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Ouvrage Les bois de Boulogne et de Vincennes :
1840 hectares de nature à revisiter

Le bois de Vincennes :
(2-1) Accessibilité et mobilités

Se rendre à pied au bois et s’y promener


Les bois de Boulogne et de Vincennes sont deux espaces de respiration uniques, situés au coeur du Grand Paris. Représentant à eux deux près du quart de la surface du Paris urbanisé, les deux bois occupent un espace équivalent aux huit premiers arrondissements. Ils sont fréquentés par des habitués mais sont encore méconnus par beaucoup d’habitants. Une grande diversité d’usages existe : pour certains, ils représentent des axes de circulation rapide, pour d’autres le plaisir du footing dans les allées, de la promenade et pique-nique sous les arbres, du canotage sur les plans d’eau… Les Charte du bois de Vincennes et de Boulogne, signées en 2003, ont constitué un cadre précieux, en définissant
quatre axes majeurs pour structurer un projet ambitieux d’aménagement durable des bois : réhabiliter les paysages et restaurer
les milieux naturels ; réduire fortement la circulation automobile pour une promenade tranquille ; reconquérir l’espace public
des bois et gérer les activités dans la cohérence et la transparence ; et enfin innover dans les modes de gestion et de gouvernance.

Se rendre à pied au bois et s’y promener

Une diversité de promenades et de voies piétonnes

La fermeture de voies circulées engagée depuis la tempête de 1999 et leur requalification paysagère a fortement contribué à la suppression des coupures liées aux emprises routières et au rétablissement de continuités entre massifs forestiers et espaces paysagers. Les routes fermées à la circulation ont progressivement été aménagées en chemins ou en allées forestières impliquant : une suppression des équipements techniques et du vocabulaire routier - trottoirs et bordures, mobiliers, panneaux de signalisation et mâts d’éclairage -, une reconquête partielle des emprises asphaltées par de la pleine terre.
Le réseau de promenades dans le bois s’organise ainsi selon une diversité de paysages et d’usages :

  • La reconversion des voies fermées en larges allées s’effectue grâce à la reconquête d’une partie des emprises asphaltées en emprises en pleine-terre plantées : sur 1/4 à 1/3 de l’ancienne emterreprise de la voie. La suppression des bordures de trottoirs permet de donner un caractère naturel aux accotements qui sont plantés dans les massifs forestiers - avenue des Minimes -, ou simplement engazonnés dans les paysages plus ouverts : route du Bac, route de la Croix rouge, route de la Tourelle.

Le chemin de l’avenue des Tribunes © DEVE pendant et après travaux © Apur

  • Pour les chemins carrossables, la couche d’asphalte est remplacée par de la grave naturelle ou calcaire : avenue des Tribunes, route de la Demi-Lune.
  • Dans le secteur plus sollicité de la pelouse de Reuilly, un certain nombre de voies fermées ont été maintenues en l’état avec la couche ou bicouche d’enrobé, pour être réouvertes à la circulation et au stationnement à l’occasion de la Foire du Trône.
  • Enfin, le réseau dense des sentiers forestiers étroits, proposent des promenades en pleine terre ou plus rarement en copeaux de bois comme le long de la rivière de Gravelle.

Le Carrefour de la Patte d’Oie avant et après travaux © Apur

La reconquête des emprises asphaltées des voies fermées : la route de la Tourelle © Apur


Le réaménagement du chemin de la Ceinture du Lac Sud, après travaux © DEVE - Éric Lamelot

 

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Une reconquête partielle des emprises asphaltées
par de la pleine terre

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Les aménagements récents en faveur du piéton

Un réseau de promenades de plus en plus riche

Dans le bois de Vincennes, un nombre important de voies a été fermé, visant à rétablir la fonction de promenade. La fermeture de 3 km de voies après la tempête de 1999 - lac de Saint-Mandé, avenue et lac des Minimes, route de Mortemart et route Nouvelle - s’est poursuivie depuis, autour du lac Daumesnil et au cœur du bois : route Bourbon et carrefour de la Patte d’Oie.
La place du piéton a aussi été renforcée par l’aménagement d’une liaison paysagère entre l’Arboretum et le lac de Gravelle. Destinée à favoriser les circulations douces, elle a permis la replantation de 1 000 m² et la plantation de 60 arbres.
Ces aménagements constituent des transformations paysagères visibles qui participent activement au rétablissement de l’ambiance forestière et naturelle du bois. Ils contribuent à développer un réseau riche et diversifié de continuités piétonnes et de promenades, en termes d’ambiances comme d’usages. Les voies asphaltées, les allées forestières, les chemins carrossables et les sentiers en pleine terre, ont encouragé de manière diverse les déplacements des modes actifs - marche, vélo -, les loisirs et les pratiques libres sportives.
Les résultats de l’enquête de 2019 montrent ainsi un fort développement de la marche à pied pour se rendre au bois, en accord avec l’essor de la marche, constaté depuis 2010 par l’Enquête Globale Transport et qui se poursuit aujourd’hui. Pour aller dans le bois de Vincennes, l’utilisation de la marche a augmenté de + 70 % entre 2002 et 2019 : 25 % de part modale en 2019 contre 15 % en 2002.
D’autres actions ont été réalisées pour réaménager et apaiser les entrées du bois et les grands carrefours routiers. Ces travaux confortent les continuités piétonnes par des traversées sécurisées : extensions des espaces piétonniers sur la chaussée, suppression du stationnement.
Plusieurs actions ont été menées : le réaménagement de la place du Cardinal Lavigerie porte de Reuilly, du carrefour de la Conservation, de la Porte Jaune, et les travaux en cours sur l’esplanade Saint-Louis, qui permettront la tenue de quelques évènements annuels, et qui ont supprimé tout stationnement au profit de larges parvis piétons.
Réalisée en 2008, la requalification du carrefour de la Pyramide a supprimé d’importantes emprises de stationnement, et témoigne ainsi des évolutions importantes dans l’aménagement des espaces publics du bois de Vincennes, qui, au fil du temps, privilégie davantage les modes actifs.

L’accessibilité des personnes en situation de handicap

Celle-ci est davantage prise en compte. Les aménagements récents de voies vertes - voie partagée piétons/vélos - ont permis de créer des itinéraires accessibles - avenues de Nogent et de Gravelle, route de la Pyramide - ainsi que les requalifications de carrefours - comme le carrefour de la Conservation -, qui vont dans le sens d’une plus grande accessibilité du bois.
Néanmoins des améliorations restent à faire, afin de proposer des itinéraires inclusifs diversifiés pour les personnes en situation de handicap, en particulier dans les secteurs des lacs, voire dans le cœur du bois. Il s’agit aussi d’améliorer leur lisibilité et leur jalonnement, de créer des places de stationnement adaptées.

Une signalétique à renforcer à quelques endroits stratégiques

La lecture des promenades dans le bois est facilitée par les grands tracés lisibles à certains endroits - en particulier hérités du Plan Trouvelot -, mais reste assez confuse à d’autres. Si les tracés courbes à l’anglaise invitent davantage à la promenade, le repérage pour le piéton ou le cycliste n’y est pas toujours facile.

Le renforcement de l’accessibilité au bois et de la marche est indissociable d’une meilleure lisibilité et signalétique des parcours. En complément de la signalétique sur les voies circulées et aux carrefours, et des panneaux d’informations visiteurs installés sur certaines entrées du bois et carrefours piétons : Patte d’Oie… Des actions ont déjà été engagées, avec la création de six chemins de randonnée, d’une signalétique historique au Jardin d’Agronomie Tropicale, et d’une balade du Paris durable au Parc Floral.

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L’allée Royale
© Apur - JC Bonijol

Les aménagements réalisés récemment :
• La fermeture et le réaménagement de voies autour du lac de Gravelle et du lac Daumesnil - avec la fermeture à la circulation des routes de la Ceinture du Lac, du Bac et de la Plaine… - et de voies autour de l’anneau cyclable : avec la fermeture à la circulation d’une portion de la route de Bourbon, d’une portion de la route Saint-Hubert, et du carrefour de la Patte d’Oie.
• La requalification paysagère des voies autour du lac des Minimes - pose de grave sur les abords du lac - et du lac de Saint-Mandé.
• L’aménagement d’une allée forestière sur l’avenue des Minimes.
• La requalification de carrefours routiers et d’entrées du bois : l’esplanade Saint-Louis - travaux en cours - avec l’aménagement d’un parvis piéton, d’un plateau surélevé à 30 km/h et la suppression du stationnement ; la requalification et la suppression du parking de la Porte Jaune ; le carrefour de la Conservation entre le lac Daumesnil et le ruisseau de Gravelle ; les carrefours de la Patte d’Oie et de la Pyramide.
• L’aménagement de nouvelles promenades : le ruisseau des Minimes livré en 2019, le renouveau de l’Arboretum, en créant de nouveaux parcours paysagers entre le lac de Gravelle et l’École Du Breuil.

Affirmer la place du piéton
et la dimension promenade du bois


Sources : Bd Topo IGN,
Open Data Ville de Paris 2018

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Pour aller dans le bois de
Vincennes, l’utilisation de
la marche a augmenté de
+ 70 % entre 2002 et 2019

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Plan d’Alphand 1856
© doc. Apur

Zoom sur… La restauration des abords de la Porte Jaune

La Porte Jaune est une entrée du Bois de Vincennes attenante au lac des Minimes, à l’intersection de l’avenue de Nogent, de l’avenue de Fontenay, et de la route Circulaire. Ce lieu, jusque-là marqué par l’omniprésence de voitures, servait de parking pour les promeneurs et les clients du restaurant : environ 80 places.
Le site fait partie d’une composition pittoresque et romantique d’Alphand, entourant le lac et le bâtiment du XIXe siècle du chalet de la Porte Jaune. La grande surface de parking minérale était en rupture avec l’œuvre d’origine. Réalisée en 2019, la requalification de la Porte Jaune s’inscrit dans un projet de restauration d’ensemble d’un paysage d’Alphand, et de la perspective sur le bois, de réduction de la place de la voiture au profit des promenades, en accord avec la Charte du bois.
Les aménagements ont permis une réduction des emprises de voirie au profit d’une renaturation et de nouvelles promenades, avec 2 500 m² de sols perméables récupérés sur les 7 000 m². La suppression du stationnement a été compensée par l’aménagement d’un linéaire de stationnement sur l’avenue de Nogent.


Plan actuel © DEVE

Proposition © DEVE
À gauche : parking avant restauration © Bernard Pedretti - Ville de Paris
À droite, la Porte Jaune après travaux : suppression du stationnement,
végétalisation et restauration de sols perméables
© Apur - Vincent Nouailhat
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Restauration des abords de la Porte Jaune :
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  • 7 000 m²/2019
  • Suppression du stationnement et restitution sur l’avenue de Nogent
  • Réduction des emprises de voirie au profit d’espaces piétonniers
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  • Revégétalisation de sols en pleine terre sur 2 500 m²
  • Restauration du paysage d’Alphand et des perspectives sur le bois
    et le bâtiment du XIXe siècle.
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Ouvrage Les bois de Boulogne et de Vincennes : 1840 hectares de nature à revisiter

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Atelier parisien d’urbanisme

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Les deux bois restent encore des espaces fragmentés, à la fois par les infrastructures routières et par les concessions qui les morcellent. L’enjeu est d’atteindre un juste équilibre entre les différents usages, les activités économiques, la préservation et la valorisation du patrimoine paysager et bâti et le développement de la biodiversité.
L'ouvrage présente, 17 ans après les Chartes des bois, un diagnostic mettant en avant, dans une vision holistique, les actions réalisées, et esquisse des pistes d’évolutions. Aujourd’hui, à la fois l’urgence climatique, les nouvelles attentes des citadins, et l’exigence patrimoniale nous invitent à engager une nouvelle étape de développement des deux bois. Ce diagnostic prospectif peut constituer un socle commun pour nourrir les échanges et choix à venir par la Ville de Paris et les collectivités riveraines.

   
   

© Apur - Bois de Vincennes

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© Atelier parisien d’urbanisme, Paris 2020

Directrice de la publication : Dominique ALBA, directrice générale de l’Apur
Directrice de la rédaction
: Patricia PELLOUX, directrice adjointe - Rédacteurs en chef : Patricia PELLOUX et Frédéric BERTRAND
Étude réalisée par : Frédéric BERTRAND, Florence HANAPPE, Vincent NOUAILHAT, Yann-Fanch VAULÉON - Avec le concours de : Anne-Marie VILLOT
Cartographie et traitement statistique : Marie-Thérèse BESSE, Christine DELAHAYE, Tristan LAITHIER, Nathan PAULOT
Photographies et illustrations : Apur sauf mention contraire

Dépôt légal : mai 2020 - ISBN : 978-2-36089-017-0 - ISSN : 1773-7974

apur.org