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Espaces Naturels Sensibles de Seine-et-Marne
Des poumons verts pour l'
Île-de-France
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(3) Le marais d'Épisy :
Le site - Un nouveau regard sur le marais tourbeux
Un site aux petits soins... … accessible à tous et à sauvegarder
La flore du marais... … et ses hôtes - Le paradis des libellules
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Poumon vert de l’Île-de-France, la Seine-et-Marne est riche d’un patrimoine naturel unique au niveau régional, entre eau et forêt - 140 000 hectares de forêts, 4 400 km de cours d’eau -, aux nombreuses réserves de biodiversité, et marqué par une grande complexité paysagère et géologique, que le Département protège et valorise au service d’une cause juste : celle de la préservation de notre environnement. Par la valorisation de ces sites, nous entendons faire de ce patrimoine précieux une raison supplémentaire de venir découvrir et vivre en Seine-et-Marne, en répondant aux aspirations des citoyens. Renforcer le lien avec la nature, promouvoir la biodiversité et offrir un cadre respectueux de l’environnement, telles sont les ambitions portées par le Département de Seine-et-Marne. Seuls ou guidés par un animateur, enfilez de bonnes chaussures, ouvrez grand vos yeux et vos oreilles et partez à la découverte du patrimoine naturel remarquable de la Seine-et-Marne.
Jean-François Parigi, Président du Département de Seine-et-Marne ; Béatrice Rucheton, Vice-présidente en charge de l’environnement

Le site  

C’est au cœur de la vallée du Loing que s’est formé le marais d’Épisy. Il se compose d’une mosaïque de milieux humides : un étang, une prairie humide, une roselière et un marais tourbeux. Le marais a été cédé au Département, pour un euro symbolique, par le Groupement des Sablières Modernes, puis par la Mairie d’Épisy (2005).

La nature remarquable du site, notamment la richesse et l’originalité de sa flore, est reconnue depuis la fin du XVIIIe siècle par les botanistes. Longtemps, l’homme Peau de chagrin... n’a pas eu conscience de l’intérêt écologique majeur des zones humides. Le marais a donc fait l’objet de dégradations importantes jusqu’à son acquisition par le Département. Dès la moitié du XIXe siècle, les ingénieurs des ponts et chaussées ont entrepris de l’assécher en créant des fossés drainants pour permettre au bétail de pâturer. Cette volonté s’est amplifiée pendant le XXe siècle avec le déclin des activités pastorales traditionnelles - pâturage des bêtes, coupe des roseaux... - et le développement d’activités économiques nouvelles comme la sylviculture des peupliers, grands consommateurs en eau... Dans les années 1960, la partie nord du marais - hors ENS - a été remblayée par une décharge publique, puis transformée en terrain de sport, encore présent aujourd’hui. L’exploitation des granulats commence à partir des années 1970 à l’ouest du marais, pour s’arrêter en 1980. Cette dernière atteinte dérègle l’écoulement de la nappe phréatique et cause la disparation de 80 % du marais. Sa surface passe alors de 47 hectares en 1950 à 9 hectares en 1998. Devant l’urgence de la situation, le Département s’est investi rapidement dans la préservation du site au titre de la politique Espace Naturel Sensible (ENS).


Sentier sur platelage au-dessus du marais © Maxime Briola

 

Un nouveau regard sur le marais tourbeux

 



Le marais s’est formé grâce aux alluvions argileuses imperméables, qui permettent la création d’une petite nappe phréatique affleurante. Le sol, ainsi gorgé d’eau, accumule lentement des résidus végétaux - plantes, mousses... - qui ne peuvent pas être dégradés à l’air libre, et forment donc la couche de tourbe.



Au milieu du XXe siècle, le marais connaît un phénomène d’assèchement : drainage, plantation de peupliers, remblaiement puis exploitation de la gravière. L’ouverture de la nappe phréatique augmente le débit d’écoulement sous-terrain vers la gravière, et donc la vitesse d’assèchement du marais. Sa surface passe de 47 à 9 hectares.

La prise de conscience de la valeur écologique des zones humides aboutit à la mise en place d’une mesure de protection du site en 1982. La réhabilitation du marais par le Département est effective depuis 1998, avec pour objectif de restaurer ses fonctionnalités écologiques*. * voir glossaire en bas de page

La principale caractéristique de cet ENS est d’être un marais tourbeux, milieu devenu rare en Île-de-France. La tourbe se compose d’une importante épaisseur de résidus végétaux non décomposés. Sa formation, très lente, peut prendre des siècles. À Épisy, elle atteint une épaisseur importante allant de 0,5 à 1 mètre. Cette couche, qui fonctionne à la façon d’une éponge, permet de pondérer l’écoulement des eaux, limitant ainsi les phénomènes de crues en aval, et contribue à l’amélioration de la qualité des eaux par effet de filtre naturel.

Le marais d’Épisy est dit alcalin, car son pH*, influencé par la présence des calcaires, est supérieur à 7. En montagne, au contraire, les sols siliceux favorisent généralement des marais acides avec un pH inférieur à 7. Cette caractéristique a une forte influence sur la flore présente. Le marais joue également le rôle de zone refuge pour des espèces dont le territoire de vie se réduit continuellement. Plus de 50 % des espèces d’oiseaux d’eau et 30 % des espèces végétales remarquables et menacées en France dépendent des zones humides.

Depuis 1998, des actions sont engagées pour rétablir le niveau d’eau nécessaire à la préservation de la zone humide. Installées en aval du marais et sur l’étang, deux vannes contribuent à maintenir un niveau d’eau suffisant. Sans cette gestion de l’eau, le marais tourbeux se dégraderait, faute d’eau...

 

Un site classé Natura 2000

Le réseau Natura 2000 regroupe des sites reconnus pour leur intérêt écologique au niveau européen, avec pour objectif de les préserver. Le marais d’Épisy est intégré au réseau pour sa richesse en habitats naturels et en espèces remarquables : Site FR1100801 - Basse vallée du Loing. Pour en savoir plus sur le Réseau Natura 2000 : natura2000.fr

 

Un site aux petits soins...

Depuis l’acquisition du site en tant qu’ENS, le Département réalise un entretien rigoureux pour sauvegarder la biodiversité. Il a pour objectifs de renverser le processus de dégradation du milieu, principalement lié à l’assèchement du marais, et de favoriser la présence d’espèces remarquables.

Maintenir le niveau d’eau du marais grâce à un système de vannage permet la conservation de ce milieu humide remarquable contre son embroussaillement. Les ouvrages de vidange de l’étang et du marais ont été restaurés, pour maintenir des niveaux hydriques plus hauts en période sèche. Les actions menées visent aussi à limiter la pousse des végétaux ligneux trop concurrents, qui participent à la disparition naturelle des espèces typiques du marais. La fauche de fin d’été permet le maintien de végétaux rares, refuges pour de nombreux insectes.
Sur la partie sud du site, un pâturage est mené tout au long de l’année à l’aide d’espèces rustiques, comme les chevaux camarguais.

Le marais offre à nouveau des services pour la nature et les hommes.

Gestion par pâturage © Maxime Briola


 
L’exemplarité de cette gestion conservatoire est reconnue mondialement : depuis 2018, le site a obtenu son inscription sur la liste verte de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Ce label est délivré à des sites remarquables pour leur patrimoine écologique, mais aussi pour la qualité de leur gestion, permettant de conserver la richesse des milieux naturels et des espèces associées.
 

… accessible à tous et à sauvegarder

Dans le cadre de sa politique en faveur des ENS, le Département a réalisé des aménagements pour accueillir le public sur une partie du site.

La nature marécageuse en place a nécessité l’installation d’un parcours pédestre sur platelage. Accessible aux personnes à mobilité réduite, ce sentier joue un double rôle : il permet de visiter le site à toutes les périodes de l’année, y compris lorsque les sols sont inondés, et préserve les espèces sensibles du piétinement.

Découvrez le marais en aidant la mascotte Iris Desmarets à sauvegarder ce site en danger ! Grâce à des panneaux interactifs, vous pourrez soutenir Iris dans des actions de préservation du marais. De plus, un circuit est disponible dans l’application mobile Balade Branchée.

Parcours sur platelage © Laure-Angélique Curtelin

 
Les efforts entrepris par le Département, en collaboration avec des associations de tourisme et des personnes porteuses de handicaps, ont permis de faire labelliser le site Tourisme et Handicap.
Ce label garantit un accueil adapté aux besoins des handicapés moteurs, auditifs ou mentaux. Pour en savoir plus sur ce label : tourisme-handicaps.org
 

La flore du marais...

Malgré la faible surface du site, celui-ci accueille environ 260 espèces végétales, soit 18 % des 1 443 espèces locales inventoriées en Seine-et-Marne. La qualité de ces espèces est notable, puisque 6 sont protégées et 55 sont considérées comme étant peu fréquentes.

… et ses hôtes

Si tous les groupes d’animaux vivent sur le site, ce sont essentiellement les insectes et les oiseaux, avec 73 espèces observées dont 50 nicheuses, qui représentent le plus grand intérêt. Le site se trouve au carrefour de zones attractives fréquentées par de nombreuses espèces : Loing et forêt de Fontainebleau au nord-ouest, Lunain au sud-ouest, milieu agricole bocager à l’est...

Réservoir de vie unique, le marais abrite environ 40 espèces de libellules, 38 espèces d’orthoptères*, ou encore 28 espèces de papillons.

Le site accueille chaque année 2 à 3 couples de pies-grièches écorcheurs, qui profitent des nombreux insectes pour nourrir leurs jeunes. Ils attraperont certainement quelques criquets palustres, ensanglantés ou conocéphales des roseaux, qu’ils empaleront sur une branche ou un barbelé en attendant le moment propice au festin. Les reptiles sont également bien présents avec, entre autre, le lézard des souches, qui prend parfois le soleil sur les planches en bois du parcours.


© Maxime Briola

L’epipactis des marais est une orchidée sauvage pouvant atteindre 60 centimètres de hauteur. Elle fleurit entre juin et juillet, et arbore alors une longue inflorescence en grappe. Son nom latin Epipactis palustris est tout à fait évocateur de son lieu de vie favori : le terme palustre faisant allusion au marais. Autrefois commune dans la vallée du Loing et dans l’Orxois, elle ne se trouve plus que dans quelques zones essentiellement au sud-est du département. La disparition des zones humides, notamment des marais, en est la principale raison.


© Wolffia

Le flûteau fausse-renoncule est une petite plante possédant plusieurs fleurs à trois pétales mauve clair et au cœur doré. Elle peut atteindre 30 centimètres de haut, et sa floraison s’étend de mai à septembre. Sur le site, elle occupe les zones temporairement inondées, dans la partie nord du marais. Dans le département, elle est surtout présente, au sud, sur quelques zones de la Bassée. Autrefois plus fréquente en vallée du Loing, cette espèce en forte régression est menacée par la dégradation de la qualité des eaux, et la diminution de la taille des zones humides.


© Marylène Vergnol

Le choin noirâtre fait partie de la famille des cypéracées, qui comprend le célèbre papyrus égyptien. Bien qu’assez rare à l’échelle départementale, ce
choin est commun sur le marais. On le trouve essentiellement au niveau des zones de tourbe dénudées, où la nappe phréatique affleure, ainsi qu’à l’emplacement du chenal de la partie sud du marais. Sa présence est typique des tourbières âgées, qui accueillent de nombreuses espèces botaniques patrimoniales.

La couleuvre vipérine et la vipère aspic sont occasionnellement observées, même si elles restent très discrètes. La première est inoffensive mais ressemble beaucoup à la vipère, ce qui lui permet d’effrayer certains prédateurs. On peut la distinguer grâce à ses pupilles rondes, alors que la vipère les a fendues verticalement comme les chats.


Pie-grièche écorcheur mâle © Maxime Briola
La bonne qualité du milieu naturel favorise la présence
d'espèces animales rares.
Le paradis des libellules



Accès
À la sortie d’Épisy en direction de le Genevraye (RD 40), parking à gauche, entrée à côté du terrain de sport.

Pendant les beaux jours, prenez le temps de regarder ces petits insectes aux ailes translucides qui virevoltent au-dessus du marais. Le site accueille une quarantaine d’espèces de libellules, soit 70 % de celles présentes en Île-de-France, dont 8 des 20 espèces rares de la région. Cette abondance s’explique par la diversité des milieux aquatiques ensoleillés où elles se reproduisent et chassent : mares plus ou moins temporaires, berges de rivière et d’étang offrant une large gamme de végétations aquatiques et rivulaires. La proximité des vallées du Loing et du Lunain à l’ouest, constituant des continuités écologiques*, contribue probablement à la colonisation du site par des espèces patrimoniales.


© Maxime Briola

La cordulie à corps fin est
une espèce très rare dans le
département, et également
sur le site. Cette libellule de
taille moyenne se reconnaît
facilement grâce à son
abdomen vert métallique,
orné de taches jaunes
sur la partie supérieure.
Elle se reproduit
préférentiellement au
niveau de l’étang, dans
les berges pourvues de
roselières. Les mâles sont
territoriaux et défendent
une portion de berge d’une
dizaine de mètres, dont ils
excluent tout autre mâle
tentant d’y pénétrer?


© Sylvestre Plancke

La libellule à quatre
taches
est fréquente sur
le site. Comme l’indique
son nom, chacune de ses
ailes possède une tache
noire permettant de la
distinguer assez facilement
des espèces ressemblantes.
Les larves, qui ont passé
tout l’hiver dans l’eau,
peuvent émerger de façon
synchronisée, occasionnant
des regroupements
impressionnants. En
général, de nombreux
adultes sont observables
sur l’ensemble des pièces
d’eau de mai à août.


© Sébastien Siblet (OPIE)

L’agrion délicat est
une petite libellule
rouge au vol doux, qui
peut être observée de
juin à septembre. Elle
émerge en populations
très importantes, qui se
répartissent sur l’ensemble
du site, principalement
dans les milieux d’eaux
stagnantes assez ensoleillés
et riches en végétaux
aquatiques. On peut la
confondre avec la petite
nymphe au corps de
feu, seule autre petite
demoiselle rouge, dont elle
se distingue cependant par
l’absence de bandes noires
sur le bout de l’abdomen.

Pour aller plus loin
• Sorties nature proposées par Seine-et-Marne environnement (01 64 31 11 18)
• Sites naturels départementaux : Plaine de Sorques, Bois des Palis
• Village de caractère : Bourron-Marlotte, Grez-sur-Loing
• La Scandibérique – eurovéloroute

(*) GLOSSAIRE

Alluvions argileuses : constituées de matériaux très fins, charriés par un cours d’eau, ces alluvions s’accumulent dans des zones de faible courant. Elles forment alors souvent une couche de roche imperméable.
Fonctionnalité écologique : on entend par fonctionnalité écologique la capacité d’un écosystème à assurer ses cycles biologiques - reproduction, repos, nourriture, déplacement... - et à fournir les services écologiques indispensables aux populations humaines : pollinisation, épuration naturelle des eaux, source de nourriture...
pH : le potentiel hydrogène permet de mesurer l’acidité ou la basicité d’une solution. Le pH de l’eau pure à 25°C, qui est égal à 7, a été choisi comme valeur de référence d’un milieu neutre. Si la solution possède un pH inférieur à 7, elle est acide, au-delà elle est basique.
Orthoptères : ensemble d’insectes regroupant les sauterelles, criquets et grillons.
Végétation rivulaire : qui est spécifique au milieu des rives et des berges. Aussi dénommée ripisylve, s’il s’agit d’un boisement.
Continuité écologique : de nombreuses espèces utilisent des tracés naturels pour se déplacer : rivière, linéaire boisé... Lorsqu’un aménagement - barrage, route... - rend le passage infranchissable, le tracé perd sa continuité et donc son rôle écologique.
Espèces patrimoniales : ensemble des espèces protégées, menacées et rares, ainsi que des espèces ayant un intérêt scientifique ou symbolique. Ce n’est pas un statut légal. Il s’agit d’espèces que les scientifiques et les conservateurs estiment importantes d’un point de vue patrimonial, que ce soient pour des raisons écologiques, scientifiques ou culturelles.

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Espaces Naturels Sensibles de Seine-et-Marne Des poumons verts pour l'Île-de-France
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Politique des
Espaces Naturels Sensibles
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Depuis près de 35 ans, le Département de Seine-et-Marne mène une politique volontariste de grande ampleur à l’égard de la biodiversité et de ses Espaces Naturels Sensibles. Des actions qui ont permis de créer un réseau d’une centaine de sites, dont trente-neuf sont ouverts au public, grâce à l’action du Département, d’Île-de-France Nature, et des communes.

 

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Les Rendez-vous Nature en Seine-et-Marne

De nombreuses animations pour petits et grands sont proposées par l'association départementale Seine-et-Marne Environnement et ses partenaires, afin de faire découvrir l'environnement, la biodiversité, la faune et la flore de
la Seine-et-Marne.
Programmation complète des animations organisées dans les sites naturels de la Seine-et-Marne, y compris les 22 Espaces naturels sensibles protégés par le Département : seine-et-marne.fr

Environnement, eau et agriculture
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De la valorisation des Espaces Naturels Sensibles (ENS) à la protection de la biodiversité, en passant par la lutte contre
le dérèglement climatique, la préservation des ressources naturelles, notamment l'eau, et la lutte contre l'appauvrissement des sols, le Département de Seine-et-Marne se mobilise activement en faveur de l’environnement, conservant ainsi sa réputation de poumon vert de l’
Île-de-France. Au total : 43,7 millions d'euros ont été mobilisés depuis le début du mandat en faveur de la politique dédiée à l’eau, l’environnement et l’agriculture.
seine-et-marne.fr