Avec 200 projets accompagnés depuis 2017, les démarches
Bâtiments et Quartiers durables franciliens sont désormais
incontournables dans l’écosystème de l’immobilier
régional. De nombreuses maîtrises d’ouvrage publiques
comme privées rejoignent Ekopolis pour améliorer la qualité
environnementale de leurs projets, tout en faisant progresser les connaissances
et les pratiques de toutes et tous. Co-construit et animé avec
des professionnels engagés - maîtres d’ouvrage, architectes,
paysagistes, urbanistes, bureaux d’études et entreprises
du bâtiment -, l’accompagnement BDF et QDF pousse chaque équipe
à trouver ensemble les solutions qui viendront améliorer
les performances
environnementales et la valeur sociétale de son projet, tout en
préservant qualité d’usage, qualité architecturale
et équilibre économique.
C’est là toute la puissance de l’intelligence collective
! Jacques Baudrier, Président d’Ekopolis, Adjoint à
la Maire de Paris
en charge du logement et de la transition écologique du bâti
; Véronique Pappe, Directrice d’Ekopolis
Les
démarches
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Des
démarches qui transforment l’Île-de-France
Cela
se traduit concrètement par une priorité donnée
à la réhabilitation plutôt qu’à
la démolition, au bioclimatisme plutôt qu’à
la climatisation, à la sobriété des matériaux
et des équipements, à une gestion raisonnée
de l’eau… Bref, une approche low-tech qui, grâce
à une méthode éprouvée et un petit
apport supplémentaire de matière grise dès
l’amont des projets, permet d’économiser les
ressources et de garantir le confort des usagers.
À travers cette publication, nous sommes heureux de vous
présenter quelques-unes des opérations les plus
emblématiques parmi les 200 accompagnées. En espérant
qu’elles vous inspireront, nous vous invitons à rejoindre
la communauté d’acteurs et d’actrices qui,
avec Ekopolis, bâtissent l’Île-de-France de
demain !
BDF
et QDF : l’intelligence collective en action
Avec
plus de 200 opérations de bâtiments et une dizaine
à l’échelle de l’aménagement,
les démarches portées par Ekopolis participent activement
à la transformation des projets franciliens en construction
neuve, réhabilitation et renouvellement urbain.
La méthode proposée, également déployée
par d’autres associations dans six régions françaises*,
invite à faire un véritable pas de côté,
via une approche hautement participative et pédagogique.
L’évaluation est réalisée en interne
par un acteur clé, membre de l’équipe projet
: l’Accompagnateur BDF ou QDF. Ce professionnel expérimenté,
agréé et formé par Ekopolis, s’appuie
pour cela sur un référentiel multicritères
co-construit avec des professionnels franciliens.
Au-delà du projet et de l’équipe qui le porte,
c’est toute la profession qui progresse grâce aux
regards croisés partagés en Commissions publiques,
ainsi qu’aux retours d’expériences partagés
sur le site Ekopolis ou à l’occasion des multiples
événements proposés toute l’année
par l’association.
*
Ces 6 associations régionales sont réunies dans
le Collectif des démarches Quartiers et Bâtiments
durables.
Les
Commissions publiques
Incarnation
de la dimension participative des démarches, les Commissions
publiques sont organisées tous les mois dans des lieux
variés.
Les équipes des opérations engagées - l’Accompagnateur,
entouré de la maîtrise d’ouvrage, architecte,
BET, entreprises… - y défendent leur projet devant
un panel de professionnels expérimentés et indépendants,
et un public désireux de s’instruire.
Cette revue de projet se décline en trois étapes
: conception, chantier, et après deux ans d’usage,
garantissant ainsi le maintien des ambitions initiales tout au
long du projet.
À l’issue d’un temps de présentation
et d’échanges, les membres de Commission analysent
la cohérence durable de chaque projet, formulent avec bienveillance
leurs suggestions pour l’améliorer, avant de lui
décerner un niveau de reconnaissance : Cap, Bronze, Argent
ou Or*. Ce panel est volontairement pluridisciplinaire, et tous
les professionnels impliqués disposent d’une expérience
confirmée en construction et/ou aménagement durable.
Les Commissions représentent aujourd’hui un rendez-vous
incontournable pour tous les professionnels désireux de
monter en compétences, leur permettant de découvrir
de l’intérieur des projets remarquables, dans un
esprit d’entraide et de partage.
* Le niveau de reconnaissance obtenu est provisoire
jusqu’au dernier passage de l’opération en
Commission usage. |

L’opération
est accompagnée dès la programmation ou la conception
- au plus tard à l’APS -, et jusqu’à deux
ans après la livraison. Pendant toute cette période,
Ekopolis est aux côtés de l’équipe projet
et l’aide, étape par étape, à mettre
en œuvre au mieux la démarche. |
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La
démarche BDF, c’est une véritable chance de
faire collaborer
tous les acteurs d’un projet. Fabien Gantois, Architecte,
vice-président de l’Ordre national des architectes |
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Chiffres
2024
200 Opérations BDF - 10
Opérations QDF
1 800 000 m² Surface de plancher
(SDP) |
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©
Ekopolis
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La
Commission a été l’occasion de prouver, devant
tous les professionnels
du secteur, que notre parti-pris de renoncer à la démolition
avait du sens
sur le plan environnemental et financier ! Sarah Tartarin,
Ingénieure environnement et gérante, GERA’nium |
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Types
de maîtrise d’ouvrage : 53% Maîtrise d’ouvrage
publique ; 34% Maîtrise d’ouvrage privée ;
13% Bailleurs sociaux
Types
de travaux : 49% Construction neuve ; 22% Réhabilitation
; 17% Mixte
Types
de programme : 12% Démolition-Reconstruction ; 50%
Équipements ; 34% Logements ; 16% Tertiaire et autres |
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Les
quatre totems des démarches |
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Réhabilitation
:
Les
ressources ne sont
pas infinies ; en ce sens, la réhabilitation n’est
plus une option et la démolition n’est pas de fait
quelque chose d’acté. Il faut faire évoluer
les pratiques à tous les niveaux en intégrant le
changement climatique comme fondement de réflexion, sans
pour autant faire de compromis sur la qualité des espaces
et les besoins des usagers.
Vera Matovic,
Architecte dirigeante,
Savoir-Fair Architecture
©
Tom Klapisz |
Réhabilitation
:
Conserver l’existant plutôt qu’artificialiser
ou démolir
L’étalement
urbain contribue au changement climatique et au déclin
de la biodiversité. En réduisant les capacités
de stockage de carbone du sol et l’infiltration des eaux
pluviales, l’artificialisation augmente les risques naturels,
dont les phénomènes d’îlots de chaleur
urbains. Elle fragmente et détruit les milieux naturels.
En Île-de-France, région la plus artificialisée
de France, faire la ville sur elle-même est une priorité.
La réhabilitation évite de démolir et utilise
le déjà-là. Elle limite la production de
déchets et les émissions liées à la
fabrication des matériaux : les fondations et la superstructure
sont souvent les lots les plus impactants du bilan carbone d’un
bâtiment. En réinterprétant des bâtiments
vacants, avec en perspective l’amélioration des conditions
de confort et la diminution des consommations, la réhabilitation
permet de revitaliser des quartiers. Enfin, par l’attention
qu’elle porte aux spécificités des matériaux
du bâti ancien, elle s’appuie sur et valorise les
filières locales de matériaux économes en
ressources à haute valeur humaine.
Bioclimatisme
:
Rafraîchir en favorisant les dispositifs sobres et low-tech
Quel
que soit le scénario ou les projections climatiques pris
en compte pour les années à venir, les vagues de
chaleur vont s’intensifier et se multiplier. Ces périodes
extrêmes ont un impact direct sur notre santé, voire
la survie, notamment des personnes fragiles ou surexposées.
L’Île-de-France, par ses fortes densités bâties
et de population, est particulièrement concernée.
L’installation de systèmes de climatisation ou de
rafraîchissement actif est à envisager en dernier
recours ou dans des zones refuge collectives : ils aggravent le
phénomène d’îlot de chaleur en diffusant
de l’air chaud, ils sont consommateurs d’énergie
et ils utilisent des fluides frigorigènes composés
de gaz à effet de serre.
Dès la phase de programmation, des stratégies d’adaptation
bioclimatiques sont à appliquer à toutes les échelles
de projet pour favoriser des formes urbaines et architecturales
adaptées aux futures conditions climatiques. Il faut avant
tout se protéger de la chaleur, comme ménager des
zones d’ombre, isoler avec des matériaux à
forte inertie, ou installer des protections solaires, puis limiter
la température de l’air en renforçant par
exemple la présence de végétation, de l’eau
ou de courants d’air. En cas de longue et intense vague
de chaleur, les systèmes passifs peuvent être insuffisants.
Des systèmes de rafraîchissement sobres et low-tech
tirant parti des ressources locales, mais aussi des adaptations
comportementales - habitudes vestimentaires, densité de
personnes, adaptation des horaires… - sont à imaginer.
Sobriété
matière :
Privilégier les matériaux économes en ressources
et locaux
Le
secteur du bâtiment représente 46% des émissions
de GES de l’Île-de-France et la construction représente
60% de l’empreinte carbone d’un bâtiment neuf
sur l’ensemble de son cycle de vie. Les chantiers de bâtiments
et travaux publics sont les principaux producteurs de déchets.
Il y a donc un enjeu à mettre en œuvre des matériaux
économes en matières premières rares, épuisables
et fabriquées à partir de combustibles fossiles.
Il s’agit des matériaux biosourcés - composés
de ressources d’origine végétale ou animale
: bois, lin, chanvre, paille, laine… -, géosourcés
- terre crue, pierre… - et de réemploi.
Ces matériaux limitent les émissions carbone en
réduisant la part de produits neufs, via le réemploi,
ou en stockant du carbone, via le carbone biogénique des
biosourcés. Ils ont un impact positif sur le territoire,
en développant les filières économiques locales
et leur reconditionnement, transformation ou mise en œuvre
nécessitent une main d’œuvre plus importante
que les filières conventionnelles. Ce sont également
des matériaux dont on peut tracer toutes les étapes
de transformation, de la matière première au chantier,
permettant ainsi de privilégier les ressources les plus
locales possibles et d’assurer une grande cohérence
dans la démarche de sobriété matière.
Zéro
rejet :
Infiltrer l’eau de pluie au plus près de son point
de chute
L’imperméabilisation
des sols a plusieurs impacts : elle limite l’infiltration
de l’eau dans les sols, et donc la recharge des nappes phréatiques,
et oblitère les conditions d’un sol vivant ; elle
augmente le ruissellement des eaux sur les voiries, et elle accentue
les risques d’inondations et de surcharge des réseaux
d’évacuations. À fortiori lors des épisodes
de fortes pluies, de plus en plus fréquents et intenses
en volume et en durée. Il y a donc un enjeu à concevoir
des aménagements permettant de gérer les eaux pluviales
à la parcelle, au plus près du point de chute, et
sans rejet aux réseaux.
Plusieurs stratégies complémentaires sont possibles
: l’infiltration, l’abattement par le sol et la végétation,
et le stockage en vue de la réutilisation. La conservation
et le renforcement de surfaces végétalisées,
préférablement en pleine terre et avec plusieurs
strates arborées, est une des actions les plus efficaces.
Cette démarche a des répercussions positives sur
d’autres enjeux environnementaux, notamment : elle limite
l’artificialisation des sols, réduit le phénomène
d’îlot de chaleur, préserve la biodiversité,
et reconnecte les usagers au vivant. Le stockage des eaux pluviales
permet pour sa part de créer une réserve d’eau
à utiliser en alternative à l’eau douce et
potable pour des usages adaptés. Quels que soient les aménagements,
la gestion gravitaire et low-tech est favorable à long
terme.
Campus
Muséum Brunoy (91)
©
Groupe-6 Architectes (image KDSL) |
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Bioclimatisme
:
C’est
important de créer
des ambiances variées
avec des espaces refuges naturellement frais, comme des caves
ou des espaces extérieurs ombragés
et ventilés.
Héloïse Pelen,
Ingénieure réhabilitation environnementale
du patrimoine bâti,
P-Tréma
Médiathèque
James Baldwin
et Maison des réfugiés,
Paris (XIXe) ©
Pierre-Yves Brunaud
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Sobriété
matière :
À
l’échelle du projet, le coût de fourniture
de la botte de paille est quasi négligeable. Par contre,
le besoin de main d’œuvre est bien plus important et
représente les deux tiers du coût des travaux. En
tant que maître d’ouvrage public, c’est une
vraie opportunité pour mobiliser des chantiers
d’insertion et une redistribution
économique locale.
Benoit Quertier
Chef de service patrimoine, Direction Territoriale Est, Paris
Habitat
Rénovation
de la maternelle Bois-Perrier, Rosny-sous-Bois (93)
©
Rosny-sous-Bois
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Zéro
rejet :
En
temps de pluie, de nombreux réseaux d’assainissement
sont surchargés et rejettent régulièrement
des eaux polluées dans les milieux naturels, notamment
la Seine. Développer des dispositifs de gestion des eaux
pluviales à la source permet de réduire les volumes
d’eau à gérer par les réseaux d’assainissement.
Julien Dibilly, Chargé d’opération, Agence
de l’Eau Seine Normandie |
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Logements
: Les Pierres Sauvages - Pantin (93)
Construction
de 66 logements dont 22 sociaux, un centre municipal de santé,
des commerces et locaux d’activités, 58 emplacements
de stationnement |
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Figure
de proue du quartier de la gare de Pantin, dont la future ZAC
est engagée dans la démarche Quartiers durables
franciliens, le projet Les Pierres Sauvages convainc
par sa programmation qui fait écho aux exigences environnementales
de la Ville, et répond au déficit de logements.
On y retrouve des logements sociaux et en accession, des commerces,
ainsi que le nouveau Centre Municipal de Santé Sainte-Marguerite,
et des cabinets libéraux au rez-de-chaussée, destinés
à couvrir une partie des besoins du territoire.
Promoteur engagé dans l’écoconstruction, REI
Habitat, accompagné par les agences Palast et Des Clics
et des Calques, s’illustre ici encore par des choix vertueux
pour éviter au maximum le recours au béton. Le système
constructif est en structure bois, avec des façades en
pierres porteuses et des isolants biosourcés. Les logements
répondent aux principes de l’architecture bioclimatique
: traversants, ils favorisent la ventilation naturelle et améliorent
le confort d’été. L’installation d’une
chaufferie biomasse prend quant à elle le relais pour l’hiver,
avec un raccord possible au réseau de chaleur urbain. La
parcelle permet enfin l’infiltration des eaux pluviales,
grâce à des jardins en pleine terre et des toitures
terrasses végétalisées, futurs supports de
biodiversité. |

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Surface
de plancher : 6 637 m² - Maîtrise d’ouvrage
: REI Habitat
Architectes : Des Clics et des Calques, Palast
Assistance à maîtrise d’ouvrage : Athlance,
Remake, ARP Astrance
Bureaux d’études techniques : Grue, EVP, IPC,
BCA, Aïda, AGi2D
Entreprises : Léon Grosse, Construire en végétal,
ACDF, MJ Pierres
Accompagnement BDF : François Vibert - Montant
travaux : 18 M€ HT
Phase : Livraison 2025 - Reconnaissance (V2.3)
: Or en phase conception |
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Évaluation
BDF
Gestion
de projet : 92% - Territoire et site : 86% - Solidaire : 83% -
Energie : 84%
Eau : 83% - Matériaux et ressources : 63% - Confort et
santé : 88% |
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.Bâtiments
et Quartiers durables franciliens
-
200 projets pour transformer le territoire
..............
Au
fil des 200 projets engagés, célébrés
ici à travers une sélection resserrée
et agrémentée de témoignages,
les démarches BDF et QDF offrent un vivier
inépuisable de retours d’expériences
utiles à toutes et tous. Puissiez-vous vous
en inspirer pour mettre en œuvre toutes vos ambitions
! Du bâtiment au quartier, des premiers acteurs
pionniers à la centaine de maîtrises
d’ouvrage désormais embarquées,
les démarches d’Ekopolis ont fait du
chemin depuis 2017. Dans leur sillage, des milliers
de professionnels engagés, et de nombreuses
questions : construire, encore ? Réhabiliter,
comment ? Pour quel impact ? Et quel confort d’usage
?
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Si ces questions se posent
toujours, des réponses émergent avec netteté,
et Ekopolis tente aujourd’hui par cet ouvrage
de poser les contours de projets à l’impact
le plus réduit possible sur nos sols, nos paysages,
nos ressources, notre santé.
Découvrez les quatre totems qui porteront
vos réflexions plus loin sur la réhabilitation,
le bioclimatisme,
les matériaux économes en ressources et
la gestion des eaux de pluie.
Tout savoir sur les démarches Bâtiments
et Quartiers durables franciliens (BDF/QDF) :
Les démarches BDF et QDF n’existeraient
pas sans la confiance, l’enthousiasme et l’engagement
de tous les professionnels
qui ont contribué à sa création
et continuent à l’animer : membres de Commissions,
bénévoles des groupes de travail,
équipes projet, participants aux Commissions,
ainsi que nos administrateurs et toute l’équipe
d’Ekopolis.
Qu’ils soient ici chaleureusement remerciés.
ekopolis.fr
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