La complémentarité entre vélo et transports collectifs
permet de remplacer des trajets en voiture par l’intermodalité
entre le vélo - non démonté évidemment -,
bien adapté à la desserte des premiers ou derniers kilomètres,
et les transports publics, plus rapides mais qui ne sauraient aller partout*.
Cette intermodalité doit être la colonne vertébrale
de la mobilité alternative. Elle ne doit pas opposer les voyageurs
aux cyclistes
alors que le vrai problème est l’insuffisance de l’offre
en France. On doit pouvoir mettre son vélo dans les transports
collectifs si besoin,
en complément d’autres solutions. Les investissements pour
le ferroviaire doivent intégrer un volet intermodalité
vélo et
les Services Express Régionaux Métropolitains, dont la loi
de cadrage intègre le vélo en gare et autour des gares,
doivent également intégrer un emport largement dimensionné
des vélos non démontés.
*Selon une étude
allemande, la complémentarité transport public + vélo
permet une alternative possible à la voiture
de bout en bout, ce qui peut réduire d’un quart les émissions
de gaz à effet de serre du transport personnel.
Vélos
et transports collectifs en France ? La situation a tendance à
se compliquer ! |
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Ces
dernières années, les possibilités de voyager
avec son vélo ne se sont pas améliorées aussi
vite que les besoins grandissants des cyclistes, créant
beaucoup de mécontentements.
L’idée
communément admise et souvent répétée
en France par les décideurs est que les transports sont
faits pour transporter des voyageurs et moins des vélos.
Or le vélo est considéré comme un bagage
et a sa place dans les trains depuis
la fin du XIXè siècle. À la suite de
la disparition du service universel des bagages accompagnés
en 1998, les vélos ont dû trouver une nouvelle place
et les associations cyclistes se sont battues pour qu’ils
disposent d’emplacements spécifiques. C’est
ainsi qu’il a fallu attendre les années 1990 pour
embarquer les vélos dans les trains régionaux, à
l’initiative des Régions, devenues autorités
organisatrices. C’est aussi la raison pour laquelle les
trains à longue distance prévoient peu ou pas du
tout l’emport des vélos, et c’est encore pire
pour les trains internationaux, ce qui est une lacune inconcevable.
à
gauche : Deux places vélos dans un Intercité,
mais les hautes marches et la porte étroite compliquent
l’accès
à droite : Seul cas français, en vallée
de la Loire, de voitures largement dimensionnée
Pourtant,
ces dernières années, des progrès ont été
réalisés : Les associations de cyclistes ont obtenu
des avancées au Parlement européen et dans la loi
française. La Loi d’Orientation des Mobilités,
promulguée fin 2019, et ses décrets d’application,
imposent 8 vélos minimum dans tous les trains neufs et
rénovés - 5 pour les autocars -, avec des dérogations
possibles pour certains TER. Grâce à cette loi, les
nouveaux TGV commandés disposeront de huit places pour
les vélos ; les logos vélos sur les trains ont été
agrandis, et sous ce logo, le nombre de places disponibles est
désormais précisé sur de nombreux TER ; les
places vélos dans les TGV sont mieux signalées et
défendues contre les bagages, y compris par les contrôleurs…
Espace
payant pour 2 vélos dans quelques TGV
Mais
depuis un an, ce frémissement marque le pas : quasiment
aucun train grande ligne international depuis la France, y compris
de nuit, ne prévoit un accès aux vélos -
en 2025, des Intercités Paris - Bruxelles et les trains
de nuit Paris - Berlin / Wien devraient enfin le permettre -,
la SNCF suspend à sa guise les ventes de places vélos
dans les TGV - voire demain dans les TER ? - les jours de pointe,
plusieurs liaisons TGV n’acceptent toujours pas les vélos,
les nouvelles règles d’acceptation des bagages réduisent
le nombre de sacoches possible.
Badges
de réservation vélo sur les TER Centre Val de Loire
Les
places prévues par la Loi d’Orientation des Mobilités
sont bien un minimum, défini dans le contexte du passé.
Le
vélo démonté et les sacoches, c’est
plus de 30 kg à porter jusqu’à la voiture
:
En
France de nombreux transporteurs imposent que les vélos
soient démontés, et dans une housse de taille réduite
(90 × 130). Si c’est faisable mais peu pratique pour
un vélo de course, c’est rédhibitoire pour
les cyclotouristes et les navetteurs.
Or,
depuis lors, les besoins vont croissants. Et en même temps
le matériel neuf est construit pour 40 ans, et la moitié
du parc TER va être massivement rénovée pour
20 ans. De plus, le lancement des Systèmes Express Régionaux
Métropolitains, destinés à desservir les
grandes métropoles, va augmenter les dessertes et les besoins
en matériel de zones périurbaines densément
peuplées. Une prise en compte suffisante du besoin d’emport
des vélos est indispensable. Les lignes du Grand Paris
Express, imaginé comme un super-métro,
n’acceptent pas les vélos : c’est une erreur
majeure de conception !
Concernant
les TER, l’initiative discutable de la Région Bretagne
à l’été 2021, consistant à imposer
une réservation vélo obligatoire - sauf pour les
abonnés - sur tous ses TER en été, pour faciliter
le transport des vélos en train se généralise.
Les aléas de trajet à vélo sont alors interdits
puisque l’horaire du train est imposé. De plus, une
solide compétence géo-ferroviaire est indispensable
pour savoir quelles Régions vont être traversées
sur le trajet, puis une recherche internet s’impose sur
le site de chaque Région concernée, pour savoir
s’il y a des restrictions ou des réservations imposées
!
Il
est devenu faux de dire qu’on peut sereinement prendre son
vélo avec soi gratuitement à bord des TER !
Les
trains régionaux français régulièrement
sous-dimensionnés sur certains axes.
Il est urgent d’adapter l’offre à la demande
!
Trouver
le précieux sésame relève du parcours du
combattant, aussi bien pour deviner sur quels trajets une réservation
est requise, que pour se la procurer train par train à
travers des applications ou sites internet disparates, et presque
toujours distincts de ceux où l’on achète
son billet. De plus, cette facilité dissuasive
est réservée à ceux qui sont connectés
: ni les guichets, ni les contrôleurs ne la fournissent
! Il est au final devenu plus compliqué et contraignant
de faire un trajet en TER avec son vélo que de réserver
une place en TGV.
Dernière
innovation en date, une région demande d’imprimer
une étiquette à coller sur le guidon du vélo,
comme si les cyclotouristes se déplaçaient avec
une imprimante dans leur sacoche !
Les
cyclotouristes étrangers sont aux prises avec ce système
qui est déjà incompréhensible pour le touriste
français. La réservation obligatoire des places
vélo dans les trains régionaux n’existe nulle
part ailleurs en Europe !
Bricolages
d’été : les sièges recouverts de housses
permettent d’embarquer quelques vélos en plus.
Toutes
ces usines à gaz pour prendre un simple train régional
sont dues à un seul problème, le manque de capacité
de nos trains pour l’emport des vélos. Un peu de
tourisme dans les pays voisins, notamment en Europe centrale,
met en évidence notre colossal retard dans ce domaine.
Le
changement de paradigme viendra peut-être des nouveaux exploitants
ferroviaires : la société Le Train annonce
40 places vélos à bord de ses futures rames qui
desserviront l’arc atlantique. |

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Ailleurs
en Europe : quand on veut on peut ! |
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Exemple de signalisation bien visible sur le SERM de
Copenhague
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De
nombreux pays européens ont une tout autre idée
de l’intermodalité : tout en prévoyant beaucoup
de places de stationnement en gares, comme aux Pays-Bas, l’emport
des vélos à bord des transports publics est lui
aussi prévu dans la quasi-totalité des pays européens.
À l’exception des trains de longue distance, les
espaces sont largement dimensionnés, et d’autant
plus que l’on se trouve en zones urbaines.
Là
où la loi française prévoit royalement
8 emplacements vélos par train, on trouve plus souvent
en Allemagne 6 à 12 emplacements par voiture sur les
trains régionaux récemment commandés !
En
Autriche, les nouvelles rames régionales pourront embarquer
60 vélos, en Tchéquie des trains régionaux
récents - financés par l’UE - comportent
un fourgon polyvalent - vélos et skis - en plus de places
vélos dans chaque voiture, les trains Intercités
Prague - Brno sont équipés d’un fourgon
bagages et vélos. La preuve existe que c’est
parfaitement faisable, c’est une question de choix et
de volonté.
Les
transports urbains ne sont pas en reste puisque, contrairement
à la France, où il est assez rare qu’on
puisse embarquer son vélo - exceptions : funiculaires
Ficelles et métro C à Lyon, métro 1 à
Paris uniquement les dimanche et jours fériés,
jusqu’à 16h30, certains réseaux de tramways…
-, les métros de Bruxelles, Copenhague, Berlin ou Madrid
acceptent les vélos.
Les
autocars interurbains et internationaux sont eux aussi souvent
équipés pour l’emport des vélos :
Flixbus en Allemagne et certains BlaBlaBus en France, par exemple.
Certains réseaux d’autocars mettent même
cette mission au centre de leur service, comme le réseau
RadBus dans les régions de l’Eifel et de la Moselle
(DE), également les Courriers de Saône et Loire.
Si
la carte Interrail informe sur les possibilités d’emport
de vélos dans les trains, elle ne donne pas de renseignements
sur la tarification supplémentaire qui
peut être complexe selon le pays, le type de train, et
même la région !
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En
Europe, les trains régionaux disposent de compartiments
vélos largement dimensionnés. En Italie ci-dessus,
en Allemagne à droite, et au Danemark ci-dessous à
gauche. |
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Le
transport en autocar : Des racks permettent d’accrocher
4 à 6 vélos  |
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Dans
de nombreuses capitales européennes
les métros urbains et les tramways acceptent
l’emport des vélos contrairement aux métros
français.
À Madrid ci-dessus à droite |
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Le
Collectif Mon vélo dans le train |
Les
organisations membres du Collectif Mon vélo dans le
train |
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Le
Collectif Mon vélo dans le train réunit douze fédérations
et associations de promotion du vélo, de transports collectifs
et de défense de l’environnement, qui militent pour
que les cyclistes puissent emprunter facilement les trains avec
leurs vélos.
Il
a été actif en France pour sensibiliser avec succès
les députés européens afin que le transport
des vélos soit inclus dans le règlement sur les
droits des voyageurs ferroviaires : au moins 4 vélos par
train. Il s’est mobilisé auprès des députés
et sénateurs pour inclure ce nouveau droit dans la Loi
d’Orientation des Mobilités : cible 8 vélos
par train, 5 par car.
Il
a participé à une concertation avec la SNCF, qui
aboutit à des résultats pratiques : les nouveaux
TGV en commande disposeront de 6 à 8 places pour les vélos,
les logos vélos sur les trains ont été agrandis
; les places vélos dans les TGV sont mieux signalées
et défendues contre les bagages… Des ateliers avaient
été mis en place - information/réservation,
vélos dans les gares, dans les trains - pour confronter
les points de vue et trouver des solutions, même si cette
concertation a été interrompue par la SNCF.
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Les
Amis de la Nature France est un mouvement associatif de tourisme
social et de loisirs populaires, né en 1895 à Vienne,
en Autriche. Il s’étend sur plus de 45 pays dans
le monde. amis-nature.org
Le Club Inter-sports et de Haute Montagne organise dans un
esprit de plaisir et convivialité des activités
sportives de pleine nature, en montagne, en plaine et en mer,
en France et à l’étranger. Sa section de cyclotourisme
a fêté ses 50 ans en 2024.
cihm.info
Cyclo
Camping International regroupe et informe ceux qui voyagent
à vélo en autonomie, et réunit tous les passionnés
du voyage à vélo. cyclo-camping.international/fr
Cyclo
TransEurope agit pour la réalisation de la Scandibérique
- l’Eurovélo 3 en France -, le développement
du tourisme à vélo, et des transports écologiques.
eurovelo3.fr
La
Fédération Nationale des Associations d’Usagers
des Transports, La voix des usagers conseille et défend
les usagers de tous les modes de transport et les représente
auprès des pouvoirs publics et des entreprises de transport.
Mène également des études et des réflexions
sur les mobilités et l’aménagement du territoire.
fnaut.fr
La Fédération Française de Cyclotourisme
gère la pratique du loisir et du tourisme à vélo
ou à VTT en France, et propose un large éventail
d’activités alliant tourisme, sport-santé
et culture à l’exception de la compétition.
Forte de plus de 120 000 adhérents et de 3 000 clubs, elle
est reconnue d’utilité publique depuis 1978. ffvelo.fr |
L’Association
Française des Véloroutes et Voies Vertes
œuvre à la création d’un réseau
ambitieux et cohérent d’aménagements sécurisés,
accessibles et de qualité, pour les déplacements
en modes actifs, sur l’ensemble du territoire français.
af3v.org
France Nature Environnement est la fédération
française des associations de protection de la nature
et de l’environnement, elle est la porte-parole d’un
mouvement de 6 206 associations présentes sur tout le
territoire. fne.asso.fr
Mieux
se Déplacer à Bicyclette est la première
association cycliste francilienne, et défend le vélo
en tant que solution pour se déplacer dans toute l’Île-de-France,
pour aller au travail, faire ses courses, rouler avec ses enfants,
ou encore pour se balader.
mdb-idf.org
Oui
au train de nuit est un collectif citoyen qui défend
le développement des trains de nuit.
ouiautraindenuit.wordpress.com
Le
Réseau européen #en Train a pour missions
de favoriser la mise en réseau des acteurs associatifs
latins - francophonie et Espagne - en matière de défense
du rail, de soutenir et amplifier leurs actions, et renforcer
la place du train dans les politiques de mobilité nationales
et internationales.
reseauentrain.eu
STAARP
Tandem Section tandem des auxiliaires des aveugles de la
région parisienne est une délégation de
l’association Les Auxiliaires des Aveugles, qui
associe copilotes déficients visuels et pilotes voyants,
lors d’activités de cyclotourisme en tandem.
handivelo.fr.
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Bon
voyage en train et à vélo ! |
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Avec
ce Livre blanc, le collectif continue son combat pour un choc
d’offre et de simplification qui renforce l’alliance
du vélo et du train.
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.Livre
blanc Mon vélo dans le train
....
Accessibilité
des vélos dans les transports collectifs :
un choc d’offre et de simplification nécessaire...
...
Le
collectif Mon Vélo Dans Le Train.
..
L'accessibilité
des vélos dans les transports collectifs nécessite
un choc d'offre et de simplification. Le collectif
Mon Vélo Dans Le Train,
qui réunit 12 organisations de promotion du
vélo et du train, publie ce Livre Blanc sur
l'inadéquation entre les besoins des cyclistes
et l'offre vélo dans les trains.
Qu’il s’agisse de rejoindre une randonnée
avec un vélo chargé de bagages, ou de
réaliser le dernier kilomètre d’un
trajet local, mettre son vélo dans les transports
publics est l’évidente alternative décarbonée
à la mobilité tout-automobile.
Encore faut-il que cela soit possible et facile..
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L'enjeu
Le vélo constitue un moyen très efficace
de parcourir les petits trajets et d’assurer le
dernier kilomètre en intermodalité
avec les transports publics. C’est une brique
de base fondamentale de l’écomobilité.
Le développement d’un système
vélo complet, venant en complément
du transport public, et incluant la possibilité
d’y transporter son vélo, est nécessaire
pour permettre la complémentarité des
deux systèmes, permettant un report modal efficace
pour diminuer significativement l’usage de l’automobile.
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