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Anticiper le risque inondation
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De nouvelles solutions pour adapter les territoires
au changement climatique

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(2) Les collectivités qui ont innové dans leur politique d'aménagement du territoire
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L'intensification de phénomènes d'inondation et l'accroissement de leur fréquence nécessite de penser, sur le temps long, l'aménagement
avec l'eau et non uniquement contre l'eau. La trajectoire climatique désormais de référence pour la France - +4°C en 2100 - incite d'autant plus
à améliorer les stratégies territoriales mises en œuvre pour prévenir les inondations, et tirer au plus vite les enseignements des épisodes exceptionnels récents. Le Cerema accompagne les collectivités pour
réhabiliter la place de l'eau sur leur territoire,
et dans l'ensemble de leurs projets d'aménagement.

Les collectivités qui ont innové dans leur politique d'aménagement du territoire

Redonner à l’eau sa place sur le territoire par la gestion intégrée des eaux pluviales et de surface :
Communauté urbaine Dunkerque Grand Littoral

 

Suites aux récentes inondations dans les Hauts-de-France, le Cerema a accompagné la Communauté urbaine Dunkerque (CUD) à envisager une nouvelle politique d’aménagement pour vivre avec l’eau, dans le cadre de sa compétence GEMAPI.

Le territoire de la Communauté urbaine Dunkerque Grand Littoral est un territoire très spécifique de polder où l'eau est omniprésente, et où les enjeux liés à l'eau sont exacerbés par le changement climatique : prévention des inondations continentales, submersion marine et recul du trait de côte, gestion quantitative et qualitative des eaux de surface, gestion intégrée des eaux pluviales…
Ce territoire est vulnérable au changement climatique et s'est saisi de la nécessité d'en anticiper les impacts sur la qualité et la quantité des eaux de surface. Il s’agissait également de changer de vision en prenant en compte l’eau au-delà des risques qu’elle génère, en la considérant comme une ressource, et en l’intégrant pleinement dans les pratiques d’aménagement. La CUD a ainsi eu pour ambition de construire un projet de territoire résilient autour de l'eau, en réhabilitant sa place sur le territoire, en développant une politique de gestion intégrée des eaux pluviales, et une stratégie globale et concertée de gestion des eaux de surface.

Ce projet de recherche et développement avait pour but l’élaboration d’un Plan Bleu dunkerquois afin d’améliorer la gestion locale des eaux pluviales sur les plans qualitatif et quantitatif.

Il a porté sur deux volets : eau de surface et eau en ville. Sur le premier, un benchmark international a été réalisé avec notamment des missions menées en Belgique et au Pays Bas en décembre 2023, pour visiter des sites de polders pour la gestion des ressources en eau - zones d’expansion des crues et zones de stockages - pour inspirer des solutions sur le territoire dunkerquois confronté aux mêmes problématiques. 24 interviews ont également été réalisés avec les acteurs professionnels de l’eau, dans l’objectif d’aboutir à une vision partagée de la gestion de l’eau sur le territoire dunkerquois.
Pour le second volet, quatre ateliers à destination des professionnels de l’aménagement du territoire ont été réalisés fin 2023. L’objectif est d’embarquer les acteurs dans une démarche de sensibilisation et de co-construction d’un guide de gestion des eaux pluviales dans un territoire de Polder. De plus, des ateliers de rédaction du guide sont actuellement en cours de réalisation.
Tous ces éléments ont alimenté la coconstruction du Plan Bleu, stratégie globale de gestion des eaux, qui sera d’abord déployée sur des sites démonstrateurs retenus pour expérimenter des solutions de gestion durable des eaux pluviales ou de gestion des ouvrages de drainage - wateringues -, conciliant les enjeux hydrauliques et environnementaux.


Dunkerque © AdobeStock

 

Objectif
Développer une vision globale partagée avec les partenaires et parties prenantes du territoire,
et embarquer la population et les différents acteurs sur cet enjeu.

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Développer les démarches participatives sur la culture du risque pour produire des outils adaptés au territoire :
Grenoble Alpes Métropole

Le Cerema a accompagné Grenoble Alpes Métropole dans sa démarche de compréhension des risques et vulnérabilités de son territoire, en co-élaborant avec les professionnels de l’aménagement un guide métropolitain de l’aménagement résilient en zone inondable constructible.

Un travail collaboratif pour identifier les besoins des acteurs

La Métropole de Grenoble est exposée à de multiples risques, en particulier aux inondations de plaine et de montagne, qui constituent une contrainte forte pour les acteurs de l'aménagement. Ce contexte demande la production de différents outils à destination des acteurs concernés.

Elle est engagée depuis 2017 dans une stratégie de résilience vis-à-vis des risques majeurs sur son territoire. Parmi les axes de travail de la collectivité figure l’adaptation de l’urbanisme aux aléas.

Grenoble © AdobeStock

Dans le prolongement du Plan local d’urbanisme, Grenoble Alpes Métropole et le Cerema, avec l'appui de l'Agence d'Urbanisme de la Région Grenobloise, ont animé une démarche collaborative avec les différents acteurs de la chaine de l'aménagement : aménageurs, promoteurs, concepteurs, architectes, bureau d'étude, collectivités, services de l’État… Des entretiens et trois ateliers de travail participatifs ont permis d’identifier les besoins, de sélectionner les contenus prioritaires et de stabiliser la forme du guide technique métropolitain.

Un guide pour accompagner la décision

La vocation de ce guide est d’apporter des connaissances et une aide à la décision solides aux porteurs de projets, architectes, bureaux d’études et collectivités du territoire, amenés à développer des projets d’aménagements résilients. Il se structure selon 3 échelles de projets urbains : la programmation architecturale et urbaine, le plan masse du projet urbain, le bâtiment.

Il présente aussi la vigilance à avoir sur les réseaux, et les leviers pour développer la culture du risque.

Le guide a été présenté aux acteurs du territoire dans le cadre de Grenoble, Capitale Verte de l'Europe, à l'occasion des échanges sur le thème Habiter la ville de demain. Il est aujourd'hui accessible à tous, et peut également bénéficier au-delà du territoire grenoblois.

En parallèle de la construction de ce guide, le Cerema collabore plus largement avec Grenoble Alpes Métropole dans le cadre de la mise en œuvre de sa stratégie Risques et Résilience Métropolitaine sur la culture du risque, la résilience, le risque de rupture de digue et la gestion de crise.

Survol des Alpes Maritimes après le passage de la tempête Alex - 2020 © Cerema

Choisir de renoncer à des projets d'aménagements :
Caen-Métropole et le village de Miquelon

Le changement climatique nous met au défi d’aménager le territoire aujourd’hui tout en ménageant demain, interrogeant ainsi l’opportunité et l’équilibre même de certains projets d’aménagement. Dès lors faut-il tout reconfigurer ou rediriger voire arrêter ? Et dans quelles conditions ? Le Cerema a pu fournir des données aux territoires, pour qu’ils soient en mesure d’avoir une vision plus globale des risques à venir, et de pouvoir faire le choix de renoncer à certains projets d’aménagements.

Le nouveu bassin de Caen Presqu'Île

Le projet urbain Caen Presqu’île situé sur la commune de Caen, qui allait entrer en phase opérationnel en 2023 a été mis à l’arrêt afin de tenir compte des nouvelles données sur la hausse attendue du niveau de la mer.
Les élus ont décidé d’abandonner le projet initial et réfléchissent désormais à un urbanisme transitoire pour les 30 ans à venir en parallèle d’une réflexion plus globale sur la résilience à l’échelle plus large de l’estuaire de l’Orne.

Le projet initial

Le projet urbain de la Presqu’île était prévu sur 300 hectares sur les communes de Caen, Mondeville et Hérouville Saint-Clair. Il représentait une opportunité pour le territoire de Caen la mer de se reconnecter à son identité maritime, en valorisant un site autrefois industriel, à quelques pas des centres-villes et des axes structurants de transports. Il répondait également à des enjeux forts de recyclage des espaces délaissés, et de limitation de l’étalement urbain.
Ce projet d’ampleur est réfléchi depuis une dizaine d’années, et fédère de nombreux acteurs.
Le site est situé à 15 km de l’embouchure de la mer. Le secteur des nouveaux bassins représentait un périmètre d’une trentaine d’hectares, avec 2 300 logements et 35 000 m² d’activités, avec l’opportunité de créer l’équivalent d’un 13ème quartier pour la ville de Caen.
Des réflexions étaient engagées concernant le recul du trait de côte, et sur l’amplification des phénomènes exceptionnels, mais il manquait des données de précision sur l’impact sur les fonds d’estuaires.

Vue du nouveau bassin de Caen © Caenlamer.fr

Le déclencheur : mars 2023 et les nouvelles données du GIEC

Avec les données actualisées du GIEC, il n’était plus possible de penser le projet sans tenir compte de toutes ces incertitudes, et ce malgré l’obtention de toutes les autorisations administratives, et l’attribution des premiers fonciers aux promoteurs.
Les élus ont donc décidé qu’il était de leur responsabilité de mettre en pause le projet dans un premier temps, pour disposer d’informations suffisantes avant de prendre une décision définitive. Les travaux menés par les experts ont montré que le quartier ne serait pas concerné uniquement par un évènement exceptionnel tous les 10 ou 20 ans, mais que le quartier serait inondé plusieurs fois par mois dans 50 ans.
Ces données ont été traduites localement de l’étude prospective du recul du trait de côte menée par le Cerema début 2024.

Le village de Miquelon

Le village de Miquelon, territoire insulaire situé en Sud Arctique et regroupant 600 habitants, est directement menacé par les effets du changement climatique. Après un processus inédit mêlant une réflexion partagée et co-construite de plus de deux ans avec l’appui du Cerema, les habitants se préparent à déménager.

Le déclencheur : un Plan de prévention des risques littoraux

L’élaboration d’un Plan de Prévention des Risques Littoraux a déclenché une véritable prise de conscience du risque, 100 % du village est en effet concerné par l’aléa et interdite de toute nouvelle construction et développement ! À l’horizon 2100, le cumul des différents aléas - haute marée, augmentation du niveau de la mer, recul du trait de côté, dépressions posttropicales - conduirait à une submersion totale de tout le village et à son isolement.
Les habitants se sont dès lors mobilisés en faveur d’une relocalisation de leur village, en faisant valoir leur attachement à leur île, leur culture, bien plus qu’à leur parcelle individuelle. Un appel entendu par les autorités locales pour qu’un schéma d’aménagement global soit pensé et défini. Elles se sont alors appuyées sur la démarche Atelier des territoires proposée par le ministère en charge de la Transition Écologique.

Un Atelier des territoires sur la stratégie de redéploiement urbain du village,
avec plusieurs étapes

Quelle stratégie de déploiement urbain pour le village de Miquelon ? fut donc la question mise en débat en 2022 dans un processus d’immersion en résidence et de co-conception associant les acteurs et citoyens - dont les enfants - du territoire. L’aboutissement de cette année de travail a été d’accepter que le devenir de Miquelon passerait par une relocalisation progressive de tout le village et de l’essentiel de ses fonctions, tout en renaturant les parcelles résidentielles actuelles.
En s’appuyant sur des schémas, cartes, plans, maquettes, le village de demain pour (Ré)habiter Miquelon a pu être ainsi collectivement dessiné et territorialisé. La vision d'ensemble du village existant et nouveau doit in fine permettre d'assurer un fonctionnement cohérent.

Village de Miquelon © Wikimedia Commons

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Anticiper le risque inondation
Prévenir les risques d’inondations
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Le changement climatique accroît l’intensité de certains phénomènes météorologiques et augmente leur fréquence. Ces évolutions, couplées à l’imperméabilisation des sols et à la densification des enjeux dans les zones aménagées, aggravent les risques liés aux inondations. Les collectivités et leurs groupements ont un rôle majeur à jouer dans la mise en œuvre d’actions de prévention des inondations, en lien avec leurs compétences spécifiques relatives à la GEMAPI : gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations.

 

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Le Cerema, établissement public relevant du ministère du Partenariat avec les territoires et de la Décentralisation, du ministère de la Transition écologique, de l’Énergie, du Climat et de la Prévention des risques, et du ministère du Logement et de la Rénovation urbaine, accompagne l’État et les collectivités territoriales pour l’élaboration, le déploiement et l’évaluation de politiques publiques d’aménagement et de transport.
Il est l'établissement d'expertise de l'État et des collectivités pour adapter les territoires face au défi climatique. Unique établissement national dont la gouvernance est à pilotage partagé entre l’État et les collectivités territoriales, avec plus de 950 collectivités adhérentes, il est présent dans l’Hexagone et dans les Outre-mer grâce à ses 27 implantations et ses 2 500 agents.
Les métiers du Cerema s'organisent autour de 6 domaines d'action complémentaires, visant à accompagner les acteurs territoriaux dans la réalisation de leurs projets : Expertise et ingénierie territoriale ; Bâtiment ; Mobilités ;
Mer et littoral ; Infrastructures de transport ; Environnement et risques.
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