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La livraison du site Seine Bassée, c’est pour bientôt
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(1) Bientôt la fin des travaux
VRAI / FAUX ?! Que pourra-t-on faire ou ne pas faire à La Bassée une fois les travaux finis ?
5 questions sur... L’exploitation future de l’ouvrage

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Depuis octobre 2022, les équipes de Seine Grands Lacs, des maîtres d’oeuvre et des entreprises de travaux travaillent sans relâche chaque jour sur ce projet crucial de lutte contre les inondations du bassin amont de la Seine. En deux ans, le chantier du casier pilote a avancé de façon spectaculaire. Le gros œuvre de la station s’est achevé au printemps 2024, et les travaux de second œuvre sont en cours de finalisation.
À quelques semaines de la fin des travaux, projetons-nous dans le futur site, et revenons ensemble sur les fondamentaux du projet :
la fin des travaux et la mise en eau test, le fonctionnement, l’exploitation et l’entretien du site, le devenir des sites restaurés…
Patrick Ollier, Président de Seine Grands Lacs, et l’équipe projet Seine Bassée

Bientôt la fin des travaux

Après deux ans de travaux menés tambour battant, le chantier du site pilote Seine Bassée touche à sa fin. Alors que les derniers travaux sont en cours de réalisation, les équipes de Seine Grands Lacs préparent une nouvelle phase importante du projet, la mise en eau test du site. Dernière étape avant la mise en service effective de cet ouvrage qui pourra réduire jusqu’à 15 cm le niveau de la Seine en cas de crue majeure, en complément de l’action des quatre lacs-réservoirs situés plus en amont.

 

Des travaux achevés à 95%

Le marathon continue pour les équipes de Seine Grands Lacs, des maîtres d’œuvre, de l’OPC - coordinateur des interfaces entre les entreprises et du calendrier général des travaux - et des entreprises travaux.
Suite à l’achèvement du toit de la station de pompage en juin dernier, les entreprises en charge des travaux de second œuvre et des équipements ont pu investir les lieux : installation du poste de contrôle-commande et de la supervision, réalisation des réseaux internes : électricité, ventilation, eau… Moment fort et emblématique du chantier : la livraison et l’installation des huit pompes de la station de pompage principale dès fin mai !
Concernant les digues, les travaux de terrassement ont été ralentis du fait des mauvaises conditions climatiques de ces derniers mois. Néanmoins, ils sont en cours de finalisation.
Enfin, les travaux ambitieux en faveur de la biodiversité engagés dans le cadre des mesures compensatoires et de valorisation écologique, couvrant 120 ha, ont, eux, été réalisés à plus de 85 %.

Installation des pompes de la station principale - Mai 2024 © SGL

Cap sur la mise en eau test

Prévue en début d’année 2025, la mise en eau test se déroulera une fois l’ensemble des éléments essentiels de l’ouvrage achevé, sur environ 2 mois.

Vue du site Seine Bassée - Juillet 2024 © SGL

Elle se déroulera en 7 phases :

  • Phase 1 : Pré-alerte à H-48 heures de la Préfecture et de Seine Grands Lacs auprès des communes, des propriétaires, des exploitants et des autres acteurs concernés. Activation des procédures de sauvegarde de la faune : effarouchement…
  • Phase 2 : Alerte à H-24 heures : ordre d’évacuation du site par la Préfecture et Seine Grands Lacs via leurs outils d’alerte respectifs : FR Alert, SMS, sirène sur véhicule… Accès interdit au site et au stationnement sur les parkings de l’entrée principale.
  • Phase 3 : Remplissage du site : phase étalée sur quinze jours, avec un palier à mi-hauteur pour évaluer le comportement de l’ouvrage et les impacts sur l’environnement extérieur.
  • Phase 4 : Stockage : durée de deux semaines. Durant cette période, divers contrôles seront effectués par Seine Grands Lacs : fonctionnement des ouvrages annexes, vérification des niveaux de la nappe…
  • Phase 5 : Vidange : après vérification des consignes relatives à la restitution de l’eau, vidange du casier en une seule phase, avec un débit de 21 m³/s.
  • Phase 6 : Post-vidange : avant toute réouverture du site, une inspection des terrains sera réalisée, avec l’appui des autorités et services concernés. Des opérations de nettoyage et de réparation seront organisées par Seine Grands Lacs pour permettre la remise en état du site dans les plus brefs délais.
  • Phase 7 : Réouverture du site : à l’issue des différents contrôles, et si ceux-ci sont conformes, le site sera rouvert aux propriétaires et usagers.
    À noter que durant les phases 1, 2, 3 et 6, un Poste de Commandement Opérationnel sera activé sur site. Il sera dirigé par un membre du corps préfectoral, et regroupera l’ensemble des acteurs compétents dans la gestion de la mise en eau test. Un plan ORSEC de site qui définit les missions des différents acteurs lors du fonctionnement du site pilote sera également testé lors de cette mise en eau test.

Par ailleurs, durant toute la durée de l’opération, un contrôle du niveau de l’eau dans les communes situées à proximité sera assuré grâce à la surveillance périodique des piézomètres extérieurs au site pilote.

Une réouverture prévue par la suite

Une fois la mise en eau test achevée, l’accessibilité du site sera conditionnée à sa remise en état : travaux de nettoyage, travaux de reprise des chemins… Ensuite, le site sera de nouveau ouvert et accessible à tous.
Habitants et visiteurs pourront alors se promener sur le haut de la digue, permettant également d’accéder aux bords de Seine, qui seront eux aussi aménagés. De même, toutes les activités de loisirs qui existaient avant les travaux, pêche, chasse et promenade - piétons et vélos -, seront de nouveau possibles en dehors des périodes de remplissage.

Vue sur la station de pompage - Août 2024 © SGL

 
VRAI / FAUX ?! Que pourra-t-on faire ou ne pas faire à La Bassée une fois les travaux finis ?  

On pourra se promener sur la crête de la digue.
VRAI !
La crête de la digue sera accessible aux piétons et cyclistes sur une longueur de 7,6 km. La digue permettra également d’accéder aux bords de Seine, qui seront eux aussi aménagés pour se promener et se détendre sur site. Des pontons et des belvédères seront aussi installés sur les étangs de Châtenay et de Chancelard (Égligny). Par ailleurs, cette digue a été conçue pour être parfaitement intégrée dans le paysage. Recouverte de plantes locales, elle a aussi vocation à devenir un véritable support de développement écologique. D’une hauteur moyenne de 2,5 m et de faible pente, elle pourra être franchie par les animaux, notamment lors des mises en eau. Certaines espèces pourront également se réfugier sur ses berges lors de la mise en eau. Enfin, les fondations de la digue dans les plans d’eau seront favorables au développement d’une riche végétation aquatique.

Je suis propriétaire d’un terrain au sein du site, je ne pourrai plus exercer mes activités.
FAUX !
En tant que propriétaire et occupant de terrains de l’espace endigué, vous conservez votre droit de propriété et d’usage des parcelles. En effet, le fonctionnement du casier ne nécessite pas d’acquérir les terrains situés à l’intérieur de l’espace endigué, dans la mesure où ils ne sont pas concernés directement par un aménagement, hydraulique ou écologique.
Hors période de crue et de remplissage, vous pourrez donc poursuivre vos activités. Les accès principaux pour rejoindre les terrains situés dans l’espace endigué demeurent, et seront ainsi préservés à l’issue des travaux.

Je pourrai continuer de pêcher ou de chasser sur site.
VRAI !
Toutes les activités de loisirs qui existaient avant les travaux sur le site, pêche, chasse et promenade - piétons et vélos -, seront de nouveau possibles en dehors des périodes de remplissage.

Je pourrai circuler librement en voiture au sein du site.
VRAI ET FAUX !
Les propriétaires et usagers pourront continuer d’emprunter les chemins internes du site, comme aujourd’hui, mais ils ne pourront pas circuler sur les digues. Le haut de ces dernières sera, quant à lui, ouvert à la circulation publique des piétons et vélos, hors période de fonctionnement en crue. Lors d’un remplissage du casier - en cas de crue -, les barrières situées devant les entrées permettant de passer sur la digue - entrées RD95 et RD75 - seront fermées pour en interdire l’accès.


Esquisse du projet d’aménagement de l’étang de Chancelard à Égligny © VERT-LATITUDE – JB Flichy

Grand angle - La vallée de la Bassée : portrait d'un territoire unique
 
 

5 questions sur... L’exploitation future de l’ouvrage

Seine Bassée est le cinquième ouvrage géré par Seine Grands Lacs. Comme pour les quatre grands lacs-réservoirs qu’il gère déjà depuis plus de 70 ans en Champagne et dans le Morvan - les lacs du Der, d’Orient, d’Amance-Temple et de Pannecière -, l’établissement assurera sur le long terme l’exploitation, l’entretien et la maintenance des ouvrages du site : la digue de 7,6 km, les stations de pompage, les ouvrages hydrauliques, mais également les sites écologiques restaurés. Pour en savoir plus, rencontre avec une partie des futurs exploitants du site : Philippe Guiraud, Responsable d’exploitation Seine Bassée, Marc Delannoy, Directeur des aménagements hydrauliques, et Emeline Amblard-Henry, Cheffe du service gestion des ouvrages.

 
Une fois mis en service, comment sera exploité le site ? Sur quel périmètre ?

Son exploitation va-t-elle différer de celles des lacs ? Si oui, quelles sont ses spécificités ?
E.A-H.
Sous l’aspect technique, le fonctionnement de l’ouvrage diffère bien de celui des quatre lacs. Même s’il sera surveillé au quotidien, son remplissage sera lui plus occasionnel, contrairement aux lacs. Les technologies mises en place, avec la station de pompage par exemple, sont aussi spécifiques à cet ouvrage, et nécessitent une montée en compétence particulière. Le maintien des propriétés foncières privées à l’intérieur du site apporte également une singularité atypique.
M.D. Toutefois, l’exploitation du site sous l’aspect hydraulique sera similaire à celle des autres sites, à savoir qu’elle sera essentiellement guidée par un règlement d’eau et des consignes d’exploitation. Une des autres spécificités du site est qu’il comporte de nombreux espaces naturels restaurés, espaces dont l’entretien fait l’objet de plans de gestion spécifiques.

Une équipe dédiée sera-t-elle présente sur place au quotidien pour exploiter et entretenir le site ?
P.G. Oui, une équipe d’exploitation restreinte de deux personnes, dans un premier temps, sera à demeure. Des agents d’exploitation et d’entretien des lacs d’Orient et d’Amance-Temple, situés dans l’Aube, viendront également en renfort pour les opérations d’exploitation et de maintenance plus compliquées et/ou techniques, ainsi que pour les mises en eau sur le périmètre des digues, des ouvrages annexes et de la station de pompage. Par ailleurs, l’exploitation des espaces naturels restaurés sera assurée par des équipes spécialisées.

Seine Grands Lacs contrôle la sécurité des ouvrages hydrauliques de ses lacs par le biais de mesures extrêmement strictes, en conformité avec les règlements en vigueur. Quelles vont être ces mesures pour La Bassée ?
E.A-H.
On retrouvera sur ce site des dispositifs de contrôle des ouvrages - piézomètres, pointes topographiques, fibre optique de détection des fuites… - qui feront l’objet d’un suivi continu. Par ailleurs, les vannages et les pompes feront l’objet de tests réguliers pour vérifier leur bon fonctionnement.

Pouvez-vous nous rappeler comment fonctionnera l’ouvrage quand il sera en service, quand il écrêtera une crue ?
P.G.
En cas de prévision d’une crue de la Seine, nous informerons par e-mail, SMS ou appel téléphonique, 48 heures avant, les propriétaires du site quant à une potentielle activation de l’ouvrage. Ensuite, si l’évolution de la crue confirme l’activation de l’ouvrage, une alerte les informera 24 heures avant le remplissage afin d’évacuer le site. 6 accès franchissant les digues permettront une évacuation rapide du site. Le pompage commencera ensuite en une seule fois, sur une durée fixe de 66 heures, à raison de 42m³ par seconde. Les digues seront alors fermées au public, pour des raisons de sécurité et afin de faciliter la fuite des animaux. La durée de retenue des eaux variera selon les caractéristiques de la crue. Elle serait par exemple de 11 jours dans le cas d’une crue comparable à celle survenue en janvier 2018. Par la suite, la vidange durera 4 à 5 jours. Elle se fera de manière gravitaire et à débit contrôlé - 21 m³/s au maximum -, afin d’éviter tout risque de débordement en aval. L’opération sera engagée lorsque le niveau de l’eau sera suffisamment redescendu à Montereau-Fault-Yonne, et en amont du barrage de Marolles-sur-Seine. La remise en état du site sera ensuite assurée par les équipes. Après la période de vidange du casier, nous contacterons chaque propriétaire pour apprécier avec eux les conséquences de l’inondation. Un état des lieux amiable sera réalisé pour convenir des éventuelles actions à réaliser pour remettre les terrains en état. Par exemple : l’enlèvement de branches ou d’un dépôt de terre, la réparation d’une partie de clôture abîmée, l’indemnisation de plantations abîmées. En cas de désaccord sur la remise en état, nous solliciterons le recours à un expert indépendant pour arbitrer les éventuels points de discussion. L’établissement supportera l’ensemble des frais nécessaires pour la remise du terrain dans son état initial. Les chasseurs et pêcheurs seront également indemnisés, à partir des conventions d’indemnisation signées avec les occupants des terrains ou les représentants de l’activité. La Métropole du Grand Paris, grâce au produit de la taxe GEMAPI et en lien avec Seine Grands Lacs, indemnisera également les exploitants d’activités agricoles et sylvicoles existantes. Seine Grands Lacs désignera par ailleurs un référent pour permettre aux propriétaires et occupants de pouvoir échanger sur ces aspects et les opérations de remise en état.

M.D. Tout d’abord, il faut rappeler que Seine Grands Lacs gère des ouvrages de protection contre les inondations depuis les années 1930-1940. C’est notre mission historique. Nos quatre lacs comptent ainsi parmi les plus grands lacs artificiels d’Europe avec : 830 millions de m³ de capacité de stockage - soit 215 000 piscines olympiques -, 9 940 ha de surface totale, 67 km de canaux, et 40 km de digues. Seine Bassée deviendra le cinquième ouvrage géré par Seine Grands Lacs, et bénéficiera de toute l’expertise acquise par l’établissement depuis quasiment une centaine d’années. Aussi, sur les 140 agents que compte le syndicat, les 2/3 œuvrent quotidiennement au sein de la Direction des aménagements hydrauliques, dédiée à l’exploitation, à l’entretien et au contrôle des ouvrages hydrauliques.

Philippe Guiraud, Responsable d’exploitation Seine Bassée © SGL

P.G. En effet, c’est important de la rappeler ! Pour répondre à la question, le périmètre d’exploitation du site comprend les digues, les ouvrages hydrauliques, dont la station de pompage principale, mais aussi les espaces naturels restaurés.


Schéma de fonctionnement du site Seine Bassée en cas de crue

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La livraison du site Seine Bassée, c’est pour bientôt.

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Le site pilote de la Bassée

Le premier site pilote se situe sur les communes de Châtenay-sur-Seine, Égligny, Balloy et Gravon. D’une surface de moins de 360 ha, le site pilote a une capacité de stockage d’environ 10 millions m³, et pourra réduire jusqu’à 15 cm le niveau de la Seine en cas de crue majeure, grâce à un système de pompage. Son action sera efficace dès Montereau-Fault-Yonne, et complètera l’action des lacs en amont. Le site pilote poursuit également un objectif de reconquête de la biodiversité. Les travaux du casier pilote ont commencé en 2021 et se sont achevés fin 2024. L'ouvrage entre à présent en phase de test avant sa mise en service prévue courant 2025.

 

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L'EPTB Seine Grands Lacs est un syndicat mixte œuvrant sur 18 départements. Les équipes assurent 3 missions :
la protection et la prévention contre les inondations, le maintien d'un débit minimum de la Seine et de ses principaux affluents pendant les saisons les plus sèches, et l'adaptation aux changements climatiques du bassin amont de la Seine.

Lettre d’information SEINE BASSÉE N°6 - Septembre 2024

Lettre éditée par Seine Grand Lacs . Septembre 2024
Direction de la publication : Patrick OLLIER, Président - Rédacteur en chef : Baptiste BLANCHARD, DGS
Réalisation : service communication Seine Grands Lacs - Crédits visuels : © Seine Grands Lacs

sig.seinegrandslacs.fr