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Bâtiments et Quartiers durables franciliens
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200 projets pour transformer le territoire
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(1) Les démarches
Les quatre totems des démarches

Logements : Les Pierres Sauvages - Pantin (93)
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Avec 200 projets accompagnés depuis 2017, les démarches Bâtiments et Quartiers durables franciliens sont désormais incontournables dans l’écosystème de l’immobilier régional. De nombreuses maîtrises d’ouvrage publiques comme privées rejoignent Ekopolis pour améliorer la qualité environnementale de leurs projets, tout en faisant progresser les connaissances et les pratiques de toutes et tous. Co-construit et animé avec des professionnels engagés - maîtres d’ouvrage, architectes, paysagistes, urbanistes, bureaux d’études et entreprises du bâtiment -, l’accompagnement BDF et QDF pousse chaque équipe à trouver ensemble les solutions qui viendront améliorer les performances
environnementales et la valeur sociétale de son projet, tout en préservant qualité d’usage, qualité architecturale et équilibre économique.
C’est là toute la puissance de l’intelligence collective !
Jacques Baudrier, Président d’Ekopolis, Adjoint à la Maire de Paris
en charge du logement et de la transition écologique du bâti ; Véronique Pappe, Directrice d’Ekopolis

Les démarches  

Des démarches qui transforment l’Île-de-France

Cela se traduit concrètement par une priorité donnée à la réhabilitation plutôt qu’à la démolition, au bioclimatisme plutôt qu’à la climatisation, à la sobriété des matériaux et des équipements, à une gestion raisonnée de l’eau… Bref, une approche low-tech qui, grâce à une méthode éprouvée et un petit apport supplémentaire de matière grise dès l’amont des projets, permet d’économiser les ressources et de garantir le confort des usagers.
À travers cette publication, nous sommes heureux de vous présenter quelques-unes des opérations les plus emblématiques parmi les 200 accompagnées. En espérant qu’elles vous inspireront, nous vous invitons à rejoindre la communauté d’acteurs et d’actrices qui, avec Ekopolis, bâtissent l’Île-de-France de demain !

BDF et QDF : l’intelligence collective en action

Avec plus de 200 opérations de bâtiments et une dizaine à l’échelle de l’aménagement, les démarches portées par Ekopolis participent activement à la transformation des projets franciliens en construction neuve, réhabilitation et renouvellement urbain.
La méthode proposée, également déployée par d’autres associations dans six régions françaises*, invite à faire un véritable pas de côté, via une approche hautement participative et pédagogique. L’évaluation est réalisée en interne par un acteur clé, membre de l’équipe projet : l’Accompagnateur BDF ou QDF. Ce professionnel expérimenté, agréé et formé par Ekopolis, s’appuie pour cela sur un référentiel multicritères co-construit avec des professionnels franciliens.
Au-delà du projet et de l’équipe qui le porte, c’est toute la profession qui progresse grâce aux regards croisés partagés en Commissions publiques, ainsi qu’aux retours d’expériences partagés sur le site Ekopolis ou à l’occasion des multiples événements proposés toute l’année par l’association.
* Ces 6 associations régionales sont réunies dans le Collectif des démarches Quartiers et Bâtiments durables.

Les Commissions publiques

Incarnation de la dimension participative des démarches, les Commissions publiques sont organisées tous les mois dans des lieux variés.
Les équipes des opérations engagées - l’Accompagnateur, entouré de la maîtrise d’ouvrage, architecte, BET, entreprises… - y défendent leur projet devant un panel de professionnels expérimentés et indépendants, et un public désireux de s’instruire.
Cette revue de projet se décline en trois étapes : conception, chantier, et après deux ans d’usage, garantissant ainsi le maintien des ambitions initiales tout au long du projet.
À l’issue d’un temps de présentation et d’échanges, les membres de Commission analysent la cohérence durable de chaque projet, formulent avec bienveillance leurs suggestions pour l’améliorer, avant de lui décerner un niveau de reconnaissance : Cap, Bronze, Argent ou Or*. Ce panel est volontairement pluridisciplinaire, et tous les professionnels impliqués disposent d’une expérience confirmée en construction et/ou aménagement durable.
Les Commissions représentent aujourd’hui un rendez-vous incontournable pour tous les professionnels désireux de monter en compétences, leur permettant de découvrir de l’intérieur des projets remarquables, dans un esprit d’entraide et de partage.
* Le niveau de reconnaissance obtenu est provisoire jusqu’au dernier passage de l’opération en Commission usage.


L’opération est accompagnée dès la programmation ou la conception - au plus tard à l’APS -, et jusqu’à deux ans après la livraison. Pendant toute cette période, Ekopolis est aux côtés de l’équipe projet et l’aide, étape par étape, à mettre en œuvre au mieux la démarche.
 
La démarche BDF, c’est une véritable chance de faire collaborer
tous les acteurs d’un projet.
Fabien Gantois, Architecte,
vice-président de l’Ordre national des architectes
 
Chiffres 2024
200 Opérations BDF - 10 Opérations QDF
1 800 000 m² Surface de plancher (SDP)
 


© Ekopolis

 
La Commission a été l’occasion de prouver, devant tous les professionnels
du secteur, que notre parti-pris de renoncer à la démolition avait du sens
sur le plan environnemental et financier !
Sarah Tartarin,
Ingénieure environnement et gérante, GERA’nium
 

Opérations BDF

Types de maîtrise d’ouvrage : 53% Maîtrise d’ouvrage publique ; 34% Maîtrise d’ouvrage privée ; 13% Bailleurs sociaux
Types de travaux : 49% Construction neuve ; 22% Réhabilitation ; 17% Mixte
Types de programme : 12% Démolition-Reconstruction ; 50% Équipements ; 34% Logements ; 16% Tertiaire et autres
 

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Les quatre totems des démarches

 

 

Réhabilitation :

Les ressources ne sont
pas infinies ; en ce sens, la réhabilitation n’est plus une option et la démolition n’est pas de fait quelque chose d’acté. Il faut faire évoluer les pratiques à tous les niveaux en intégrant le changement climatique comme fondement de réflexion, sans pour autant faire de compromis sur la qualité des espaces et les besoins des usagers.

Vera Matovic,
Architecte dirigeante,
Savoir-Fair Architecture

 

© Tom Klapisz

Réhabilitation :
Conserver l’existant plutôt qu’artificialiser ou démolir

L’étalement urbain contribue au changement climatique et au déclin de la biodiversité. En réduisant les capacités de stockage de carbone du sol et l’infiltration des eaux pluviales, l’artificialisation augmente les risques naturels, dont les phénomènes d’îlots de chaleur urbains. Elle fragmente et détruit les milieux naturels.
En Île-de-France, région la plus artificialisée de France, faire la ville sur elle-même est une priorité.
La réhabilitation évite de démolir et utilise le déjà-là. Elle limite la production de déchets et les émissions liées à la fabrication des matériaux : les fondations et la superstructure sont souvent les lots les plus impactants du bilan carbone d’un bâtiment. En réinterprétant des bâtiments vacants, avec en perspective l’amélioration des conditions de confort et la diminution des consommations, la réhabilitation permet de revitaliser des quartiers. Enfin, par l’attention qu’elle porte aux spécificités des matériaux du bâti ancien, elle s’appuie sur et valorise les filières locales de matériaux économes en ressources à haute valeur humaine.

Bioclimatisme :
Rafraîchir en favorisant les dispositifs sobres et low-tech

Quel que soit le scénario ou les projections climatiques pris en compte pour les années à venir, les vagues de chaleur vont s’intensifier et se multiplier. Ces périodes extrêmes ont un impact direct sur notre santé, voire la survie, notamment des personnes fragiles ou surexposées. L’Île-de-France, par ses fortes densités bâties et de population, est particulièrement concernée. L’installation de systèmes de climatisation ou de rafraîchissement actif est à envisager en dernier recours ou dans des zones refuge collectives : ils aggravent le phénomène d’îlot de chaleur en diffusant de l’air chaud, ils sont consommateurs d’énergie et ils utilisent des fluides frigorigènes composés de gaz à effet de serre.
Dès la phase de programmation, des stratégies d’adaptation bioclimatiques sont à appliquer à toutes les échelles de projet pour favoriser des formes urbaines et architecturales adaptées aux futures conditions climatiques. Il faut avant tout se protéger de la chaleur, comme ménager des zones d’ombre, isoler avec des matériaux à forte inertie, ou installer des protections solaires, puis limiter la température de l’air en renforçant par exemple la présence de végétation, de l’eau ou de courants d’air. En cas de longue et intense vague de chaleur, les systèmes passifs peuvent être insuffisants. Des systèmes de rafraîchissement sobres et low-tech tirant parti des ressources locales, mais aussi des adaptations comportementales - habitudes vestimentaires, densité de personnes, adaptation des horaires… - sont à imaginer.

Sobriété matière :
Privilégier les matériaux économes en ressources et locaux

Le secteur du bâtiment représente 46% des émissions de GES de l’Île-de-France et la construction représente 60% de l’empreinte carbone d’un bâtiment neuf sur l’ensemble de son cycle de vie. Les chantiers de bâtiments et travaux publics sont les principaux producteurs de déchets. Il y a donc un enjeu à mettre en œuvre des matériaux économes en matières premières rares, épuisables et fabriquées à partir de combustibles fossiles. Il s’agit des matériaux biosourcés - composés de ressources d’origine végétale ou animale : bois, lin, chanvre, paille, laine… -, géosourcés - terre crue, pierre… - et de réemploi.
Ces matériaux limitent les émissions carbone en réduisant la part de produits neufs, via le réemploi, ou en stockant du carbone, via le carbone biogénique des biosourcés. Ils ont un impact positif sur le territoire, en développant les filières économiques locales et leur reconditionnement, transformation ou mise en œuvre nécessitent une main d’œuvre plus importante que les filières conventionnelles. Ce sont également des matériaux dont on peut tracer toutes les étapes de transformation, de la matière première au chantier, permettant ainsi de privilégier les ressources les plus locales possibles et d’assurer une grande cohérence dans la démarche de sobriété matière.

Zéro rejet :
Infiltrer l’eau de pluie au plus près de son point de chute

L’imperméabilisation des sols a plusieurs impacts : elle limite l’infiltration de l’eau dans les sols, et donc la recharge des nappes phréatiques, et oblitère les conditions d’un sol vivant ; elle augmente le ruissellement des eaux sur les voiries, et elle accentue les risques d’inondations et de surcharge des réseaux d’évacuations. À fortiori lors des épisodes de fortes pluies, de plus en plus fréquents et intenses en volume et en durée. Il y a donc un enjeu à concevoir des aménagements permettant de gérer les eaux pluviales à la parcelle, au plus près du point de chute, et sans rejet aux réseaux.
Plusieurs stratégies complémentaires sont possibles : l’infiltration, l’abattement par le sol et la végétation, et le stockage en vue de la réutilisation. La conservation et le renforcement de surfaces végétalisées, préférablement en pleine terre et avec plusieurs strates arborées, est une des actions les plus efficaces. Cette démarche a des répercussions positives sur d’autres enjeux environnementaux, notamment : elle limite l’artificialisation des sols, réduit le phénomène d’îlot de chaleur, préserve la biodiversité, et reconnecte les usagers au vivant. Le stockage des eaux pluviales permet pour sa part de créer une réserve d’eau à utiliser en alternative à l’eau douce et potable pour des usages adaptés. Quels que soient les aménagements, la gestion gravitaire et low-tech est favorable à long terme.

Campus Muséum Brunoy (91) © Groupe-6 Architectes (image KDSL)

 

Bioclimatisme :

C’est important de créer
des ambiances variées
avec des espaces refuges naturellement frais, comme des caves ou des espaces extérieurs ombragés
et ventilés.

Héloïse Pelen,
Ingénieure réhabilitation environnementale
du patrimoine bâti,
P-Tréma

 

Médiathèque James Baldwin
et Maison des réfugiés,
Paris (XIXe)
© Pierre-Yves Brunaud

 

Sobriété matière :

À l’échelle du projet, le coût de fourniture de la botte de paille est quasi négligeable. Par contre, le besoin de main d’œuvre est bien plus important et représente les deux tiers du coût des travaux. En tant que maître d’ouvrage public, c’est une vraie opportunité pour mobiliser des chantiers
d’insertion et une redistribution
économique locale.

Benoit Quertier
Chef de service patrimoine, Direction Territoriale Est, Paris Habitat

Rénovation de la maternelle Bois-Perrier, Rosny-sous-Bois (93)
© Rosny-sous-Bois

Zéro rejet :

En temps de pluie, de nombreux réseaux d’assainissement sont surchargés et rejettent régulièrement des eaux polluées dans les milieux naturels, notamment la Seine. Développer des dispositifs de gestion des eaux pluviales à la source permet de réduire les volumes d’eau à gérer par les réseaux d’assainissement.
Julien Dibilly, Chargé d’opération, Agence de l’Eau Seine Normandie

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Logements : Les Pierres Sauvages - Pantin (93)

Construction de 66 logements dont 22 sociaux, un centre municipal de santé, des commerces et locaux d’activités, 58 emplacements
de stationnement

Figure de proue du quartier de la gare de Pantin, dont la future ZAC est engagée dans la démarche Quartiers durables franciliens, le projet Les Pierres Sauvages convainc par sa programmation qui fait écho aux exigences environnementales de la Ville, et répond au déficit de logements. On y retrouve des logements sociaux et en accession, des commerces, ainsi que le nouveau Centre Municipal de Santé Sainte-Marguerite, et des cabinets libéraux au rez-de-chaussée, destinés à couvrir une partie des besoins du territoire.
Promoteur engagé dans l’écoconstruction, REI Habitat, accompagné par les agences Palast et Des Clics et des Calques, s’illustre ici encore par des choix vertueux pour éviter au maximum le recours au béton. Le système constructif est en structure bois, avec des façades en pierres porteuses et des isolants biosourcés. Les logements répondent aux principes de l’architecture bioclimatique : traversants, ils favorisent la ventilation naturelle et améliorent le confort d’été. L’installation d’une chaufferie biomasse prend quant à elle le relais pour l’hiver, avec un raccord possible au réseau de chaleur urbain. La parcelle permet enfin l’infiltration des eaux pluviales, grâce à des jardins en pleine terre et des toitures terrasses végétalisées, futurs supports de biodiversité.


Surface de plancher : 6 637 m² - Maîtrise d’ouvrage : REI Habitat
Architectes : Des Clics et des Calques, Palast
Assistance à maîtrise d’ouvrage : Athlance, Remake, ARP Astrance
Bureaux d’études techniques : Grue, EVP, IPC, BCA, Aïda, AGi2D
Entreprises : Léon Grosse, Construire en végétal, ACDF, MJ Pierres
Accompagnement BDF : François Vibert - Montant travaux : 18 M€ HT
Phase : Livraison 2025 - Reconnaissance (V2.3) : Or en phase conception

Évaluation BDF

Gestion de projet : 92% - Territoire et site : 86% - Solidaire : 83% - Energie : 84%
Eau : 83% - Matériaux et ressources : 63% - Confort et santé : 88%

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Bâtiments et Quartiers durables franciliens - 200 projets pour transformer le territoire

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Au fil des 200 projets engagés, célébrés ici à travers une sélection resserrée et agrémentée de témoignages, les démarches BDF et QDF offrent un vivier inépuisable de retours d’expériences utiles à toutes et tous. Puissiez-vous vous en inspirer pour mettre en œuvre toutes vos ambitions ! Du bâtiment au quartier, des premiers acteurs pionniers à la centaine de maîtrises d’ouvrage désormais embarquées, les démarches d’Ekopolis ont fait du chemin depuis 2017. Dans leur sillage, des milliers de professionnels engagés, et de nombreuses questions : construire, encore ? Réhabiliter, comment ? Pour quel impact ? Et quel confort d’usage ?

 

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Si ces questions se posent toujours, des réponses émergent avec netteté, et Ekopolis tente aujourd’hui par cet ouvrage de poser les contours de projets à l’impact le plus réduit possible sur nos sols, nos paysages, nos ressources, notre santé.
Découvrez les quatre totems qui porteront vos réflexions plus loin sur la réhabilitation, le bioclimatisme,
les matériaux économes en ressources et la gestion des eaux de pluie.
Tout savoir sur les démarches Bâtiments et Quartiers durables franciliens (BDF/QDF) :
Les démarches BDF et QDF n’existeraient pas sans la confiance, l’enthousiasme et l’engagement de tous les professionnels
qui ont contribué à sa création et continuent à l’animer : membres de Commissions, bénévoles des groupes de travail,
équipes projet, participants aux Commissions, ainsi que nos administrateurs et toute l’équipe d’Ekopolis.
Qu’ils soient ici chaleureusement remerciés.
ekopolis.fr