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C’est une exposition pensée en forme de question : comment
habiter notre monde ? Une exposition qui bouscule les idées reçues
non pas en cherchant à en imposer d’autres, mais en ouvrant
les imaginaires et les possibles, en invitant le visiteur à prendre
conscience de l’importance des défis qui sont devant nous,
et à dialoguer avec ceux qui y font déjà face aujourd’hui.
Poser les bonnes questions, assumer le doute et la variété
des points de vue, refuser les certitudes assénées à
coup de marteau pour tétaniser la pensée, mettre en regard
des données scientifiques et des visages humains, voilà
le pari de cette exposition, qui se termine encore par une autre question
: que faire ?
À chacune, chacun, de s’en emparer à sa manière
pour poursuivre son chemin une fois sorti du Palais. (...)
Constance Rivière, Directrice générale du Palais
de la Porte Dorée
|
Déséquilibres
: Quand le changement climatique menace le vivant |
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| Migrer
a toujours été une stratégie des êtres
vivants pour s’adapter aux conditions changeantes de leur
environnement. Aujourd’hui, les bouleversements du climat
causés par les humains sont si rapides que les espèces
vivantes peu ou non mobiles peinent à s’adapter,
et celles qui peuvent se déplacer migrent de plus en plus
vite.
Ces
changements mettent en péril les moyens de subsistance,
et transforment le mode de vie des communautés humaines,
étroitement liées à la nature. Le climat
n’est pourtant jamais la seule cause des départs.
La migration résulte toujours d’un enchevêtrement
de causes économiques, sociales ou politiques préexistantes.
De
la Vendée à Mayotte, du Groenland à la Louisiane,
du Soudan du Sud jusqu’à la vallée du Mékong,
l’exposition présente ici des témoignages
de l’ampleur des catastrophes ou de la dégradation
progressive de l’environnement, jusqu’à le
rendre parfois inhabitable.
Ces
expériences relatent la douleur de la perte, mais aussi
le courage de s’adapter, de résister ou de partir.
Face à cela, le débat public s’enflamme souvent,
polarisant les questions migratoires, et privilégiant les
images-choc à la compréhension des causes profondes. |
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| Vulnérabilité
et résilience des territoires français |
Le
Mékong, un fleuve aux multiples enjeux |
|
| En
France, le changement climatique menace progressivement l’habitabilité
de certains territoires. L’élévation du niveau
de la mer accélère l’érosion du littoral.
Le recul du trait de côte entraîne la submersion de
zones dont les habitations ou les activités doivent être
relocalisées. D’autres régions subissent davantage
de sécheresses, de canicules ou de phénomènes
extrêmes, comme des tempêtes rendues plus intenses
par les effets croisés du réchauffement de l’océan
et de l’humidité accrue dans l’air. Face à
ces événements, les habitants cherchent à
comprendre ce qui leur arrive, à tirer les leçons
du passé, et à construire l’avenir. C’est
le cas en Vendée après la tempête Xynthia
(2010), ou à Mayotte après les passages du cyclone
Chido et de la tempête Dikeledi (2024-2025). |

Laura
Henno, Un jeune cloue une tôle de son banga. Quartier informel
de Barakani, Mayotte ©
Laura Henno |
Au
Vietnam, le delta du Mékong est touché par la montée
du niveau de la mer, aggravée par l’affaissement
des sols. Dans ce territoire de mousson, les inondations sont
habituellement perçues comme des ressources pour la pêche
et l’agriculture. Aujourd’hui, elles perturbent les
écosystèmes locaux et menacent d’engloutir
une partie du delta.
La construction de nombreux barrages en amont du fleuve, notamment
en Chine et au Laos, pose aussi problème, car elle réduit
le débit d’eau douce et bloque les sédiments
indispensables à la fertilité des terres agricoles.
Les changements environnementaux associés à des
facteurs socio-économiques et culturels alimentent des
flux d’émigration importants, notamment vers la métropole
de Hô Chi Minh-Ville. |

Clara
Jullien, Bassins aquacoles accompagnés de cabanes dédiées
à leur surveillance, non loin de la côte sud du delta
du Mékong, dans la province de Ben Tre, district de Binh
Dai, commune de Thoi Thuan, le 26 mars 2022 ©
Clara Jullien |
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| Après
le passage du cyclone Chido, le Palais de la Porte Dorée
confie à l’artiste Laura Henno une résidence
d’urgence sur l’île. Habituée du territoire,
elle y capture les traces de la violence subie, et la reconstruction
rapide des quartiers informels. |
Clara
Jullien étudie la migration humaine dans un contexte de
changements environnementaux. Ici, elle capture en 2022 les bassins
aquacoles, accompagnés des cabanes dédiées
à leur surveillance, non loin de la côte sud du delta
du Mékong, province de Ben Tre, district de Binh Dai. La
salinisation des sols et des eaux pousse certains agriculteurs
à transformer leurs rizières d’eau douce en
bassins d’eau salée pour l’élevage des
crevettes. |
|
....
Louisiane,
coconstruire son futur lieu de vie |
....
Arctique,
le vivant déréglé |
|

Sandra
Mehl, Louisiane, les premiers réfugiés climatiques
des États-Unis, 2016-2023 |
Au
sud de la Louisiane, l’Isle de Jean Charles disparaît
peu à peu sous la mer. Elle est rongée par les ouragans,
l’érosion côtière et la montée
des eaux, conséquences directes du dérèglement
climatique. Parallèlement, l’affaissement des sols
s’intensifie sous l’effet de plusieurs décennies
d’exploitation pétrolière.
©
Sandra Mehl
En
2016, les derniers habitants de l’île reçoivent
une aide fédérale pour être relogés
à 70 km au nord. Présenté comme un modèle
face aux déplacements climatiques, ce projet soulève
des tensions. |

©
Katie Orlinsky
|
Au
nord du continent américain, les peuples autochtones du
cercle polaire – Inuit du Groenland, Yupik d’Alaska,
Inuvialuit de l’Ouest canadien – sont directement
affectés par la crise écologique. Bien que peu responsables
du réchauffement climatique, ils en subissent directement
les effets. La fonte du pergélisol - une couche de terre
habituellement gelée en permanence - fragilise les sols
et les habitations.
En outre, le recul de la banquise bouleverse la répartition
spatiale des espèces.
|
|
| Ces
transformations rapides affectent la sécurité alimentaire
de ces populations et leur mode de vie, étroitement lié
à la chasse et à la pêche. Elles perturbent
également les repères spirituels. Dans les cultures
animistes du cercle polaire, la nature est vue comme un réseau
de relations entre humains et non-humains. Quand cette relation
se dérègle, c’est tout leur lien au vivant
qui est remis en cause. |
|
| La
communauté autochtone majoritaire, la Jean Charles Choctaw
Nation, dénonce son exclusion des décisions et la
perte de contrôle sur ses terres ancestrales. |
|
| Denecia
et Wenceslaus Billiot ont toujours vécu à l’Isle
à Jean-Charles, et se sont promis d’y passer la fin
de leurs jours. Lui s’est éteint un an après
cette photo, elle dans l’année suivante, avant que
l’ouragan Ida en 2021 n’emporte une partie de leur maison.
(2017) |
En
Alaska, Katie Orlinsky photographie le jeune Reese John jouant
sur un pilier d’une maison récemment démolie
à Newtok. À quelques dizaines de mètres de
là, des falaises de pergélisol s’effritent
et tombent dans la rivière Ninglik. |
|
....
Soudan
du Sud, exil politique, exil climatique |
....
Images
médiatiques, instrumentalisation politique |
|
| Le
Soudan du Sud est l’un des pays au monde les plus touchés
par le changement climatique. Les sécheresses et les inondations
extrêmes ravagent les cultures. Les habitants sont contraints
de partir pour trouver des ressources ailleurs, sur des territoires
habités par d’autres, et où la nourriture
manque aussi. Des conflits apparaissent également entre
éleveurs et agriculteurs pour l’accès à
l’eau.
La dégradation de l’environnement aggrave les tensions,
dans un pays déjà fragilisé par des années
de guerre civile.
Les données actualisées en 2024 font état
de plus de 4 millions de personnes déplacées, dont
la moitié à l’intérieur du pays. Dans
les pays voisins, de vastes camps de réfugiés ont
été créés. |

Peter
Caton, Une famille migre vers un terrain plus élevé
avec son bétail.
Unyielding Floods ©
Peter Caton, 2020 |
Dans
les médias, les migrations et le changement climatique
sont souvent traités de manière similaire : des
images fortes, parfois stéréotypées ou inquiétantes,
qui suscitent l’émotion plutôt que la réflexion.
©
Arnaud Finistre /AFP
Cette
approche réductrice rend plus difficile la compréhension
des causes profondes et des liens entre les phénomènes.
Elle freine aussi la construction de réponses communes,
politiques, à l’échelle internationale, réponses
qui sont pourtant indispensables. |
 |
|
Un
nouveau discours, appelé écofrontiérisme,
qui tire son origine de l’extrême-droite européenne,
décrit les personnes migrantes comme une menace écologique,
oubliant qu’elles sont souvent elles-mêmes victimes
du changement climatique. Et parce qu’elles vivent dans
la pauvreté, leur impact sur l’environnement est
bien plus faible que celui des populations riches et sédentaires. |
|
Ils
sont parmi les plus peuplés du monde.
Celui de Bidi Bidi, en Ouganda, accueille près de 240 000
personnes. |
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| Le
Soudan du Sud connaît depuis 2019 des inondations dévastatrices
qui ne cessent de s’amplifier. Elles déplacent des
centaines de milliers de personnes et détruisent tout sur
leur passage. Leur intensité est telle que certaines régions
se retrouvent désormais inondées de façon
quasi permanente. |
En
avril 2024, une crue exceptionnelle de l’Armançon
a inondé une ferme à Aisy-sur-Armançon (Yonne),
causant d’importants dégâts à la suite
de fortes pluies. |
|
| ....
Que
faire ?
Pour
limiter le réchauffement climatique, il faut réduire
fortement les émissions de gaz à effet de serre
dans le monde entier. Mais en l’absence de choix politiques
coordonnés et rigoureusement appliqués, les populations
les plus exposées sont contraintes d’inventer des
solutions pour s’adapter.
Les réponses varient selon les contextes et les capacités
d’adaptation des sociétés. Dans les zones
menacées par la sécheresse, on développe
par exemple des techniques pour récupérer l’eau
des nuages ou des glaciers.
La migration est aussi une forme d’adaptation. Elle intervient
généralement en dernier recours, de manière
temporaire ou définitive, lorsqu’une communauté
considère que son milieu de vie n’est plus habitable.
Ces démarches doivent alors relever deux défis :
préserver la culture liée au lieu d’origine,
et protéger les zones nouvellement urbanisées.
Face à ces enjeux, le rôle des organisations internationales
fait débat. Leur soutien financier et logistique aux initiatives
locales est essentiel, mais certaines voix demandent d’aller
plus loin, et réclament la création de voies de
migration sûres et une meilleure protection des personnes
concernées.
Julie
Polidoro, Mongolian Dust Storm, 2023
© Coll. du Musée national de l’histoire
de l’immigration © ADAGP, Paris,
2025 |
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| Chercher
des solutions
Loin
de se cantonner au rôle de victimes impuissantes, les personnes
et les États directement affectés par le changement
climatique mettent en œuvre
des solutions pour faire face. Préserver les écosystèmes
est essentiel pour maintenir l’habitabilité des territoires.
Par
exemple, les récifs coralliens protègent les côtes
de la montée des eaux, et de l’impact des vagues
lors des tempêtes de plus en plus violentes.
La
nature, résiliente par excellence, inspire aussi des idées
d’adaptation. Des techniques sont mises au point par les
humains pour reproduire le mécanisme des glaciers, tels
les stupas de glace, ou pour capter l’humidité des
nuages afin de lutter contre le manque d’eau. |

Abir
Abdullah, Boat school, 2022 © Abir Abdullah
|
Situé
dans le delta du Gange, le Bangladesh est en grande partie à
moins de 10 m au-dessus de la mer. Le nord subit des crues annuelles,
le sud des cyclones, et des millions d’habitants, exposés
aux inondations aggravées par le changement climatique,
peinent à accéder aux services essentiels. Des bateaux
accueillent aujourd’hui des écoles, bibliothèques,
espaces de jeu.
Ils sont devenus des solutions pour plusieurs milliers de personnes
des régions inondables
de Natore, Pabna et Sirajganj au Bengladesh. |
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.... |
....
Une
gouvernance internationale en germe
Longtemps
négligées dans les politiques internationales, les
migrations liées au changement climatique ont gagné
en visibilité à partir de 2010, lors du sommet de
la COP16. L’accord de Cancún marque la première
reconnaissance officielle internationale de l’impact du
changement climatique sur les migrations.
En
revanche, à ce jour, la Convention de Genève, qui
définit le statut de réfugié depuis 1951,
ne reconnaît toujours pas le climat comme motif valable
pour obtenir l’asile. |
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| Territoire
démilitarisé, entièrement dédié
à la recherche et à la préservation de l’environnement,
l’Antarctique bénéficie d’une gouvernance
interétatique unique, fondée sur le Traité
sur l’Antarctique (1959) et le Protocole de Madrid (1991).
Inspirés par ce modèle de coopération entre
les nations, les artistes Lucy et Jorge Orta ont conçu
Antarctic Village – No Borders, une installation temporaire
réalisée avec le concours des scientifiques de la
base internationale Marambio. Cinquante tentes disposées
à même la glace, recouvertes de drapeaux et de vêtements
du monde entier forment un village ouvert, lieux d’accueil
universel pour toutes les personnes contraintes à l’exil
par les dégradations de leur lieu de vie. |
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Lucy
+ Jorge Orta, Antarctic Village – No Borders
© Courtesy Lucy + Jorge Orta et Musée
national de l’histoire de l’immigration. Photo Thierry
Bal © ADAGP, Paris, 2025 |
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....
Mer,
migrations et climat |
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| Le
milieu marin est un milieu ouvert, qui ne connaît pas de
frontières. Les courants font circuler librement les masses
d’eau, et répartissent la chaleur tout autour du
globe.
Ainsi, l’océan est le grand régulateur du
climat, un équilibre établi depuis des milliers
d’années.
Cet équilibre est en passe d’être rompu à
cause des activités humaines. Depuis le début de
l’ère industrielle, l’océan a absorbé
90 % de l’excès de chaleur dû aux gaz à
effet de serre, limitant à ses dépens le réchauffement
de l’atmosphère.
Aujourd’hui, les eaux de l’océan sont surchauffées,
plus acides, moins oxygénées, plus diluées
et plus stratifiées. Elles deviennent moins favorables
à la vie marine. Les espèces capables de se déplacer
migrent vers les régions plus fraîches, souvent vers
les hautes latitudes.
Celles qui ne peuvent pas bouger subissent de plein fouet ces
changements rapides, sans avoir le temps de s’adapter.
Les humains qui vivent près du littoral ou qui dépendent
des ressources marines sont les premiers à subir les conséquences
de ces déplacements et dérèglements. La montée
du niveau de la mer, les tempêtes et cyclones plus intenses,
ainsi que la fragilisation de la banquise, rendent le littoral
moins habitable. La raréfaction ou la migration des espèces
pêchées provoquent des tensions sociales, économiques
et diplomatiques.
Face à ces bouleversements, les humains font preuve d’inventivité
et de résilience. Pour d’autres, la migration devient
la seule option, au risque de perdre une part de leur identité
culturelle. |

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Sénégal
: pêcher ou partir
Historiquement
dépendante de la pêche, cette région subit
depuis une cinquantaine d’année de nombreuses perturbations
: la surpêche artisanale et industrielle, le réchauffement
des eaux qui déplace des espèces marines vers le
nord, la montée du niveau de la mer qui submerge le littoral
lors d’événements extrêmes...
Les conséquences sont dévastatrices pour tous les
professionnels parmi lesquels pêcheurs, mareyeurs, transformateurs,
fabricants de matériel. Beaucoup doivent changer de métier,
quitter le littoral, et parfois abandonner leurs traditions et
leurs cultures ancestrales liées à l’océan.
Certains décident de s’exiler vers l’Europe,
dans l’espoir d’y construire un avenir meilleur.
|
....
Groenland
: vivre avec une nature dérèglée
Comme
toutes les populations arctiques, les Inuits sont à l’origine
un peuple de migrants. Ils sont venus par vagues successives des
régions arctiques asiatiques, en passant par le détroit
de Behring. Chasseurs nomades, ils se sont stabilisés au
Groenland, vivant de pêche et de chasse au caribou, au bœuf
musqué, au phoque ou à la baleine. Leurs déplacements
sur la banquise, les périodes de chasse et de pêche,
l’abondance des captures dépendent entièrement
des conditions climatiques.
Aujourd’hui, l’Arctique est l’un des endroits
les plus touchés par le réchauffement climatique,
et l’ensemble de la société inuite est affectée
par ces dérèglements de la nature. Chacun s’adapte
comme il le peut, modifie ses activités, ses coutumes,
migre vers la capitale ou à l’étranger, ou
choisit de rester pour faire vivre les traditions de la culture
inuite. |
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Julien
Beneyton, Mauritania, la petite pêche, 2010. Galerie Michel
Giraud |
Au
cours d’un voyage en Mauritanie, Julien Beneyton est témoin,
le temps d’une journée, de la vie d’une communauté
de pécheurs. L’artiste observe alors avec fascination
la chorégraphie des allées et venues de ces hommes
et femmes au travail.
©
Julien Beneyton © ADAGP, Paris, 2025
Frappé par le décalage entre l’énergie
déployée par cette population, dont la survie
au quotidien dépend de la générosité
de l’océan, et la pêche du jour pour le moins
modeste, il décide d’en restituer toute la dimension
tragique.
|
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|
Lors
de l’une des expéditions menées dans le cercle
polaire arctique à bord de la goélette Noorderlicht,
l’artiste britannique David Buckland projette des mots sur
les parois d’icebergs, puis capture ces créations
éphémères. La phrase Another World Is Possible,
empruntée au mouvement altermondialiste, s’inscrit
sur la glace comme un manifeste poétique. Le relief irrégulier
du glacier transforme le texte en une apparition fragile, évoquant
dans le même temps la vulnérabilité des glaciers,
mais également la fragilité du message d’espoir
soumis aux publics.
David
Buckland, Another World is Possible
- Ice Text projection, 2005-2009 |

©
David Buckland |
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Son
sens aigu de l’observation, à partir de cette micro-société,
lui permet ainsi de rendre visible une réalité qui
s’impose à échelle mondiale, celle de la fragilisation
et de l’appauvrissement des écosystèmes marins. |
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Sur
les plages de Joal-Fadiouth, au Sénégal, le ballet
des pirogues se fait de plus en plus discret.
Les sardinelles, pilier de la sécurité alimentaire
nationale, se raréfient.
Cette crise frappe de plein fouet les femmes, au coeur de la
transformation du poisson. Leur activité s’effondre,
menaçant un tissu économique fragile.
Guillaume
Collanges, Transformation du poisson aux abords du port de Joal
au sud
de Dakar (Sénégal) © Guillaume
Collanges
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....
Les
espèces marines et le changement climatique
L’océan
se réchauffe, entraînant en cascade de nombreuses
perturbations : courants marins modifiés, désoxygénation,
cyclones dévastateurs, montée du niveau de la mer,
impacts massifs sur les espèces marines, car la plupart
ne peuvent pas réguler leur température.
Si des espèces déplacent leurs zones d’habitat
pour conserver leurs conditions de vie habituelles, toutes ne
peuvent pas se déplacer assez rapidement pour survivre.
Certains écosystèmes n’ont alors d’autres
solutions que de disparaître, entraînant la chute
de la biodiversité qu’ils abritent.
Ces changements ont des effets directs sur les sociétés
humaines, notamment sur la pêche. Dans les zones tropicales,
les ressources halieutiques chutent fortement, touchant des populations
parmi les moins responsables du changement climatique. En même
temps, les zones de pêche migrent vers les hautes latitudes,
attisant les tensions entre les pays. Même dans les régions
tempérées, des espèces commerciales vitales
peuvent disparaître à moyen terme.
Une
projection immersive sur les migrations marines
Sur
un mur numérique géant de 13 × 3 m, le public
peut explorer la remontée des espèces marines vers
des latitudes plus élevées. La vue globale, enrichie
de zooms sur des zones intertropicales, tempérées
et polaires, révèle les bouleversements liés
au réchauffement climatique.
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| ....
Îles
du Pacifique : naufrage inéluctable ?
Tuvalu,
Kiribati, îles Cook, îles Marshall…
Ces myriades de petites îles perchées à seulement
quelques mètres au-dessus du niveau de la mer sont bien
vulnérables face à la montée des eaux. Le
niveau moyen de la mer augmente actuellement à raison de
3 mm par an à cause de la fonte des glaces continentales
et de la dilatation de l’eau de mer du fait de son réchauffement.
Cette hausse devrait s’accélérer au cours
du siècle : d’ici 2100, elle pourrait atteindre au
moins 1,40 mètre, et jusqu’à 2 ou 3 mètres
dans les siècles suivants. |
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Les
visiteurs constatent la perte de biodiversité et de ressources
halieutiques dans les zones intertropicales, le déplacement
des zones de pêche des zones tempérées vers
les pôles, la disparition de certaines espèces
dans les régions polaires, ainsi que les risques de conflits
pour l’exploitation de ces ressources.
Des projections basées sur différents scénarios
d’émission de gaz à effet de serre permettent
de visualiser les trajectoires possibles de ces migrations et
leurs impacts sur les écosystèmes marins.
©
Lucile Casanova
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De
multiples solutions sont à l’étude : rehaussement
des terres, construction de digues, déplacement de certaines
zones habitées, accords d’accueil avec d’autres
États, relocalisations…
Le
photographe anglais Nick Brandt dénonce depuis plusieurs
années les bouleversements infligés à la
planète, en particulier le dérèglement climatique.
Avec sa série SINK/RISE (Fidji, 2023), il met en lumière
la vulnérabilité, mais aussi la détermination
des populations du Pacifique face à l’élévation
inexorable des océans et à la disparition annoncée
de leurs îles.
Ces portraits sous-marins montrent des hommes et des femmes dans
un décor étrange : seuls ou en duo, assis sur un
mobilier froid et inadapté, plongés dans un monde
aquatique vidé de toute autre forme de vie.
Nick
Brandt, Petero by Cliff, Fiji, 2023
© Nick Brandt - Galerie Polka |
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Le
Palais s'engage pour une exposition plus responsable
S’inscrivant
dans une démarche RSO - responsabilité sociétale
des organisations -,
l’exposition Migrations & Climat illustre
l’engagement concret du Palais de la Porte Dorée
en faveur du développement durable, de l’inclusion
et de l’accessibilité.
·
Une scénographie conçue pour durer ·
Un transport d'œuvres
plus responsable
·
Un climat maîtrisé... sans surconsommation ·
Sensibiliser pour mieux comprendre
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.....
.Exposition
Migrations et climat
Comment habiter notre monde ?
............
Pour la première fois,
le Palais de la Porte Dorée déploie
dans l’ensemble de ses espaces, Musée
et Aquarium, une exposition monde : Migrations
et Climat. Celle-ci explore les dynamiques des
migrations humaines, mais aussi du vivant, qui sont
liées au dérèglement climatique.
Plus de 200 photographies documentaires, œuvres
d’art, dont certaines inédites, témoignages,
vidéos, infographies et installations sont
rassemblées pour une expérience de visite
documentée, incarnée et sensible. Les
créations d’artistes internationaux comme
Lucy + Jorge Orta, Inès Katamso, Margaret Wertheim,
Ghazel ou encore Quayola, dialoguent avec les enjeux
propres à différentes parties du monde,
ici mises en lumière, du Sénégal
aux Îles du Pacifique en passant par le Groenland
ou bien sûr la France. Le parcours donne à
voir et à entendre, dans leur diversité,
des réalités souvent méconnues
de nous comme des populations directement concernées.
Jusqu'au 5 avril 2026, au Palais de la Porte Dorée,
293, avenue Daumesnil – Paris (XIIe).
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L’exposition
a été conçue avec une grande rigueur
scientifique, reposant sur les données issues d’organisations
spécialisées, un conseil constitué
d’experts internationaux dont François Gemenne,
rapporteur du GIEC spécialiste reconnu des migrations
environnementales, Sylvie Dufour, biologiste marine, directrice
de recherche émérite au CNRS. Ce travail
repose également sur des échanges nourris
avec des témoins, des activistes, et des personnes
directement concernées. En croisant les regards
artistiques, scientifiques et citoyens, Migrations
et Climat éclaire un débat de société
majeur, invitant à replacer l’humain et le
vivant au cœur des préoccupations climatiques,
culturelles et sociales, et à imaginer collectivement
des réponses face aux bouleversements en cours.
Conseil
scientifique
Sylvie
Dufour, directrice de recherche émérite,
CNRS ; chargée de mission mer, Muséum national
d’Histoire naturelle
François Gemenne, politologue, professeur
à SciencesPo Paris, à l’Université
Libre de Liège et à HEC Paris, rapporteur
du GIEC.
Pour l’Agence Française de Développement
(AFD) :
• Mathilde Bord-Laurans, Responsable de
la division Climat et Nature
• Matthieu Buratti, Chargé de mission
Gouvernance |
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