionniers d’ici l’été 2026.
  • Quel objectif ? Suivi et mise en œuvre selon l’ambition et les délais définis localement des projets portés par les 100 territoires d’électrification.

(5) Établissement public de coopération intercommunale

Mesure 2 : Faciliter l’accès au réseau électrique

Le taux d’électrification de l’industrie est stable et la demande de contractualisation très élevée pour l’accès aux réseaux publics d’électricité : plus de 30 GW de demandes exprimées auprès de RTE, soit trois fois la consommation actuelle de l’industrie. Cet écart se traduit par une hausse des délais de raccordement. L’État accompagne les gestionnaires de réseau dans leur gestion de la file d’attente.

  • Que faisons-nous ? En premier lieu, la mise en place d’une surréservation, reflétant l’hypothèse que tous les projets n’aboutiront probablement pas, afin de détendre la contrainte de puissance. Ensuite, un changement de paradigme sur la gestion de la file d’attente pour passer de la logique du premier arrivé, premier servi vers celle du premier prêt, premier servi est en cours d’étude, et permettrait une électrification facilitée, en cohérence avec la maturité des projets des demandeurs. Enfin, le Gouvernement entend ouvrir la possibilité d’un raccordement temporaire dit en piquage, sur le réseau à 400 kV, pour accélérer l’accès au réseau électrique, lorsque les délais de création d’un poste dédié sont incompatibles avec le calendrier des projets. Une instruction au cas par cas sera conduite par RTE, sous réserve de l’absence de risque pour la sécurité du système électrique.
  • Pour qui ? Concernant le piquage, les projets industriels et les projets numériques, comme les centres de données, souhaitant se raccorder au réseau électrique à 400 kV. La surréservation bénéficiera à tous les nouveaux demandeurs en réduisant globalement les coûts et délais de raccordement pour l’accès au réseau. Enfin, la refonte de la gestion de la file d'attente est encore à l’étude, mais devrait concerner l’ensemble des demandeurs.
  • Quand ? Concernant le piquage, le règlement peut être modifié dès le mois d’avril 2026. Deux demandes sont déjà identifiées par RTE pour des projets de data centers. Concernant la mesure de surréservation, sa mise en œuvre aura lieu dans les prochains mois. Concernant le mécanisme premier prêt, premier servi, une consultation en début d’année a permis aux parties prenantes de se positionner. Elle a été suivie d’ateliers de travail de mai à septembre 2026, devant aboutir à des propositions finales soumises à la CRE, et à une délibération avant la fin de l’année.
  • Quel objectif ? Améliorer l’attractivité de la France pour les projets industriels consommateurs d’électricité, baisser les coûts et les délais du raccordement.

Mesure 3 : Interdire la publicité pour les énergies fossiles

La promotion commerciale des énergies fossiles dissuade la transition vers l’électrification. Votée en 2021 dans la loi Climat et Résilience, l’interdiction d’une telle promotion doit être désormais appliquée.

  • Que faisons-nous ? Interdiction de la publicité relative à la commercialisation ou faisant la promotion des énergies fossiles.
  • Pour qui ? Les annonceurs et les consommateurs.
  • Quand ? Le décret sera publié avant la fin 2026.
  • Quel objectif ? Éviter de conforter des habitudes de consommation qui entretiennent notre dépendance et notre exposition aux énergies fossiles.

Financement du plan d'électrification

La hausse du soutien à l’électrification des usages viendra en premier lieu d’une réorientation des certificats d’économie d’énergie (CEE) : 1,1 Md€ dans le secteur du bâtiment, 0,2 Md€ dans l’industrie, et 2,1 Md€ dans les transports. Par ailleurs, le conditionnement des aides à la rénovation d’ampleur à l’électrification et la redirection des aides à la rénovation par gestes, permettra d’électrifier une partie des dépenses budgétaires (0,5 Md€) et des CEE (0,6 Md€) existants. Ainsi ce seront près de 4,5 Md€/an de financements qui iront vers l’électrification d’ici 2030, s’ajoutant aux près de 5,5 Md€/an déjà existants8. Une attention particulière sera portée à l’efficience de ces dépenses pour éviter toute rente ou tout effet d’aubaine. Ces financements doivent pleinement concourir à l’électrification.


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Plan d’électrification de la France Pour une énergie moins chère, plus souveraine et plus durable

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Présenté le 10 avril 2026, le plan d’électrification des usages vise à transformer la consommation d’énergie en France pour sortir de la dépendance aux combustibles fossiles importés en y substituant une électricité décarbonée produite sur notre sol. Les 22 mesures du plan ciblent ainsi les secteurs les plus exposés aux énergies fossiles : les transports, le bâtiment, l’industrie et l’artisanat avec un objectif commun : disposer d’une énergie moins chère, plus souveraine et plus durable.

 

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109 territoires élaboreront une feuille de route pluriannuelle

Au terme d’un processus conduit par les préfets et le Secrétariat général pour la planification écologique, le Gouvernement a annoncé la sélection de 109 territoires qui s’engagent à accélérer l’électrification des usages et bénéficieront jusqu’en 2030 d’un accompagnement renforcé. Ils reflètent la diversité des enjeux locaux en matière d’exposition aux énergies fossiles et d’électrification des usages, y compris outremer. L’accompagnement renforcé d’une centaine de territoires d’électrification constitue un levier majeur d’accélération et d’entraînement collectif pour la mise en œuvre concrète du plan, dans tous les domaines de compétence des collectivités territoriales. Ces territoires montrent qu’une autre énergie est possible. Portés par des exécutifs locaux dynamiques, ces projets peuvent concerner, selon les cas, l’électrification des transports, le développement de bornes de recharges pour véhicules électriques, la sortie du chauffage au fioul ou au gaz dans les bâtiments publics ou les logements, le décommissionnement planifié du réseau public de gaz, ou encore le soutien à l’électrification d’artisans ou d’industriels.

electrifions-la-france.gouv.fr