Le navire Energy Observer

Un laboratoire de la transition écologique conçu pour repousser
les limites des technologies zéro émission

Le programme de navigation pour 2023

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Présentation
Les Seychelles - La Tanzanie - Madagascar



Après une année 2022 à sillonner l’Asie du Sud Est, de l’Indonésie jusqu’à l’Inde en passant par Singapour,
Energy Observer traverse
l’Océan Indien en 2023, puis l'océan Atlantique jusqu'en Amérique du Sud. Parsemé d’états insulaires isolés, l’Indien est un témoin exposé
au réchauffement climatique et particulièrement sensible aux enjeux énergétiques. Au terme de cette traversée, le navire fera escale
en Afrique du Sud, pays dont l'économie est une des locomotives économiques du continent, à la dépendance historique au charbon,
puis au Brésil où de nombreux projets d’énergie alternatives sont développés. 2023 sera donc plus que jamais axée sur
l’observation et le décryptage des enjeux énergétiques de notre époque, dans un hémisphère sud en pleine mutation.

Présentation  

Le projet Energy Observer est né en 2013 de l'engagement de Victorien Erussard, officier de marine marchande et coureur au large. Conscient qu’il est vital de s'engager pour la planète, il réunit autour de lui une équipe composée de professionnels complémentaires, de marins, scientifiques, ingénieurs et reporters, afin de créer le premier navire autonome capable de puiser son énergie dans la nature tout en la préservant.
Le rêve devient réalité 4 ans plus tard, quand le navire Energy Observer est mis à l’eau pour la première fois. Développé à partir d’un catamaran de course légendaire, Energy Observer est un laboratoire de la transition écologique conçu pour repousser les limites des technologies zéro émission. Hydrogène, solaire, éolien, hydrolien, toutes les solutions y sont expérimentées, testées et optimisées pour faire des énergies propres une réalité concrète et accessible à tous. Sillonnant les mers à la rencontre de celles et ceux qui trouvent chaque jour des solutions durables pour la planète, Energy Observer est devenu un mouvement, une Odyssée autour du monde où chaque escale est une occasion d’apprendre, de comprendre, et de partager les énergies des uns et des autres.

Victorien Erussard, fondateur et capitaine

Officier polyvalent de Marine Marchande, il a navigué sur différents types de navires marchands et ce, jusqu’en Antarctique. Mais ce marin professionnel a également écumé les podiums de la course au large pendant une dizaine d'années, sur la Route du Rhum, la transat Jacques Vabre ou la Québec - Saint-Malo. Lors de l’une de ces transatlantiques, en panne de générateur diesel au milieu de l’Atlantique, incapable de mener sa machine alors qu’il était entouré d'énergie solaire, éolienne et hydrolienne, Victorien a pris conscience que les plus belles victoires sont celles qui ont du sens. Et a décidé de s’investir dans la course à l’intelligence énergétique plutôt que dans celle aux trophées.

© Energy Observer Productions - Francine Kreiss

 
Des Seychelles à l’Afrique du Sud  

Avec comme principales ressources la pêche et le tourisme, les îles de l’océan Indien font face à de nombreux défis. Outre la montée des eaux et leur acidification, menaces particulièrement présentes aux Maldives par exemple, tous ces petits états doivent également s’adapter aux nouvelles donnes de l’énergie.
Les Seychelles, constituées de 116 îles, granitiques, pour les plus importantes, ou coraliennes, sont peuplées d’environ 100 000 habitants. La croissance démographique, poussée par la natalité et une immigration régulière depuis le XVIème siècle, entraîne celle de la demande d’énergie. La consommation d’énergie primaire per capita y est de plus supérieure à celle de la France. En l’absence de ressources fossiles, le pays est donc très exposé aux fluctuations du pétrole, importe 95% de son énergie et les groupes électrogènes représentent l’essentiel de son alimentation électrique.

Un potentiel renouvelable à développer

Pour l'archipel, l’objectif d’ici 2030 est d’atteindre 15% d’énergies renouvelable, grâce à de solides expositions solaires - irradiance médiane de 5,8 kWh/m2/jour - et ressources éoliennes : entre 6,9 et 7,5 m/s de vent à 80 m. De nombreux projets ont été lancés et le seront dans les années à venir. Citons par ordre d’importance :

  • Éolien : le parc d’éoliennes de Victoria, sur l’île de Mahé, financé par Abu Dhabi, a une capacité de 7 GWh.
  • Solaire : Sur le lagon de l’île de Providence, une centrale solaire flottante de 5,8 MW doit être mise en service fin 2023 par Qair, partenaire d’Energy Observer. Ce sera le plus grand parc solaire flottant d’Afrique.

D’autres parcs solaires sont installés, ou en projet à Desroches (2,5 MW), Romainville, Île artificielle (5 MW), Alphonse, Astove, ou encore Farquhar, avec environ 1 MW de puissance chacune. L’installation de l’île Desroches est un exemple concret du potentiel solaire dans cette région, dont le tourisme est vital. La consommation de carburant de l’île a baissé de 90% depuis le lancement du parc solaire en 2021. L’hôtel présent sur l’île, et qui représentait la moitié de cette consommation, économise ainsi 55 000 litres de diesel par mois, et le prix du kW est descendu de 0,42 $ à 0,19 $, mettant l’énergie à la portée de tous les habitants, tout en les protégeant des crises internationales. La souveraineté énergétique des îles de l’océan Indien est un enjeu capital pour leur sécurité tout en étant bénéfique pour leurs biodiversité.

  • Biomasse : Le potentiel des Seychelles est important, la décharge de Mahé recevant par exemple plus de 35 000 tonnes de déchets par année, ce qui correspond à environ 8 000 tonnes de pétrole une fois converti en énergie. La pollution plastique est également un sujet préoccupant depuis une dizaine d’année ; on estime par exemple que 500 tonnes de déchets plastiques se sont accumulées sur l’île d’Aldabra, l’un des plus extraordinaires sanctuaires marins au monde, classé par l’Unesco, pourtant situé à plus de 1 000 kilomètres de Mahé. La biomasse n’est cependant pas ou peu exploitée aux Seychelles.

Un arrêt technique nécessaire

Le navire Energy Observer sera basé dans l’archipel le temps de procéder aux principaux travaux sur le système hydrogène embarqué, et le remplacement des derniers panneaux photovoltaïques. Pour des raisons climatiques, il est nécessaire d'attendre la fin de la saison cyclonique pour descendre vers Madgascar et l'Afrique du Sud après une escale en Tanzanie.

Un écosystème vulnérable

Les principales menaces liées au changement climatique auxquelles sont confrontées les Seychelles sont similaires à celles qui pèsent sur d'autres petits états insulaires en développement. D’abord, les changements dans les régimes de précipitations entraînent des inondations et des glissements de terrain, mais aussi des périodes prolongées de sécheresse : il y a peu de réserves d'eau douce sur les îles. Dans l’océan, l'augmentation de la température de la mer et l’acidification de l’eau va engendrer des dommages de plus en plus conséquents sur les écosystèmes marins. L'augmentation des températures de surface de l'océan entraîne aussi déjà des tempêtes et des cyclones de plus en plus forts. Enfin, l'élévation du niveau de la mer à plus long terme va surtout impacter les îles coralliennes des Seychelles. Un récent rapport de l'UNISDR a révélé que la plupart des catastrophes survenant aux Seychelles étaient liées à des tempêtes, des inondations, des pluies et des glissements de terrain, et a recommandé que la planification future se concentre sur les inondations et les glissements de terrain, à l'origine des plus grandes pertes économiques.

Biodiversité

Les Seychelles n’étaient pas colonisées pas les homosapiens avant l’arrivée des pirates, des pêcheurs et des colons à partir des années 1500. Chaque île avait sa biodiversité propre, comme les Galápagos, avec des espèces ou sous-espèces très proches, mais génétiquement distinctes. Chaque île avait sa propre version de tortue terrestre géante par exemple, mais ces animaux survivant longtemps sans eau ni nourriture, étaient très prisés des marins, pirates et pêcheurs qui les stockaient sur le dos sur le pont de leur bateau, afin de pouvoir disposer d’un stock de viande fraiche pendant leurs traversées. La plupart des tortues endémiques des îles ont donc été chassées jusqu’à l’extinction. Les specimens que l’on trouve aujourd’hui sur les îles ont été réintroduits depuis une petite population de tortues géantes d’Aldabra.
Beaucoup d’oiseaux marins nichent à même le sol sur ces îles à cause de l’absence de prédateurs naturels. Suite à l’arrivé des humains, qui récoltaient les œufs, et à l’introduction d’espèces invasives telles que le rat, la plupart des espèces endémiques ont vu leur population s’écrouler. Un très gros travail est fait aujourd'hui pour conserver les populations endémiques des îles par l’Island Conservation Society) et l’Island Developpement Company.


© Energy Observer Productions - George Conty

© Energy Observer Productions - Victorien Erussard

© Energy Observer Productions - Victorien Erussard

© Kevin Kyburz
 
Energy Observer a reçu le Haut Patronage de Monsieur Emmanuel Macron,
Président de la République française. Premier ambassadeur français
des Objectifs de développement durable de l’ONU, il a le soutien officiel
du Ministère de la Transition écologique, l’Unesco,
l’Union européenne, l'Irena et l'Ademe.
 
La Tanzanie  
© Michael Wilcox

L’objectif du pays est de réduire jusqu’à 35% ses émissions de gaz à effet de serre, alors que plus de 70% de son énergie électrique est d’origine fossile, mais surtout que l’essentiel de son énergie primaire provient encore du charbon de bois. Les 35 millions d’hectares de forêt tanzanienne sont donc sous une pression constante, répondant aux besoins croissants de chauffage, cuisson et transports.

L’hydroélectricité représente 27% du mix tanzanien, 705 MW, mais son potentiel est estimé à 4,7 GW. De même, le potentiel éolien est important en bordure de l’océan Indien et dans la vallée du Rift, et des projets de parcs sont en cours. La géothermie semble également très prometteuse avec un potentiel estimé à plus de 450 MWe. Enfin le solaire bénéficie d’une densité moyenne de 4,5 kW/m2/jour mais reste peu développé. La Tanzanie est donc un bon exemple du potentiel d’énergies renouvelables diversifié que l’on retrouve souvent en Afrique. Le navire prévoit de s’y arrêter quelques jours lors de sa descente vers Madagascar, pour illustrer ces potentiels et les projets dans la région. La biodiversité et les écosystèmes marins évoluent plus rapidement que les écosystèmes terrestres, en raison des impacts cumulés des actions humaines, notamment le réchauffement global de l’Océan, la désoxygénation, l'acidification, ainsi que les polluants, et l'exploitation des ressources naturelles.

 
Madagascar  

Celle que l'on surnomme La Grande Île représente un véritable challenge en matière d’énergie et d’environnement. La surexploitation de la biomasse, essentiellement pour produire du charbon de bois, a conduit des régions entières à une désertification, l’érosion due aux pluies n’étant plus modulée par les forêts. Une diversification des énergies renouvelables est donc essentielle, et différents projets sont à l’étude.

Par exemple, les biocarburants à base de déchets agricoles de l’industrie sucrière représentent une alternative aux importations de produits pétroliers, les biocarburants traditionnels constituant déjà près de la moitié des sources renouvelables.

Autres sources d’énergie propre à développer : seulement 2% du potentiel hydroélectrique de Madagascar est exploité, et la géothermie est sans doute une source importante grâce à l’activité volcanique locale : près de 350 MW de potentiel. Le solaire est mieux utilisé, même si la paraffine est encore largement utilisée pour l’éclairage. Le taux d’électrification est encore faible : 15,4% au niveau national en 2015.

Madagascar ambitionne de réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’environ 30 MtCO2.

Notre navire laboratoire devrait y faire escale quelques jours, dans la région sud-ouest, avant de mettre le cap vers la nation arc-en ciel pour une escale évènementielle majeure.

© Graphic Node

 

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Le navire Energy Observer
...........Un laboratoire de la transition écologique conçu pour repousser les limites des technologies zéro émission

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......... .Les missions d’Energy Observer :

  • Des innovations pour accélérer la transition énergétique, une exploration des initiatives qui changent le monde, .sensibiliser tous les publics.
 

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Des innovations pour accélérer la transition énergétique

Energy Observer est un laboratoire où ingénieurs, chercheurs et scientifiques développent les innovations qui feront des énergies renouvelables une réalité pour tous. À travers ce navire, ce sont des technologies de pointe en matière d'hydrogène, de batteries, de solaire, d'éolien ou de production d’hydroélectricité qui sont mises à l'épreuve du milieu le plus exigeant qui soit : l'océan. Des technologies qui ont déjà été éprouvées et optimisées sur plus de 50 000 milles nautiques de navigation. La mixité et la diversité des énergies renouvelables sont la clé de systèmes énergétiques résilients zéro carbone développés par les ingénieurs, avec le soutien de partenaires industriels. Ce développement de solutions énergétiques fiables, durables, sans émissions nocives, et accessibles économiquement, sont au cœur des enjeux de cette Odyssée.

Une exploration des initiatives qui changent le monde

L’aventure Energy Observer, c’est aussi une Odyssée historique de 7 ans à la rencontre des pionniers qui innovent pour la sauvegarde de la planète, en réinventant l’agriculture, l’énergie, l’économie, la mobilité et en trouvant des solutions pour protéger la biodiversité. Des innovations positives et concrètes qui fonctionnent déjà, et montrent qu'un autre monde et futur sont possibles. Premier ambassadeur français des 17 Objectifs de développement durable fixés par l’ONU en 2015, Energy Observer porte le message de la France sur la nécessaire préservation de notre environnement partout dans le monde.

Sensibiliser tous les publics

À chaque escale, l'équipe part à la rencontre de femmes et d’hommes qui portent des projets innovants, locaux et réplicables. Energy Observer Solutions est la vitrine de cet écosystème d’acteurs engagés à travers le monde, grâce des films courts diffusés librement sur une plateforme dédiée. Le Ministère de la Transition écologique, l’Ademe, l’Association Internationale des Universités, l’Unesco, ou encore la SDSN, soutiennent le projet pour identifier les pionniers et les solutions autour du monde.
Par ailleurs, à chaque grande escale de l'Odyssée, un village d'exposition y est déployé. Libre d'accès, il est destiné à sensibiliser tous les publics aux enjeux de la transition énergétique et écologique. Familles, étudiants, élus et décideurs industriels locaux sont invités à plonger dans l’aventure Energy Observer de manière ludique et immersive. Cette exposition itinérante accueille près de 100 000 personnes chaque année.
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D'expéditions en innovations, Energy Observer explore des solutions concrètes et développe des technologies pour accélérer la transition écologique.

energy-observer.org