De nombreuses études soulignent les bienfaits de la végétalisation
du bâti en ville. S’ils sont souvent difficiles à quantifier,
ces bienfaits se concrétisent à différentes échelles
- du bâtiment lui-même, du quartier, de la ville… -
et dans différents domaines : gestion de l’eau, énergie,
cadre de vie, social, biodiversité… Les toitures peuvent
afficher de multiples facettes, selon les bénéfices recherchés
par le créateur du projet. Cette multifonctionnalité en
fait un véritable atout pour l’aménagement urbain.
Dans ce document, conçu par la Ville de Paris, la toiture végétalisée
désigne un toit - élément porteur et complexe isolation-étanchéité
- sur lequel est apposé un complexe de végétalisation*
: composé éventuellement d’une couche drainante* et
d’une couche filtrante*, du substrat de culture et de la végétation
qui s’y développe, en contenants ou non. Une toiture dispose
d’un accès plus ou moins contraignant - échelle, escaliers…
- , par l’extérieur ou l’intérieur du bâtiment,
d’un dispositif de sécurité - garde-corps, ligne de
vie -, de chemins de circulation et éventuellement de zones sans
végétation appelée bandes stériles.
* voir Lexique en bas de page
Le
bâtiment, support du projet de végétalisation |
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Accès
et aménagement
Les
accès sont essentiels à prendre en compte dès
la mise en place du projet
-
Pour
la conception : facilité d’accès à
la toiture pour l’acheminement et la mise en place des
matériaux, dispositif temporaire pour les travaux à
prévoir, surcoût des travaux pour accès
difficile…
-
Pour l’entretien futur : la nature de l’accès
doit être compatible avec la fréquence et l’intensité
d’entretien : passages, outils, élimination des
déchets…
Différentes
solutions sont possibles pour permettre un accès adapté
à la végétation mise en place, en toute
sécurité.
Les
accès aux toitures doivent être sécurisés
pour les personnes chargées de leur entretien et pour
l’acheminement des outils nécessaires à
cet entretien. Ils peuvent être multiples : accès
prévu initialement par escalier ou ascenseur, accès
par échelle dite à crinoline* - avec
protection antichute -, intérieure ou extérieure,
accès par échelle inclinée et skydôme
ou puits de lumière. Parfois, certaines terrasses ne
disposent pas d’accès à proprement parler
: accès via une fenêtre, accès uniquement
en apposant une échelle sur le mur par l’extérieur.
Au-delà
de l’ouverture sur la toiture elle-même, le cheminement
jusqu’à cette ouverture est important.
La
possibilité de végétaliser et le type de
végétalisation retenu devront donc se faire en
adéquation avec les accès existants ou les possibilités
d’amélioration de ces accès, pour garantir
des accès sécurisés pour l’entretien
de la toiture et le maintien de la végétation
prévue dans le projet.
Des
moyens d’accès permanents, si possible par l’extérieur
du bâtiment sont à favoriser, avec escaliers pour
les accès fréquents et échelles à
crinoline pour les accès peu fréquents. Indépendamment
de la fréquence d’accès, les escaliers s’imposent
dès que l’on doit monter de l’outillage,
des matériels et matériaux plus encombrants.
Pour
les travaux comme pour l’entretien, des moyens de manutention
et de levage entre le sol et la toiture peuvent être aménagés
pour faciliter les interventions - potence, échelles
à monte-charges… -, mais ils ne sont pas forcément
nécessaires.
Si
un accès au public est souhaité - pour un usage
autre que l’entretien -, il convient de se référer
à la réglementation - règlement sécurité
incendie - qui définit, selon le nombre d’accès
permettant le cheminement d’évacuation des occupants
- porte, sortie, issue, escalier… -, le nombre de personnes
pouvant être accueillies simultanément.
Accès
au toit du centre sportif Jean-Dame (IIe) par une échelle
à crinoline
photo Jean-Pierre Viguié
Circulation
sur la toiture
Toutes
les circulations doivent être sécurisées,
sans obstacle à enjamber, et garantir la sécurité
du travailleur - selon le Code du travail - ou du public présent,
selon la Réglementation ERP.
Des chemins de circulation de 80 cm de large doivent être
aménagés pour permettre l’accès aux
équipements techniques, la manutention et l’entretien.
Pour la sécurité des personnes en toitures, les
ouvrants ne doivent pas constituer de danger, qu’ils soient
ouverts ou fermés : risque de chute directe ou par rupture
du matériau constituant l’ouvrant.
La sortie en toiture doit se faire à plus de 1,5 m du
bord de la toiture. Il peut être nécessaire de
prévoir une protection contre les risques de brûlures
en présence de système de chauffage.
Les Règles professionnelles préconisent une zone
stérile sans végétation - avec
des gravillons ou platelage par exemple -, de minimum 40 cm
de large autour de chaque émergence dès que la
végétation contient des vivaces et des graminées,
et pour une surface de toiture supérieure à 100
m².
La
zone stérile permet :
Cependant,
l’aménagement de la toiture peut conduire à
réduire ou supprimer ces zones stériles. Il faut
alors veiller à maintenir un accès facile aux
relevés d’étanchéité et mettre
en place un aménagement qui ne nécessite pas un
entretien pouvant endommager l’étanchéité.
Il est recommandé de faire appel à un bureau de
contrôle pour vérifier la conformité de
l’installation.
Les zones stériles peuvent aussi être aménagées
comme des voies de circulatio, (selon l’implantation des
équipements techniques par exemple). Dans ce cas, la
largeur est augmentée à 80 cm.
Protection
contre les chutes
La
composition du substrat - granulométrie*, éléments
liants - et sa stabilité sont à étudier
pour limiter les risques de glissement et d’érosion.
Un bon enracinement est important pour garantir le maintien
du complexe de végétalisation : fixation et stabilisation
du substrat. Le choix des végétaux devra particulièrement
tenir compte des capacités de rétention d’eau
- écoulement vers le bas - et de l’exposition du
toit : ensoleillée ou ombragée.
La réglementation - Norme NF DTU 43.1 - distingue les
toitures terrasses à pente nulle - inférieure
à 1 % -, plates - de 1 à 5 %- et les toitures
inclinées de pente supérieure à 5 %.
Zone
stérile gravillonnée en pourtour du toit de l’atelier
Radiguet (XIXe)
photo DPA
Points
d’eau et évacuation
Il
est indispensable de prévoir un - ou plusieurs - points
d’eau, de débit bien dimensionné à
la surface végétalisée ou cultivée
et ce même pour une toiture prévue pour un faible
entretien. Les Règles Professionnelles recommandent que
tout point de la toiture soit situé à moins de
30 mètres d’un point d’eau. Un système
d’arrosage automatique peut être intégré,
il est alors conseillé de prévoir une alimentation
électrique (230V, 10A). Le point d’eau, à
défaut d’être en toiture, est parfois disponible
à proximité, à l’étage en
dessous par exemple. L’eau est alors amenée en
toiture via un dérouleur pour tuyau d’arrosage.
En cas d’arrivée d’eau directement sur le
toit, il faudra prévoir une purge de l’installation
en hiver.
Les
dispositifs d’évacuation des eaux pluviales - entrées
des eaux pluviales et trop-pleins - doivent être présents
et en bon état de fonctionnement.
Chaque
toiture doit comporter au moins deux descentes ou une descente
et un trop-plein. Les évacuations doivent être
équipées d’un système permettant
de retenir les débris - feuilles, papiers… - pour
éviter tout engorgement des descentes : crapaudines,
garde-grèves… Ils doivent être vérifiés
au minimum une fois par an.
Chantier
d’aménagement du toit végétalisé
du bâtiment annexe de l’Hôtel de Ville,
rue Lobau (IVe) photo Jean-Pierre Viguié
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Différentes
formes de toitures et végétalisation ou culture |
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On
parle :
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de toit inversé lorsque les deux couches sont
sur la surface du toit, la membrane d’étanchéité
sous l’isolant.

Ce
type de toiture, plus rare, est également compatible avec
la végétalisation, mais uniquement sur structure
béton, avec une pente comprise entre 0 et 5%. Il peut nécessiter
la mise en place d’une couche de séparation entre
l’isolant et le complexe de culture.

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Ce
cas est courant pour les bâtiments anciens - avant 1975
-, n’ayant pas encore fait l’objet de rénovation
thermique avec isolation par l’extérieur. Il n’est
pas aujourd’hui recommandé car il pose des problèmes
d’accumulation de vapeur d’eau qui ne peut être
évacuée à l’extérieur.

Ce
cas est le plus fréquent, il faut s’assurer que l’isolant
soit compatible avec la végétalisation : classe
de compressibilité. |
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LEXIQUE |
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complexe
de végétalisation
:
ensemble composé de la couche drainante, la couche filtrante,
le substrat et la végétation
couche
drainante : couche
poreuse, permeant l’évacuation des excès d’eau
couche filtrante : couche
retenant les particules qui pourraient colmater la couche drainante |
crinoline : échelle entourée d’arceaux
circulaires métalliques qui protègent l’utilisateur
des chutes
granulométrie
:
taille des différents grains composant le substrat |
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. .Guide
des toitures végétalisées et cultivées
...........Toutes
les étapes pour un projet de qualité
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Ce guide s’adresse aux maîtres
d’ouvrages et techniciens de la construction autant
qu’aux paysagistes et jardiniers. Il a pour vocation
d’accompagner toute personne intéressée
par la réalisation d’une toiture végétalisée
ou cultivée - professionnel ou non - dans toutes
les étapes nécessaires, de la conception
à la mise en oeuvre de son projet. Date
de parution : 2017
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Dans ce guide, la Ville de Paris fournit
des clés pour l’élaboration de projets
de végétalisation ou d’agriculture
urbaine sur toiture. Ces projets de végétalisation
contribuent à la fois à préserver
la biodiversité et à lutter contre les îlots
de chaleur.
Il
a été élaboré par la Direction
des Espaces verts et de l’Environnement de la Ville
de Paris :
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- Service
des Sciences et Techniques du Végétal,
- Jardin
Botanique de Paris, Mission
100 hectares,
- Centre
de Production Horticole,
- Service
Communication et Événements,
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- Agence
d’Écologie Urbaine,
- Service
d’Exploitation des Jardins,
- Service
des Affaires Juridiques et Financières,
- Bureau
de Prévention des Risques Professionnels ;
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