....
.
Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts
.
Corneilles, geais des chênes… Ces ESOD sensibles, utiles et intelligentes !
....
(2) Geai des chênes - Pie bavarde
Pétition : Pour une juste évaluation de la réglementation des animaux dits nuisibles

...

....
..
Chasse, collisions routières, destruction des habitats naturels… Les animaux sauvages doivent lutter au quotidien pour leur survie dans un monde où la place de l’humain est omniprésente. Même les animaux d’espèces protégées peuvent être tués, en vertu de dérogations dont les régimes ne cessent de s’assouplir. Mais les pires victimes de l’Homme sont les animaux dont l’espèce a été classée susceptible d’occasionner des dégâts ! Au total, 9 espèces indigènes peuvent être piégées toute l’année et tirées hors période de chasse… Pourtant, tous ces animaux
sont des êtres vivants, sensibles et indispensables dans la nature ! Certains ont même des capacités cognitives extraordinaires.

Geai des chênes  

Le geai des chênes, reboiseur et sentinelle de la forêt

Le geai des chênes est un oiseau qui vit en milieu forestier, avec une prédilection pour les forêts de feuillus, mêlées ou non avec des conifères. L’hiver, toutefois, il n’hésite pas à s’inviter dans notre jardin pour profiter de la mangeoire ou sautiller dans l’herbe pour se nourrir au sol.
Le geai des chênes a un régime omnivore à dominante végétale, basé essentiellement sur la consommation de glands. Les glands sont consommés toute l’année et peuvent représenter 70 % à 80 % de son alimentation.
Considéré comme susceptible d’occasionner des dégâts dans 5 départements, il peut être détruit à tir mais aussi piégé dans les vergers et les vignobles une grande partie de l’année.

Que lui reproche-t-on au juste ?

Le geai peut localement causer des dommages aux plantations d’arbres fruitiers. Concernant la faune sauvage, le prélèvement de petits animaux qu’il peut effectuer participe au fonctionnement naturel de l’écosystème et ne peut être qualifié de dégât.

Le classement du geai des chênes comme ESOD3 est profondément injustifié

Tout d’abord, il est aisé de le tenir à distance des vergers et arboricultures en utilisant les moyens classiques d’effarouchement non létaux, durant les périodes sensibles où les fruits arrivent à maturité : techniques visuelles - épouvantails, objets mobiles - ou sonores : diffusion de cris de détresse. Des filets peuvent aussi être utilisés pour protéger les arbres, lorsque les surfaces sont petites.

Par ailleurs, cette espèce joue un rôle clef au sein des écosystèmes, qui doit être pris en compte.

Le geai des chênes, premier reboiseur européen

Oiseau typiquement forestier, le geai des chênes entretient des relations privilégiées avec le chêne. L’arbre fournit la nourriture à l’oiseau qui, en retour, assure sa régénération sur plusieurs kilomètres. Le geai des chênes possède un rôle essentiel dans le fonctionnement des forêts. L’oiseau est capable de stocker jusqu’à neuf glands dans son jabot, et de les transporter de cette façon sur plusieurs kilomètres. Chaque oiseau disperse annuellement 4 600 glands, et lorsque l’espèce est protégée strictement, les forêts accueillent un couple tous les 5 hectares. Dans ce cas, l’impact sur les régénérations naturelles est très élevé. Les semis effectués par notre oiseau sont facilement reconnaissables, car les geais laissent une marque en forme de V sur le gland. Grâce à cette empreinte, on peut dire que dans l’ensemble des régénérations naturelles contrôlées, 59 % au moins des plantules sont issues de glands semés par le geai.

La sentinelle de la forêt

Le geai des chênes est un oiseau guetteur, dont le cri strident est réputé alerter ses congénères, mais aussi une partie des animaux des sous-bois et de la forêt, à l’approche d’un prédateur ou d’un intrus.
L’écureuil roux et le renard savent exploiter ces informations. C’est pourquoi on le surnomme la sentinelle de la forêt.

 

Notre demande

Retirer le geai des chênes de la liste des ESOD. Utiliser des mesures d’effarouchement non létales en cas de dégâts avérés.
 
Pie bavarde  

La pie bavarde, la mal-aimée

Victime de préjugés néfastes, injustifiés et tenaces, la pie bavarde est facilement repérable avec sa robe blanc et noir, sa longue queue et son bec puissant. Dans les années 1950, la pie fréquentait presque uniquement les milieux agricoles, mais la tendance s’est inversée et aujourd’hui elle est présente majoritairement dans les villes et les villages. Il semble que les raisons de ce changement tiennent à l’évolution de l’environnement urbain : moindre présence de corneilles - prédatrices des nids de pie -, importance des ressources alimentaires, et plus grand nombre de sites de nidification.
Classée susceptible d’occasionner des dégâts dans 50 départements, la pie est une espèce commune opportuniste très chassée, trop piégée. Elle fait l’objet d’une persécution sans commune mesure pour des faits inexistants sur les activités économiques humaines.

Que lui reproche-t-on au juste ?

La pie n’est pas mentionnée dans les documents issus du monde agricole comme une espèce provoquant des dégâts agricoles, contrairement à la corneille noire, au corbeau freux et à l’étourneau sansonnet, qui sont les principaux oiseaux déprédateurs de certaines cultures.
La pie bavarde peut occasionner des dégâts sur les arbres fruitiers - fruits à noyau : cerises, prunes, pêches, mais pas les pommes ni les poires - et en maraîchage, mais les dommages sont localisés et ne justifient pas le classement nuisible de la pie sur des départements entiers. La seule étude scientifique existante sur la prédation dans les élevages en plein air, conduite par l’ONCF, n’a recensé aucune prédation imputable à la pie bavarde.

Si la pie passe pour piller les nids des autres oiseaux, et en particulier des petits passereaux, les études montrent qu’en réalité la part des vertébrés dans son régime alimentaire reste faible, et que seuls 2 % de son régime alimentaire comprennent des restes de poussins.

Le classement de la pie bavarde comme ESOD est profondément injustifié.

D’après les données du STOC, la population de pies bavardes a chuté de 16 % entre 2002 et 2016. Simultanément au déclin observé en milieu agricole, qui s’est traduit par une chute de 76 % des effectifs de pie en zone rurale - données STOC -, il s’est produit une dispersion des oiseaux dans les villes, ce qui conduit au paradoxe d’une espèce perçue par le public comme proliférant, alors qu’elle est partout en baisse. Il est invraisemblable d’exercer des actes de destruction sur une espèce qui a subi un tel déclin ! La France, qui héberge avec la Russie une grande partie de la population de pie bavarde européenne, ne prend pas la mesure de la responsabilité de ses décisions sur l’état de la population européenne.
Par ailleurs, des solutions non létales sont les dommages en maraîchage et en arboriculture, les techniques d’effarouchement classiques utilisées avec les corvidés s’appliquent également, qu’elles soient visuelles ou sonores.
Comme pour la plupart des espèces, les destructions sont inefficaces, car elles sont aussitôt compensées par l’arrivée de nouveaux oiseaux et l’adaptation des paramètres démographiques.
Enfin cette espèce joue un rôle clef au sein des écosystèmes, qui doit être pris en compte.

Un rôle de nettoyeuse

La pie joue un rôle sanitaire très important, puisqu’elle est nécrophage et contribue à nettoyer le sol des déchets organiques. Dans les jardins, elle permet d’éliminer de nombreux insectes et limaces.

Une planteuse d’arbres

La pie bavarde est également une espèce qui joue un rôle de disperseur de graines, et participe ainsi au repeuplement naturel des espèces végétales.

Un rôle crucial dans les écosystèmes

La pie bavarde est la seule espèce assurant la survie des populations de coucous geais (Clamator glandarius), espèce menacée et patrimoniale, qui pratique le parasitisme de couvée et de soin parental sur les nids de cette dernière (Cahiers d’Habitat Oiseaux - MnHn). Ceci démontre que le rôle unique d’espèce-hôte de la pie bavarde n’est pas pris en compte dans les classements ESOD.

 

La pie : espèce protégée au Luxembourg et en Belgique

Dans ces deux pays, des opérations de régulation ou de destruction sont impossibles pour cette espèce, sans l’obtention de dérogations sous certaines conditions très encadrées par la législation nationale.

En Suisse, dans le canton de Genève, sa chasse est interdite depuis 1974, et la pie ne fait pas l’objet de destruction.

 
 

......
Notre demande

  • Retirer la pie bavarde de la liste des ESOD.
  • Utiliser des mesures d’effarouchement non létales en cas de dégâts avérés.
 

51 associations de protection de la nature et des animaux demandent au Ministère de l’écologie
un audit sur la réglementation des animaux susceptibles d’occasionner des dégâts (ex nuisibles)

 

Pétition
Pour une juste évaluation de la réglementation des animaux dits nuisibles

.....
.
Espèces Susceptibles d’Occasionner des Dégâts
.
Corneilles, geais des chênes… Ces ESOD sensibles, utiles et intelligentes !

..............
Des associations ont demandé la mise en place d’un audit de la réglementation relative aux ESOD et la façon dont celle-ci s’applique sur le terrain dans un courrier adressé au Ministère de la Transition Écologique (MTE). Des membres bénévoles d’Associations de Protection de la Nature de 21 départements qui siègent en CDCFS, ont tour à tour interpellé le MTE au travers de l’envoi du courrier mentionné ci-dessus, directement ou via leurs députés. En parallèle, deux députés de la région Grand Est ont envoyé fin 2019 des questions écrites au MTE, qui, malgré ces multiples sollicitations, est resté à ce jour muet sur cette question. Animal Cross, qui coordonne le collectif Auvergne-Rhône-Alpes, a donc décidé de passer à la vitesse supérieure et de rédiger une pétition adressée au Ministère de la Transition Écologique, afin que le grand public ait connaissance de ce qui se trame au sein de ces commissions CDCFS, et pousse le gouvernement à mettre en place l’audit souhaité.

 
 
.....
L’esprit d’Animal Cross
   

......

....
Animal Cross est une association française, libre de tout lien politique, confessionnel ou doctrinal.
Elle réunit des militants qui souhaitent mettre leur énergie, leur temps ou leur argent au service de tous les animaux, et a pour objet :

  • la protection et la défense de tous les animaux,
  • la diminution de la souffrance animale causée par l’homme,
  • la promotion de méthodes alternatives pour alléger et/ou supprimer la souffrance animale,
  • la promotion d’une meilleure prise en compte des intérêts des animaux,
  • la protection de l’environnement.

Et ce par tous les moyens appropriés et légaux.
animal-cross.org