....
.
Fiche Action Plantation et valorisation énergétique des haies en Île-de-France
.
(2) Gain financier et temps passé - Focus sur la valorisation énergétique
Témoignage
d’un agriculteur éleveur - État des lieux en Île-de-France
...


Ce document a été conçu pour inciter les acteurs du territoire à implanter des haies en en rappelant les bénéfices, ainsi que la possibilité d'en financer l'entretien, notamment grâce à la valorisation énergétique. Bien que les haies soient moins répandues en Île-de-France qu’ailleurs, leurs avantages sont nombreux. Elles jouent un rôle crucial dans la biodiversité, la protection du sol, la gestion de l'eau, et l'amélioration de la qualité de l'air. De plus, les haies peuvent être une source intéressante d'énergie, grâce à leur valorisation en combustion, un moyen de financer leur entretien tout en contribuant à la transition énergétique. La fiche met en lumière les bénéfices environnementaux des haies : amélioration de la biodiversité, protection contre l'érosion, filtration de l'air et de l'eau ; les modalités de financement possibles, notamment via des dispositifs publics, pour en faciliter l’entretien ; des conseils pratiques pour réussir l’implantation des haies dans les espaces agricoles ou urbains.

Gain financier et temps passé

La plantation et l’entretien des haies représentent un coût global pouvant être très bien compensé par ses valorisations environnementale et énergétique et l’obtention de subventions publiques.

 

Poste de travaux

Coût associé


Coûts liés à la gestion de la haie source : Méthode Haies, Label Bas Carbone

Jeune haie en bordure d’une zone de pâturage

 
Travaux d’amélioration

Plantations : -15 à -24 €/m : barème variable selon si haie simple ou double
Cela concerne les plants et la main d’œuvre : certaines aides publiques subventionnent ces travaux jusqu’à 100%
Travaux sylvicoles, entretiens divers : balivages, tailles…, à évaluer au cas par cas

Travaux d’entretien

Éparage - taille et débroussaillage - annuel + lamier (tous les 5 à 8 ans) : de -388 €/km/an à -687 €/km/an.
Cela concerne la location d’équipement, le carburant… : variations importantes selon les itinéraires d’entretien
Entretien pied à pied - pratiques de gestion durable de la haie - en contrat MAEC entretien de ligneux = +800 €/km/an.

Prélèvement et mobilisation du bois

De -250 à -300 €/km/an
Cela concerne la récolte, le broyage, l’acheminement…

Valorisation du bois énergie

Exemple d’une vente de bois déchiqueté :
Autour de +400 €/km/an : dans le cadre d’une filière locale et selon l’existence de débouchés locaux…

Bilan

Un coût global pouvant être compensé par ses
bénéfices environnementaux, énergétique &
l’obtention de subventions publiques.
Par exemple, avec une aide financière à la plantation de 90%, le bois énergie compense à environ 40% le coût de l’entretien.

Focus sur la valorisation énergétique


Contrôle de l’humidité à l’étuve


Trois fractions granulométriques séparées par criblage

Qualité du combustible produite

La masse volumique du bois de haies est légèrement plus importante que le bois forestier en raison d’une présence plus grande de feuillus durs. Les résineux sont peu présents dans les haies agricoles. Son Pouvoir Calorifique Inférieur, quantifiant l’énergie contenue dans un combustible, est équivalent au bois forestier.

La granulométrie obtenue est généralement plus faible en raison des plus petits diamètres en entrée : granulométrie P16 à P31. Cette taille est plutôt adaptée aux petites chaufferies. Le taux de fines* est comparable.

Le taux de cendres est autour de 2% contre 1% pour le bois forestier, en conformité avec le seuil de 3% de la norme ISO 17225-9.

La composition chimique varie également avec des taux de soufre, d’azote et de silice plus élevés. Cela peut engendrer des rejets d’oxydes de soufre (SOx) et d’oxydes d’azote (NOx) supérieurs à la plaquette forestière, et une usure prématurée des systèmes de convoyage - abrasion et mâchefer - s’ils ne sont pas adaptés. Le taux de chlore est semblable à la plaquette forestière.

*Taux de fines : Pourcentage de particules, en masse, en dessous de 3,15 mm de diamètre


Mix de plaquettes forestières et paysagères

Témoignage d’un agriculteur éleveur

Témoignage extrait du document Gérer et valoriser les haies bocagères produit par le CIVAM Pays de la Loire en 2020

 

Une Coopérative d’Utilisation de Matériels Agricoles (CUMA) ou un Groupement d’Intérêt Économique et Environnemental (GIEE) sont des structures de taille suffisamment importante pour permettre l’achat et la rentabilisation de machines onéreuses. En effet, un agriculteur seul n’utilisera pas forcément une machine à son plein potentiel alors qu’un groupement permet un meilleur taux d’utilisation. Le groupement permet également de se doter des compétences d’un technicien de bocage, à même de préconiser les bonnes pratiques selon les différentes situations de haies.

Présentation et contextualisation

Joseph, éleveur, apporte son témoignage. Il possède 18 km de bocage pour une Surface Agricole Utilisée de 108 ha à Rouez-en-Champagne (72).
Depuis 11 ans, Joseph fait du bois déchiqueté avec les haies de l’exploitation, pour le chauffage de la maison - chaudière automatique depuis 2008, 15 tonnes de plaquettes consommées -, la vente de plaquettes à la SCIC Bois Bocage Energie à 6 km - 20 tonnes - et le paillage de ses jeunes haies : 300 m plantés en 2011.
Sur l’exploitation de Joseph, le linéaire de haies compte de nombreux têtards de chênes et de frênes, ainsi que 5 km de ripisylve, principalement composée d’aulnes.
Après avoir fait intervenir un bûcheron pour l’abattage des haies et l’exploitation des têtards, Joseph utilise une fois par an, depuis 2011, le grappin-coupeur de la CUMA départementale, pour le gain de temps et la simplicité du travail. En complément, pour l’entretien, Joseph fait passer tous les ans le lamier sur les haies qui touchent ses clôtures.

Temps de travail pour l'agriculteur

Avant le passage du grappin-coupeur, l’agriculteur doit marquer les arbres qu’il souhaite couper dans les haies à exploiter. Ainsi, le chauffeur du grappin-coupeur peut travailler en autonomie. Cela libère du temps à l’agriculteur.
Pour le déchiquetage, le travail s’organise comme un chantier d’ensilage. Il faut avoir prévu plusieurs chauffeurs avec tracteurs et bennes pour évacuer le bois déchiqueté et faire des rotations entre le chantier et le lieu de séchage.
L’objectif est d’optimiser le temps d’utilisation de la déchiqueteuse, sa facturation se faisant à l’heure rotor. Autre paramètre à prendre en compte : le rendement de la déchiqueteuse : jusqu’à 70 m³/heure, sur un chantier bocager bien organisé.

Rôle de la coopérative d'utilisation de matériels agricoles

Le salarié de la CUMA organise le planning en fonction du volume de bois à couper, puis il fixe les dates d’intervention du grappin-coupeur et de la déchiqueteuse, environ un mois plus tard.
Généralement, l’abattage a lieu en janvier/février et le déchiquetage en avril. Débit du grappin-coupeur : 40 à 60 m³ de bois abattu à l’heure. Coût du grappin-coupeur : 300 €/heure.


Photographie d’un grappin-coupeur © Pareau

Depuis 2011, j’utilise le grappin-coupeur de la CUMA la Cigale. C’est plus simple, rapide. Le grappin coupe et range le bois pour le déchiquetage.
Il faut juste repasser pour faire les recoupes, sur les têtards notamment.

......
État des lieux en Île-de-France

Journée technique Haie et biodiversité - 12 octobre 2021 - Nicolas Cornet, Écologue - Institut Paris Region-Département Environnement

 

Le paysage

Champ ouvert (openfield) :

  • uniformité des parcelles,
  • absence de clôtures, de haies ou d’arbres dans les champs,
  • organisation sociale de l’agriculture - disparue - : mise en commun de certaines tâches agricoles, vaine pâture, jachère.
  • mais le paysage est resté inchangé
  • habitat groupé en villages-tas ou villages rue
  • paysage bien adapté à la mécanisation
  • le remembrement ? : simple agrandissement des parcelles

Bocage :

  • habitat dispersé : fermes et hameaux
Plus de haies en Île-de-France ? Oui !
Mais pas pour restaurer un paysage ou patrimoine disparu…

.....
Évolution 2008-2017

  • Haies en 2008 : 3 842 km —> Haies en 2017 : 3 994km —> +4%
  • 7 636 mailles avec des haies
  • 6 612 km² soit 55 % du territoire
  • 5 801 stables (76%)
  • 1 074 en augmentation
  • 761 en diminution
  • Stabilité des linéaires
  • Mouvement à la marge

.....
.
Fiche Action Plantation et valorisation énergétique des haies en Île-de-France

..............
Cette fiche s’adresse à tous les acteurs publics et privés intéressés par l’aménagement paysager durable et la gestion des espaces verts. Une initiative développée grâce à une collaboration entre Fibois Île-de-France et Agrof'île, avec le soutien d'experts et acteurs du secteur.

 
 

......

....
Fibois Île-de-France, l'interprofession
de la filière forêt-bois francilienne

Fibois Île-de-France fédère depuis 2004 l’ensemble des professionnels de la forêt et du bois en région Île-de-France. L’interprofession intervient sur les secteurs de l’amont forestier, la transformation du bois, la construction et l’énergie, ainsi que sur les enjeux de l’emploi, de la
formation et de la sensibilisation du grand public.

24 rue du Champ de l’Alouette, Paris (XIIIe)

...
Agrof'île, agroforesterie et sols vivants
en Île-de-France

Agrof’île est une association qui oeuvre pour l’intégration
des arbres au sein des systèmes de productions agricoles franciliens. Ses missions sont diverses :
accompagnement de projets agro-écologiques, formation, réalisation de chantiers, accompagnement de la filière alimentaires-bois-biomasse et sensibilisation.

2 hameau de Chalmont, Fleury-en-Bière (77)